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Coupe - 32es

Moussa Maazou (AC Ajaccio) : «Si tu peux jouer en Ligue 2, tu peux jouer partout»

De retour en France l'été dernier, Moussa Maazou ne veut qu'une chose : retrouver la Ligue 1. Pour y parvenir, l'attaquant nigérien a signé à l'AC Ajaccio, en Ligue 2, où il n'a marqué que quatre buts en Championnat. Il entend bien en mettre beaucoup plus.

«Moussa, ce vendredi, en 32es de finale de la Coupe de France, vous retrouvez Monaco, l'un de vos anciens clubs. Que représente cette équipe ?
C'est mon club de coeur. Tout petit, je rêvais de jouer là-bas. J'étais bien intégré, je m'entendais bien avec les gens... Dès que le tirage a réuni Ajaccio et Monaco, j'ai reçu beaucoup de messages de Monaco, même venant d'anonymes. Ce match est vraiment spécial.

A 28 ans, vous avez déjà joué pour onze clubs différents. Comment l'expliquez-vous ?
C'est le club (propriétaire) qui te prête. Je n'ai pas le choix. Il fallait que je parte pour jouer, c'était comme ça... Dans les pays de l'Est, ce n'est pas comme en France. Du jour au lendemain, le club peut décider de te prêter...

Voulez-vous dire que vous n'aviez pas le choix ?
Oui, il y a eu des prêts où je n'avais pas le choix. Il y a des moments où je ne voulais pas y aller...
«Il y a beaucoup de destinations où je ne voulais pas aller»
À quels moments ?
Tout ça, c'est du passé. Je n'ai pas envie de parler de ça. Il y a beaucoup de destinations où je ne voulais pas aller. C'est le club qui voulait me prêter (NDLR : de sa carrière, le CSKA Moscou est la seule formation à l'avoir prêté). Mais je n'ai pas perdu du temps. Ça m'a permis de voyager, de découvrir des choses...

À Ajaccio, vous avez signé, l'été dernier, une saison, plus une en option. Quel est votre objectif ?
J'ai envie de retrouver la Ligue 1, de marquer beaucoup de buts à Ajaccio. J'ai quelque chose à prouver. A Monaco, à mon arrivée, en début de saison, j'ai fait du très bon boulot, j'ai marqué des buts importants. J'ai envie de continuer sur cette lancée.

L'été dernier, vouliez-vous absolument revenir en France ?
Avant, j'étais en Chine (NDLR : en 2015, à Changchun Yatai, qui a fini 10e du Championnat cette année-là). J'étais bien payé. Mais ma famille ne voulait pas rester là-bas. Je voulais revenir en France. Le Niger a été colonisé par la France. La Ligue 1 y est le Championnat le plus regardé. J'ai envie que les jeunes de mon pays puissent me suivre. (NDLR : entre la Chine et Ajaccio, Maazou a évolué quelques mois à Randers, au Danemark, en 2016)

Aviez-vous des offres de Ligue 1 ?
Mes représentants avaient parlé à des clubs de L1. Mais ça ne s'était pas fait. Alors, ils m'ont conseillé de signer à Ajaccio, d'y faire le maximum, pour attirer des clubs de L1.
«Je suis l'un des mecs les plus gentils au monde. Mais quand on te met une image...»
Cette saison, vous avez marqué 4 buts en Ligue 2 ? Etes-vous satisfait de votre rendement ?
Ça va. Ça se passe super bien. Mais je ne suis pas satisfait parce que j'ai envie de marquer pendant tous les matches. La Ligue 2 est un Championnat très difficile. Il y a toujours des gens derrière toi, souvent deux personnes. La L2 est beaucoup plus dure que les Championnats scandinaves ou ceux de l'Europe de l'Est. Elle est prise à la légère. Si tu peux jouer en Ligue 2, tu peux jouer partout.

En France, vous traînez encore une réputation de joueur instable. Comment ça se fait ?
Ce sont les gens qui me connaissent pas, ça... Les gens qui me connaissent savent comment je suis. C'est comme ça ! Tout est parti d'une interview du temps où j'étais à Bordeaux. Vous pouvez appeler à Monaco, au Portugal, où j'ai joué... Ils vont vous dire comment je suis. Je ne me suis jamais bagarré.

Cette réputation vous a-t-elle coûté certains transferts ?
Oui, je pense. Ç'a joué...

Et dans tout ça, qui êtes vous, Moussa Maazou ?
Je suis l'un des mecs les plus gentils au monde. (Rires.) Gernot (Rohr) a été mon sélectionneur, Rolland Courbis aussi... Ils ont vu comment j'étais. Ils disaient : "C'est incroyable comment ce joueur est gentil". Quand on te met une image... C'est dommage.

En 2008-2009, vous êtes deuxième meilleur buteur de la D1 belge. Aujourd'hui, vous jouez en L2. A l'époque, pensiez-vous connaître un destin pareil ?
Non, pas du tout. J'étais jeune. Je n'étais pas entouré des bonnes personnes. C'est le destin. Ça fait partie de ma vie. Aujourd'hui, je ne regarde pas ce qu'il s'est passé. Ça ne m'a pas empêché de jouer au Portugal, où j'étais l'un des meilleurs buteurs, d'être transféré en Chine. C'est le destin.»
Nick Carvalho 
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Maxime_276 7 janv. à 4:17

Excellent joueur. je le verrai bien à Caen dans un 4-3-2-1 avec Rodelin, Karamoh (qui sont deux joueurs très rapides et très prometteurs ) et lui en pointe

valverde 6 janv. à 21:09

joueur atypique, très dangereux si motivé.

m.laochaib 6 janv. à 15:28

S'il vous plais, vous qui pouvez. Aidez le à accomplir ses rêves. Donne lui une chance de montrer ses compétences et j'en suis sûre que vous n'allez pas le regretté. Je ne supporte que lui tout au monde, il est le meilleur mais ce le moyen et l'appui qui lui manque. Veillez faire le maximum pour lui. Et à part même. Pourquoi les français ne se sont jamais intéressés aux joueurs nigériens. Il y a des très bons joueurs au Niger. Venez essayer et vous en tirerez profit.