Le record d'invincibilité de Gaétan Huard établi en 1992-93 est menacé par Vincent Enyeama. (L'Equipe)

«Ce n'était pas que Gaétan Huard»

Il a disputé moins de matches que Landreau, mais Gaétan Huard détient lui aussi un record : 1176 minutes d'invincibilité avec Bordeaux lors de la saison 1992-1993. Un record qu'il attribue au collectif girondin de l'époque.

Lui aussi a battu un record de Jean-Luc Ettori : celui d’invincibilité pour un gardien. Lors de la saison 1992-1993, avec Bordeaux, Gaétan Huard avait gardé sa cage inviolée pendant 1 176 minutes, soit plus de 13 matches (contre 899 minutes pour Ettori). A choisir, l’ancien portier des Girondins aurait toutefois préféré le record que vient d’établir Mickaël Landreau, 603 matches L1 au compteur. «C’est exceptionnel et rarissime, souligne-t-il. Je ne pensais pas qu’un jour, il pourrait être battu». Il aimerait dire la même chose du sien, mais les performances actuelles de Vincent Enyeama l’ont considérablement fragilisé : plus que 141 minutes à tenir, et le portier nigérian du LOSC l’aura détrôné.

«L’an passé, Sirigu aussi s’en était approché, rappelle Huard. L’année d’avant, c’était Elana avec Brest. Tant mieux, ça veut dire qu’il y a beaucoup d’équipes solides. Ou alors qu’il n’y a pas suffisamment de buteurs chez nous (rires)». Dans le cas des Girondins de l’époque, Huard penche plutôt pour la première explication. «Ce n’était pas que Gaétan Huard, c’était toute une équipe avec un système de jeu, insiste-t-il. On jouait en 4-4-2, comme Lille aujourd’hui…» Au moment de revenir sur la genèse de l’exploit,  Huard n’oublie pas non plus la lourde défaite qui l’avait précédée : 5-0 face au PSG, au Parc des Princes. Une sale soirée et un surnom qui est resté : "Guéguette". «Sur les cinq buts, il y en avait six pour moi», plaisante-t-il.

«J’avais été très marqué par cette défaite si bien qu’après le match, j’avais envoyé balader l’homme de terrain de Canal +, poursuit Huard. Comme on m’avait obligé à aller en conférence de presse, j’avais dit qu’on finirait meilleure défense et que sur les 45 000 spectateurs présents ce soir-là, il y en avait peut-être 44 998 qui étaient contents, mais qu’il y en avait aussi deux de malheureux : mes parents qui n’avaient pas dû apprécier la manière dont le public s’était comporté avec moi. Ce truc-là m’avait motivé.» De ce record, Huard garde le souvenir du cap des 1000 minutes franchies à Marseille. «Ça fait quelque chose, c’est parlant». Mais aussi la fierté d’un papa. «Ce qui me touche le plus, c’est lorsque mes enfants m’appellent et me disent que je suis toujours dans le livre des records.»

«Ce qui me touche le plus, c'est lorsque mes enfants m'appellent et me disent que je suis toujours dans le livre des records.»