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Wissam Ben Yedder (FC Séville) : «Si je ne suis pas chez les Bleus, c'est ma faute»

Wissam Ben Yedder, le joueur de Séville, s'est confié à France Football cette semaine. Un entretien à retrouver en intégralité dans le numéro du mardi 14 février. En voici quelques extraits.

Discret dans la vie, (très) efficace sur le terrain, Wissam Ben Yedder rôde autour de l'équipe de France sans que l'on sache qui il est vraiment. Deux heures durant, l'avant-centre du FC Séville s'est confié sur ce qui le raconte finalement le mieux : son rôle de buteur. Parfois, jusque dans les moindres détails, le natif de Sarcelles a expliqué le mode d'emploi de ce rôle si particulier au cours d'un parcours tellement singulier.

Pas de centre de formation ? Et alors ?

«J'ai peut-être perdu du temps aussi... D'un autre côté, mon parcours m'a rendu moins formaté, c'est vrai. Quand je jouais en Ile-de-France, le niveau amateur était très élevé, plus qu'en CFA à Toulouse selon moi. Au TFC, j'ai vu des joueurs très cadrés, très à l'écoute du coach, alors que moi je n'écoutais personne, je jouais comme au quartier, dans un style hargneux, agressif, parce que c'est le foot que j'ai appris. Parce que ma vie était comme ça. Ton jeu est un reflet de ce que tu es.»

La pression négative à Toulouse

«Une occase ratée avec le TFC, c'était plus compliqué à gérer. Tout le monde s'énerve contre toi, tu t'en veux aussi. Tu sens la fébrilité générale. Comme on est sur un fil, tu as l'impression qu'au moindre ballon perdu, tu peux être sorti. C'est une pression négative car plus personne n'ose, plus personne ne veut être celui qui a pris le risque de perdre un ballon. Alors qu'à Séville, tu as une pression positive car tu joues sans calcul pour gagner le match. Mais je suis persuadé que mettre 15 buts minimum chaque saison en L1 dans une équipe comme le TFC, c'est au moins aussi difficile qu'en planter 20 ou 25 dans une meilleure équipe. Je pense sincèrement qu'avec un temps de jeu suffisant, je peux planter au moins 30 buts par an.»

Liga vs Ligue 1

«On te charge davantage en Espagne, on est plus proche de toi, on met beaucoup plus de coups. C'est dur de trouver la faille. C'est dû à la qualité très élevée des défenseurs. Ils sont très concentrés et ils sont toujours en mouvement. Si tu fais une courses vers le poteau de corner, ils vont rester sur tes talons. Donc, c'est dur de les surprendre. En France, c'est costaud mais c'est plus statique, donc quand tu te déplaces bien, tu peux te dégager du marquage. Il a donc fallu que je m'adapte. Davantage de courses à haute intensité pour me démarquer, par exemple. Tout le monde croit que la Liga c'est un championnat où les défenses sont plus ouvertes. C'est faux.»

L'équipe de France

«J'ai dû louper un wagon quand il y a eu peut-être une ouverture. Je n'ai peut-être pas été assez performant dans ces périodes où c'était «ouvert». J'ai laissé s'installer le doute sur moi. Si je ne suis pas chez les Bleus, c'est de ma faute. Mais l'essentiel, c'est de le comprendre et de le regarder en face. 2018 est un grand objectif pour moi. Le rêve de l'équipe de France, c'est ce qui me fait me lever le matin, j'ai toujours pensé à ça. Je sais que je ne suis pas loin. En Bleu, la concurrence est très forte mais ça ne me fait pas peur. Après, tout ce que je peux faire, c'est donner le maximum et laisser la vie décider.»

Le making-of de l'entretien

Lieu : centre d'entraînement du FC Séville.
Durée : 2 heures. Oui, jusqu'au bout de la prolongation.
Boissons consommées : aucune.
Tenue : jean mode, t-shirt mode, coupe mode.
Niveau de connivence avec l'intervieweur : aucune au début, beaucoup plus à la fin.
Autres personnes présentes : aucune. Un contre un. Comme au quartier.
La question à laquelle il n'a pas voulu répondre : aucune.
La question que l'on a oublié de lui poser : «Est-ce qu'il envisage d'opter pour la Tunisie si Deschamps continue de l'oublier ?»
Nombre de fois où il a regardé sa montre durant l'entretien : aucune. Il était à bloc.
La note qu'il se donne pour cet entretien : « 8. Franchement, je ne me lâche pas autant d'habitude. »
La note que l'intervieweur lui accorde : 9/10.
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