FOOTBALL - 1/16 FINALE LIGUE EUROPA - DYNAMO KIEV / GUINGAMP - MATCH RETOUR - 26.02.2015 (L'Equipe)
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«C'est inadmissible, complètement dingue»

Sylvain Le Bozec, 28 ans, contrôleur de gestion, qui vit à Bordeaux, est un supporter de l'En Avant de Guingamp depuis toujours. Il a fait le déplacement à Kiev pour assister au 16e de finale retour de la Ligue Europa en Ukraine entre l'équipe bretonne et le Dynamo. Jeudi soir, tard, il a accepté, très posément, de nous raconter ce qui s'est passé à la 78e minute du match, quand des supporters du Dynamo ont couru vers le parcage guingampais, avec des intentions de violence. C'était chaud, très chaud.

«On était une trentaine de supporters de Guingamp dans le parcage visiteurs du stade Olympique de Kiev. J'étais arrivé dans cette ville la veille du match avec deux amis, Benjamin et Antoine, et on a loué pour quelques jours un appartement dans Kiev. Pendant la première période, on était très impressionnés par l'ambiance dans le stade. Les chants des supporters ukrainiens étaient même repris par la tribune présidentielle. A la mi-temps, des fans du Dynamo sont venus à notre grillage pour échanger des écharpes avec nous les Guingampais. Ça se passait bien.
Et puis, en seconde période, un ou deux supporters du Dynamo Kiev ont quitté leur tribune, pas loin de la nôtre. Mais ils ont été vite plaqués au sol par les gens de la sécurité de manière assez violente. Ils n'avaient pas pu aller très loin. Je pense qu'ils voulaient peut-être aller sur le terrain. Ensuite, un, puis deux puis plusieurs supporters ukrainiens, peut-être pas contents de voir ces deux premiers spectateurs plaqués au sol, ont quitté leur tribune. Au final, environ 300 supporters ont quitté leur tribune en se dirigeant vers notre parcage. Il est clair qu'ils voulaient en découdre avec les supporters de Guingamp et qu'ils cherchaient la violence. Au début, je me disais qu'ils n'arriveraient pas à grimper au-dessus des grilles pour arriver dans notre zone. Mais j'ai entendu mon ami Antoine crier : ''Faut qu'on coure, faut qu'on coure.'' Je me suis mis à le suivre, à courir pour tenter de le rattraper. On était une dizaine de Guingampais à commencer à courir. On a quasiment forcé les grilles pour sortir du stade. Autant on avait trouvé pendant le match, avant les incidents, qu'il y avait beaucoup de militaires et de gens de la sécurité autour de nous dans la tribune, autant là, on n'a vu personne de la sécurité à la sortie du stade.
On a quitté l'enceinte en courant, on a couru pendant environ 500 mètres. Antoine et moi, on a couru très vite. Dans ces cas-là, on n'a le temps de penser à rien. Mais j'ai eu très, très peur. On a sprinté sans regarder derrière nous. Parce qu'on ne savait pas si des supporters de Kiev nous suivaient, nous poursuivaient. Là, maintenant, une ou deux heures après les incidents, je me dis que j'ai ressenti la peur de ma vie. J'ai couru vite, et j'ai fini trempé de sueur. Au bout de 500 mètres, on s'est rendu compte que l'on n'était pas suivi, et on a fini par rentrer à l'appartement que l'on avait loué.  

Si nous, on a couru et quitté le stade, vingt supporters de Guingamp, dont mon ami Benjamin, étaient restés dans le parcage pendant les incidents. Et ils ont été escortés rapidement vers la sortie du stade par des gens de la sécurité. Et heureusement qu'ils avaient pu sortir de l'enceinte, parce que des supporters du Dynamo Kiev ont pu escalader les grilles et entrer dans le parcage. C'est inadmissible ce qui s'est passé. C'est complètement dingue que l'ont voit ça dans le cadre du sport. C'est fou ! Nous, les supporters de Guingamp, on n'a rien fait pour subir ce qui est arrivé. A notre entrée au stade, nos sacs avaient été fouillés. Je pense que le club du Dynamo Kiev doit être sanctionné, ça oui, complètement. Les joueurs de Guingamp, eux,  n'auraient pas du revenir sur la pelouse et n'auraient pas du reprendre le match vu ce que nous, supporters de l'En Avant, avons vécu.»
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