Allemagne

Younès Belhanda : «A Schalke, je me régale»

Prêté cet hiver par le Dynamo Kiev à Schalke 04, l'ancien Montpelliérain Younès Belhanda assure qu'il a fait «le bon choix.»

Rendez-vous est pris à la mi-temps du quart de finale de Coupe de France entre Granville-Marseille, ce jeudi 3 mars. Younès Belhanda continue de s'extasier pour le football qui l'a vu émerger au plus haut niveau avec Montpellier. «Franchement, ils sont pas mal ces joueurs de Granville», nous souffle-il avant d'entrer dans le vif du sujet. En l'espace de deux mois, l'international marocain a déjà montré qu'il restait un joueur de grand talent. Entretien.
«Depuis votre arrivée à Schalke, vous montez en puissance (2 buts en 7 matches). Est-ce le bon Championnat pour revenir dans la lumière ? 
C'est l'un des deux meilleurs Championnats au monde avec la Liga espagnole. Ici, le jeu est technique, il y a un pressing haut, et si on arrive à franchir le premier rideau, on peut s’éclater. Pour un joueur de mon style, c'est l'idéal parce que cela me laisse la possibilité ensuite de m'exprimer en faisant une passe ou en éliminant. Je ressens vraiment que j'ai fait le bon choix. Je suis à Schalke dans un club de haut niveau avec des infrastructures exceptionnelles. Quant au public, je ne vous en parle pas, je crois que sa réputation a largement dépassé les frontières de l'Allemagne.

C'est bien plus relevé que l'Ukraine ?
Je ne dirais pas ça comme ca. L'Ukraine, c'est tout sauf faible. Là-bas, vous avez Dniepr qui a réussi à arriver en finale de la C3. Sur les dernières saisons, le Chakhtior Donestk a démontré qu'il pouvait battre n'importe quelle grosse équipe européenne. J'ai passé deux ans au Dynamo Kiev, et croyez-moi, je n'ai pas dormi là-bas. Je pense avoir notamment mûri et progressé au niveau mental dans ce pays où la situation n'était pas toujours simple, même si en tant que footballeur, je n'ai pas été touché par les problèmes qui ont eu lieu. Ma dernière saison a été un peu compliquée, l'entraîneur faisait plutôt jouer des joueurs ukrainiens pour des raisons qui lui appartiennent.

Imaginez-vous désormais votre avenir en Bundesliga ? 
J'ai été prêté par le Dynamo Kiev.  C'est sans option d'achat, c'est au club de Schalke de se déterminer pour savoir s'il m'achète ou pas. Sur le terrain, je donne mon maximum, et les sensations sont là. Il y a de la qualité autour de moi avec Huntelaar, Sané, Meyer ou Choupo-Moting. Ici, l'équipe est plutôt jeune. Je retrouve des similitudes avec la France. Cela déconne bien entre les mecs, ça témoigne d'une bonne ambiance de travail. A Schalke, je me régale.
«Avec Lyon, il y a clairement eu des contacts. Le club était intéressé, et je serais venu avec grand plaisir l'été dernier.»
Vos qualités vous permettent de jouer en 6, en 8 ou en 10. Si vous étiez votre propre coach, comment utiliseriez-vous Younes Belhanda ? 
Je me mettrais en 10 dans un 4-2-3-1. Cela me permet d'être libre sur le terrain pour délivrer une bonne passe ou marquer un but. En général, quand le ballon arrive, je suis dos au but, j'aime me retourner rapidement et orienter le jeu. C'est vraiment là que je me sens le mieux.  
 
Avant de débarquer à Schalke, vous avez été annoncé à l'OL et à l'OM. Qu'en est-il exactement ?
Avec Lyon, il y a clairement eu des contacts. Le club était intéressé, et je serais venu avec grand plaisir l'été dernier. Finalement, ça ne s'est pas fait. Quant à l'OM, c'est bidon. Il n'y a jamais rien eu. Je lis souvent beaucoup de choses à mon sujet sur internet mais c'est souvent complètement faux.
 
Lorsque vous êtes champion de France avec Montpellier 2012 et quasiment le meilleur joueur de L1, comment faîtes-vous pour ne pas atterrir dans un grand club ?
Franchement, on peut effectivement se poser la question. C'est vrai qu'à ce moment-là, on entendait beaucoup de choses. On parlait du Milan, de l'Inter ou même du PSG. Mais dans les faits, je vous assure que je n'ai reçu qu'une seule offre, celle d’Al-Jazeera aux Emirats. Je devais signer là-bas. Au dernier moment, j'ai reçu un coup de fil de mon agent qui m'a expliqué qu'il y avait une possibilité au Dynamo Kiev. Sportivement, c'est un grand club européen, je me suis dit que je restais dans le circuit et que j'allais pouvoir jouer la Ligue des champions. Et l'essentiel était de rester en Europe. Dans ma tête, j'étais en fin de cycle à Montpellier, j'avais vraiment besoin de partir.
Belhanda sous le maillot du Maroc. (Lefty Shivambu/GALLO/PRESSE SP/L'Equipe)
Belhanda sous le maillot du Maroc. (Lefty Shivambu/GALLO/PRESSE SP/L'Equipe)
«Quand tu joues en Centrafrique ou en Gambie, si tu n'as pas les chevilles solides, tu sautes».
Arsenal prend Giroud, et Belhanda n'a pas d'offre...Incompréhensible ? 
Le football est très business. Je ne suis pas dans les bureaux pour savoir ce qu'il s'y passe. Entre ce qu'on peut entendre et ce qui se passe...
 
Votre actualité, c'est également l'arrivée d'Hervé Renard à la tête de la sélection du Maroc. Est-il (enfin) l'homme de la situation pour cette nation qui n'a plus disputé de Mondial depuis 1998 ?
Avant de revenir sur lui, je pense que c'est surtout aux joueurs de se réveiller. Si on ne se donne pas sur le terrain, on ne fera rien. Je l'ai eu au téléphone, on a discuté, il est déjà très actif sur son suivi des joueurs. Je sais qu'il veut donner un état d'esprit de guerrier aux Lions de l'Atlas, c'est exactement cela qu'il faut. Quand tu joues en Centrafrique ou en Gambie, si tu n'as pas les chevilles solides, tu sautes.
 
Renard est-il capable de tout changer ?  
Il en a clairement les qualités. Au niveau africain, il a déjà fait ses preuves en gagnant deux CAN avec des équipes très différentes (la Zambie en 2012 et la Côte d'Ivoire en 2015). C'est un fin connaisseur de la réalité du continent. Son expérience va être un bel atout pour le Maroc.
 
En 2012, vous avez fait partie de la dernière équipe à avoir empêché les Parisiens de devenir champions de France. Comment les voyez-vous face à Chelsea ce mercredi ? 
Je ne suis pas surpris de la dimension prise par ce club. Ça reste une forme de fierté de les avoir battus pour ce titre de champion. Contre les Blues à Londres, j'espère surtout qu'ils ne vont pas perdre Matuidi. Je le considère comme le moteur de cette équipe. Il a 15 poumons, c'est très impressionnant. J'avais joué contre lui quand il était à Saint-Etienne, il jouait de la même manière mais là, il a pris de la confiance.»
Nabil Djellit 
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