Di stefano (L'Equipe)
Palmarès Ballon d'Or

1959 - Alfredo Di Stefano

Palmarès Ballon d'Or

1959 - Alfredo Di Stefano

Coup double pour Di Stefano

En 1956, lorsque France Football prit l'initiative de la création du Ballon d'Or, Alfredo Di Stefano fut battu de très peu par Stanley Matthews, qui obtint ainsi son bâton de maréchal. En 1957, il prit tout naturellement la succession du footballeur anglais. Trois années s'étaient écoulées depuis les premiers pas du palmarès européen, et Di Stefano était toujours là aux avant-postes, inimitable, inégalé, envié de tous dans un Real Madrid qui lui devait sa fortune et dans une équipe d'Espagne en marche. Classé quatorze fois à la première place, ce grand seigneur du jeu s'emparait pour la deuxième fois du trophée et devançait Raymond Kopa, qui obtenait là une juste reconnaissance d'un talent partagé entre le Real, qui n'avait pu le retenir, et Reims, où il refaisait la pluie et le beau temps. Troisième, John Charles effectuait une progression remarquée, qui était celle d'un athlète exceptionnel du football. L'Espagnol Luis Suarez, qui apparaissait dans la super-élite, et le Suédois Agas Simonsson, grand chef d'attaque de sa sélection, complétaient ce quintet offensif. 

Le vieux comédien est redevenu jeune

Alfredo Di Stefano a perdu des cheveux et de la vitesse depuis quatre ans. Mais qui mieux que lui sait tendre le ressort du prodigieux « ailier mécanique » Gento ? Qui mieux que lui sait revenir en hâte au milieu de terrain pour faire écran devant l'adversaire montant à l'assaut ? Qui mieux que lui, enfin, sait décocher la flèche meurtrière et marquer le but décisif ? 

« Vous croyez que j'ai changé. Peut-être. Mais je crois, moi, que mes partenaires aussi ont changé. Et je crois que mes adversaires me marquent plus implacablement. Avant, j'étais l'axe de l'équipe du Real Madrid ; aujourd'hui, je ne suis plus qu'une pièce de plus dans l'échiquier. » 
La venue de Didi lui a redonné plus de liberté offensive, encore qu'elle l'ait remis dans les prisons adverses. 
Alfredo Di Stefano, grâce au nouveau système tactique préconisé par le Paraguayen Fleitas Solich (4-2-4), a retrouvé le rôle de ses vingt ans. Le général est redevenu combattant d'avant-garde ; le vieux comédien est redevenu jeune premier. « Je cours moins longtemps mais plus violemment. Je ne m'use plus en un travail de repli. Mes tirs sont redevenus plus précis, plus puissants. » Du Real lui-même, il affirme : « Nous allons arriver à une période de transition. Parce qu'il faut renouveler, rajeunir, mais nous avons des jeunes de classe qui sont très doués.»

C'est à eux qu'il transmettra bientôt le flambeau. « Bientôt, je ne pourrai plus suivre. Le football évolue sans cesse. Il est maintenant trop physique à mon goût. Il traverse une passe difficile. C'est une question d'argent et de public. Oui, de public, car celui-ci a tort de préférer l'efficacité au spectacle. Il en reviendra. »
 
Alfredo Di Stefano, lui, a compris, qui s'est hissé au rang de premier footballeur du monde parce qu'il demeure le premier « ouvrier-patron » du football.

FICHE JOUEUR

ALFREDO DI STEFANO
 
Nationalité : argentino-espagnole. 
 
Né le : 4 juillet 1926, à Buenos Aires (ARG).
1,72 m ; 70 kg. 
 
Poste : attaquant.
 
Clubs : Imam Buenos Aires (1942), River Plate (1943-1945), Huracan (1946), River Plate (1947-1949), Millionarios Bogota (1949-1953), Real Madrid (1953-1964) et Espanyol Barcelone (1964-1966).
 
Palmarès de joueur : Copa America 1947 ; Coupe Intercontinentale des clubs 1960 ; Coupe des champions 1956, 1957, 1958, 1959 et 1960 ; Coupe latine 1955 et 1957 ; Championnat d'Argentine 1945 et 1947 ; Championnat de Colombie 1949, 1951 et 1952 ; Championnat d'Espagne 1954, 1955, 1957, 1958, 1961, 1962, 1963 et 1964 ; Coupe de Colombie 1953 ; Coupe d'Espagne 1962 ; meilleur buteur du Championnat d’Argentine 1947 (27 buts) ; meilleur buteur du Championnat de Colombie 1951 (31) et 1952 (19) ; meilleur buteur du Championnat d’Espagne 1954 (27), 1956 (24), 1957 (31), 1958 (19) et 1959 (23). 
 
Bilan en équipes nationales : 6 sélections A, 6 buts (1947) avec l'Argentine ; 4 sélections A (1949) avec la Colombie ; 31 sélections A, 23 buts (1957-1961) avec l'Espagne. 
 
Bilan en phase finale de la Coupe du monde : néant. 
 
Palmarès Ballon d'Or : vainqueur en 1957 et 1959 (2e en 1956). 
 
Carrière d'entraîneur : Elche (1967-1968), Boca Juniors (1969-1970), FC Valence (1970-1973), Sporting Portugal (1974-1975), Rayo Vallecano (1976-1977), Castellon (1977-1978), FC Valence (1979-1980), River Plate (1981-1982), Real Madrid (1982-1983), FC Valence (1986-1988) et Real Madrid (1990-1991). 
 
Palmarès d'entraîneur : Coupe des Coupes 1980 ; Supercoupe d'Espagne 1990 ; Championnat d'Argentine 1969 et 1981 ; Championnat d'Espagne 1971.

CLASSEMENT BALLON D'OR 1959

1. Di Stefano (Espagne-Argentine, Real Madrid), 80 points.
 
2. Kopa (France, Reims), 42 pts. 
 
3. Charles (Galles, Juventus Turin), 24 pts. 
 
4. Suarez (Espagne, FC Barcelone), 22 pts. 
 
5. Simonsson (Suède, Örgryte), 20 pts. 
 
6. Tichy (Hongrie, Honved), 18 pts. 
 
7. Puskas (Hongrie, Real Madrid), 16 pts. 
 
8. Gento (Espagne, Real Madrid), 12 pts. 
 
9. Rahn (RFA, Cologne), 11 pts. 
 
10. Szymaniak (RFA, Karlsruhe), 8 pts. 
 
11. Yachine (URSS, Dynamo Moscou), 7 pts. 
 
12. Voïnov (URSS, Dynamo Kiev), 5 pts. 
 
13. Kolev (Bulgarie, CDNA Sofia), Grosics (Hongrie, Tatabanya), Bundzsak (Hongrie, Voros Lobogo), Liedholm (Suède, Milan AC), 4 pts. 
 
17. Naidenov (Bulgarie, CDNA Sofia), Bubernik (Tchécoslovaquie, Etoile Rouge Bratislava),Fontaine (France, Reims), 3 pts. 
 
20. Segarra (Espagne, FC Barcelone), Albert (Hongrie, Ferencvaros), Seeler (RFA, Hambourg), 2 pts. 
 
23. Ramallets (Espagne, FC Barcelone), Gorocs (Hongrie, Ujpest), Jones (Galles, Sunderland),Marche (France, RC Paris), 1 pt.
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