Josef Masopust (L'Equipe)
Palmarès Ballon d'Or

1962 - Josef Masopust

Palmarès Ballon d'Or

1962 - Josef Masopust

La prime au collectif

Hormis Stanley Matthews, éblouissant soliste, tous les lauréats du Ballon d'Or étaient des Latins, dont était primés autant la prodigieuse habileté individuelle que le sens du jeu. En Masopust, « héros » de la Coupe du monde 1962 et premier joueur de l'Est à être honoré, c'est le « collectif » qui prit le pas sur les individualités. Son nom « parlait » beaucoup moins aux oreilles de la foule que celui de Puskas ou de Sivori, par exemple, et il fut, incontestablement, le lauréat des techniciens. Que les journalistes européens aient couronné ce type de joueur, capable de « jouer du violon, mais aussi de faire la vaisselle », cela était nouveau et significatif. Car tous les lauréats précédents étaient des attaquants et presque tous, comme Di Stefano, Suarez et Sivori, des marqueurs de buts. Il n'était pas mauvais que soient récompensés aussi les travailleurs plus obscurs, les constructeurs, les moteurs. Il était assez juste, également, que l'année où se déroula la compétition mondiale, le Ballon d'Or gratifia une des figures de cette compétition, comme l'avait été Kopa en 1958. Le dauphin de Masopust, à l'inverse, fut un de ces solistes admirables : Eusebio, qui, à vingt ans, était le seul joueur européen dont on pouvait esquisser un parallèle avec Pelé sans craindre le ridicule. Schnellinger et Sekularac, respectivement troisième et quatrième, durent leur place d'honneur au Mondial chilien. Remarquons toutefois qu'avec 33 et 26 points ils furent nettement distancés par Masopust (cité neuf fois à la première place, trois fois à la deuxième) et Eusebio (quatre fois premier, cinq fois deuxième).

Une omniprèsence discrète

Plus artisan, moins grand seigneur que Bozsik, Josef Masopust possède tout de même le sens du placement et de la passe juste qui faisait la force du merveilleux demi magyar. Masopust compense sa relative faiblesse physique (il est moyen de taille et de poids) par une résistance et un souffle à toute épreuve. 
 
Sa technique de prise, de conduite et de transmission de balle est exemplaire, que ce soit pour les travaux de base à partir de la récupération du ballon de défense, ou pour l'approvisionnement des avants de pointe, ou encore pour l'approche et la menace du but adverse. Qui a pu oublier le magnifique appel de passe en profondeur réussi par Masopust dès le début de la finale de la Coupe du monde à Santiago, contre le Brésil ? Appel qui fut entendu, écouté même, par l'ailier tchécoslovaque Pospichal. Pour terminer son action, Masopust déclencha au moment opportun le tir qui trompa Gilmar.
 
Il est fréquent que Masopust cherche à pousser aussi loin l'aventure. Pourtant, il reste essentiellement un joueur de milieu de terrain. En équipe nationale comme dans son club, le Dukla Prague, il se signale surtout par une présence constante, vigilante, devant l'assaut adverse comme au départ des attaques tchécoslovaques. 
Il est, avec Zito, l'un des rares footballeurs au monde sachant discerner quand, et comment, il doit porter le ballon. Sa frappe de balle l'autoriserait à effectuer des changements de jeu plus longs, plus soudains, plus fréquents. Mais il se plie aux exigences du jeu collectif tchécoslovaque, qui refuse la moindre prise de risques et qui, du même coup, tend à renoncer aux changements de rythme.
 
C'est là sans doute la limite de Masopust en particulier, et du football tchéco- slovaque en général (celui-ci étouffant les possibilités de celui-là). Car Masopust est taillé pour réaliser d'autres exploits. Il lui suffirait pour cela de croire un peu plus en sa valeur individuelle et d'affirmer sa personnalité comme il le fit, par exemple, le 17 juin à Santiago, à la 15e minute.

Fiche joueur

Nom: Josef Masopust 
 
Nationalité : tchécoslovaque. 
 
Né le : 9 février 1931, à Strimice (TCH). 
1,74 m ; 66 kg. 
 
Poste : milieu. 
 
Clubs : Banik Most (1945-1950), Vodotechna Teplice (1950-1952), Dukla Prague (1952-1968) et RWD Molenbeek (1968-1970).
 
Palmarès de joueur : Championnat de Tchécoslovaquie 1953, 1956, 1958, 1961, 1962, 1963, 1964 et 1966 ; Coupe de Tchécoslovaquie 1961, 1965 et 1966. 
 
Bilan en équipe de Tchécoslovaquie : 63 sélections A, 10 buts (1954-1966).
 
Bilan en phase finale de Coupe du monde:
2 participations (2e en 1962), 10 matches, 1 but (1958-1962).
 
Palmarès Ballon d'Or : vainqueur en 1962. 
 
Carrière d'entraîneur : Zbrojovka Brno (1976-1980), Hasselt (BEL, 1980-1984), Tchécoslovaquie A (1984-novembre 1987), Indonésie olympiques (1988-mars 1991), Zbrojovka Brno (1992) et Diecin (1993-1996). 
 
Palmarès d'entraîneur : Championnat de Tchécoslovaquie 1978.

Classement Ballon d'Or 1962

1. Masopust (Tchécoslovaquie, Dukla Prague), 65 points. 
 
2. Eusebio (Portugal, Benfica), 53 pts. 
 
3. Schnellinger (RFA, Cologne), 33 pts. 
 
4. Sekularac (Yougoslavie, Etoile Rouge Belgrade), 26 pts .
 
5. Jurion (Belgique, Anderlecht), 15 pts. 
 
6. Rivera (Italie, Milan AC), 14 pts. 
 
7. Greaves (Angleterre, Tottenham), 11 pts. 
 
8. Charles (Galles, AS Roma), Galic (Yougoslavie, Partizan Belgrade), 10 pts. 
 
10. Gorocs (Hongrie, Ujpest), 6 pts. 
 
11. Kopa (France, Reims), Law (Ecosse, Manchester United), Aguas (Portugal, Benfica), Sivori (Italie-Argentine, Juventus Turin), 4 pts. 
 
15. Lerond (France, Stade Français), Suarez (Espagne, Inter Milan), Kvasniak (Tchécoslovaquie, Sparta Prague), Del Sol (Espagne, Juventus Turin), 3 pts. 
 
19. Peiro (Espagne, Atletico Madrid), Albert (Hongrie, Ferencvaros), Solymosi (Hongrie, Ujpest), Nemec (Autriche, Austria Vienne), Hamrin (Suède, Fiorentina), Schroif (Tchécoslovaquie, Slovan Bratislava), 2 pts. 
 
25. Tichy (Hongrie, Honved), Gento (Espagne, Real Madrid), Pascutti (Italie, Bologne), 1 pt.
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