mavuba (antonio) (L'Equipe)
Ligue 1 - 33e j.

«Rio est un exemple»

Rio Mavuba n'a pas manqué ses retrouvailles avec Bordeaux, dimanche (2-0 pour Lille). Ceux qui l'ont vu grandir en Gironde ont accepté d'ouvrir la boite à souvenirs.

Philippe Lucas (entraîneur des U19 bordelais, il a eu Mavuba en 2002)

Philippe Lucas. (L'Equipe)
Philippe Lucas. (L'Equipe)
«Rio, je ne l'ai eu finalement que pour les gros matches, parce qu'il évoluait déjà avec la CFA. Je me souviens notamment d'une rencontre à Toulouse que je donne encore souvent en exemple à mes joueurs. En tant qu'éducateur, j'étais sur le banc et je regardais. Je n'ai quasiment rien eu à dire ce jour-là parce qu'il y avait sur le terrain un capitaine (Mavuba) qui était en fait entraîneur-joueur. Rio était un vrai leader, le relais idéal du coach sur le terrain. Il était au-dessus des autres et les tirait vers le haut. Au niveau du football à proprement parler, il avait déjà une intelligence incroyable. A la récupération, il savait exactement où se placer, il sentait le jeu, il anticipait beaucoup. Même chose dans la relance, il se trompait rarement. Et techniquement, il était déjà à l'aise. On sentait le joueur de haut niveau. En plus de tout cela il avait une superbe mentalité. Il s'obligeait à être exemplaire. Il savait qu'il était important pour l'équipe, et il voulait aussi montrer qu'il méritait de jouer avec la CFA. Il était capable de chambrer, d'animer, mais aussi de rester discret quand il le fallait. Il ne ramenait pas tout à lui. Bref, il a laissé un très bon souvenir ici. Les gens n'ont que de belles choses à dire sur lui. Rio est un exemple. Comme beaucoup de jeunes, il n'a pas eu une vie facile mais ça ne l'a pas empêché de bien se comporter et de réussir. Ça prouve que quand on veut bien se donner la peine, tout le monde est capable réussir. C'est une belle histoire qui doit servir d'exemple.»

Jean-Louis Garcia (son coach en CFA de 2002 à 2004)

Rio Mavuba en bref. 31 ans, né le 8 mars 1984. Milieu de terrain de Lille. 1.72m, 74kg. 373 matches de L1, 6 buts. 18 matches de C1, 0 but. 38 matches de C3, 1 but. 13 sélections, 0 but.
«Je me souviens très bien du jeune garçon. J'avais même alerté l'équipe de France Espoirs pour leur parler de lui. Rio sortait clairement du lot. Il avait un volume de jeu incroyable, une activité énorme grâce à des qualités d'endurance très au-dessus de la moyenne. Il jouait simple, et juste. Il excellait à la récupération mais il savait aussi se rendre disponible et se projeter vers l'avant. C'est un joueur qui compense, qui équilibre son équipe. Pour un coach, c'est très précieux. Rio était aussi un leader naturel, qui rassemblait autour de lui sans avoir besoin d'aboyer. Je croyais énormément en lui, et en Marouane Chamakh, son grand pote. Et j'en ai très vite parlé à Elie Baup (coach de Bordeaux de à 1997 à 2003, mais c'est finalement Michel Pavon qui le lancera avec les pros en janvier 2014). Il était très sérieux, bien dans sa tête, et très intelligent, sur le terrain comme en dehors. J'ai vraiment passé deux très belles années avec lui. Il a dit il y a un an ou deux dans Nice Matin que j'étais quelqu'un qui avait compté pour lui, mais lui aussi a beaucoup compté pour moi. Je suis très heureux de sa réussite, parce qu'il le mérite vraiment. En plus d'être un très bon joueur, humainement, c'est un garçon extraordinaire.»

Ulrich Ramé (gardien de but de Bordeaux de 1997 à 2011)

Ulrich Ramé et Rio Mavuba. (L'Equipe)
Ulrich Ramé et Rio Mavuba. (L'Equipe)
«Rio, je l'ai vu arriver dans le groupe pro. C'était un garçon très réservé mais très attachant. Il était très exigeant vis-à-vis de lui-même, et il avait l'intelligence de se remettre en cause systématiquement. Il ne se reposait jamais sur ses acquis, même s'il savait s'appuyer sur ses principales qualités. Il écoutait beaucoup, regardait beaucoup, et il assimilait très vite. Il avait aussi un grand sens du collectif. Avec le recul, je pense que la saison 2004-05 l'a beaucoup servi. Ça a été un exercice très difficile (Bordeaux a terminé 15e deux points devant la zone rouge) et il a appris en douze mois ce qu'il aurait dû apprendre en trois ou quatre ans. Il a découvert la pression du résultat, le fait d'être mal classé. Je me rappelle de son visage et de celui des autres jeunes comme Marouane Chamakh lors des trois derniers matches de la saison. Ça l'a fait beaucoup grandir. Il a vite compris les exigences du haut niveau. Sur le terrain, il y a peu de joueurs de son profil dans le Championnat. On ne peut pas dire que ce soit un monstre physique, mais il a trois poumons, il court partout. Il sait aussi lire le jeu, anticiper, et il a beaucoup progressé techniquement. Une anecdote le concernant ? J'aimerais bien raconter un but qu'il a marqué. Le problème, c'est que je crois qu'il n'en a jamais marqué (rires)*».

*Mavuba a inscrit 1 but en 127 matches de Ligue 1 avec Bordeaux. C'était lors de son tout premier match, le 10 janvier 2004 à Montpellier (victoire 2-1). 
 

Bruno Rodrigues (@brodriguesFF)
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DinamoKiev 19 avr. à 16:08

Son premier but était en plus magnifique, dans mes souvenirs. A retrouver et à revoir.

peps33 19 avr. à 7:16

Quel est le problème de Rio ? Un manque d'ambition ?Trois poumons... Des éloges... Et il joue à Lille. Sans être piquant avec le LOSC, ce n'est pas un très grand club. Il fut valencian : pourquoi avoir rétrogradé ?

DED9461 18 avr. à 20:35

respect à Rio, un grand joueur, qui aurait mérité plus. Mais quel exemple......

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