ALBERT(FLORIAN) (L'Equipe)
Palmarès Ballon d'Or

1967 - Florian Robert

Palmarès Ballon d'Or

1967 - Florian Robert

Le deuxième représentant des pays de l'est

Pour sa douzième édition, le palmarès du Ballon d'Or européen France Football intronisa un onzième joueur qui situait le footballeur au sens le plus profond du terme : Florian Albert, couronné à une large majorité. De la race des seigneurs d'Europe centrale, des Bozsik, Puskas et Hidegkuti qui étaient ses idoles, le maître à jouer de Ferencvaros et de la Hongrie fut propulsé huit fois à la première place, contre quatre fois à son principal concurrent, Bobby Charlton, lauréat en 1966. Celui-ci dut défendre âprement sa deuxième place, disputée par l'une des révélations de l'année, Jimmy Johnstone, vainqueur de la Coupe d'Europe des clubs champions avec le surprenant et séduisant Celtic. Franz Beckenbauer n'était pas si loin non plus, de même qu'Eusebio qui conservait un rang flatteur que ses états de service de buteur justifiaient. Deuxième représentant des pays d'Europe de l'Est à figurer au palmarès, Florian Albert suivait ainsi la voie tracée par Josef Masopust en 1962.

Intelligent, élégant, racé

Les spectateurs qui avaient acheté leur billet longtemps à l'avance pour assister au match Hongrie-Brésil comptant pour la Coupe du monde 1966 l'avaient fait, pour une bonne part, dans l'espoir de voir Pelé dans ses ouvres. 
 
Mais, au coup de sifflet final, tout était oublié ; un homme venait d'éclipser les champions du monde et, par la même occasion, de compromettre leurs chances de qualification : Florian Albert.
 
Rarement nous fut-il donné d'assister, au cours de vingt ans de carrière, à une exhibition aussi éclatante par sa plénitude que celle du Hongrois. Car ce n'est pas seulement par lui-même qu'Albert fut exceptionnel, mais plus encore peut-être par son action sur ses partenaires, qu'il transcenda véritablement.
 
J'ai encore dans les yeux - et je l'aurai toujours - ce troisième but qui ruina tous les espoirs des Brésiliens et qui eut Albert pour origine dont la course rectiligne ne fut pas le moins du monde modifiée par les obstacles humains dressés devant lui.
 
C'était sublime et les Brésiliens, comme frappés de stupeur, regagnèrent le centre du terrain la tête basse. Ils avaient compris que, ce jour-là, rien ni personne ne résisteraient à Albert. Ce fameux but triangulaire et collectif (Albert, Bene, Farkas), extraordinaire dans son élaboration comme dans son exécution, demeura « anthologique », comme ne cessait de me répéter un confrère brésilien.
 
En fait, il était, ce but, comme le symbole de son héros : intelligent, élégant, racé. En occupant une position très en retrait, Albert avait en quelque sorte perpétué la tradition de ses illustres aînés : Sarosi et Hidegkuti. Tant il est vrai qu'un chef d'orchestre se tient toujours en retrait des exécutants.
 
Ce jour-là, ils avaient du talent, et leur chef, du génie.Ce match pouvait s'assimiler à une symphonie ou à une grande fresque. Mais la signature ne pouvait comporter que les six lettres d'un prénom français : Albert.
Son Ballon d'Or est un hommage mais aussi une réparation : celle qu'on lui devait pour ne pas le lui avoir conféré plus tôt.

Fiche joueur

Nom: FLORIAN ALBERT
 
Nationalité : hongroise. 
 
Né le : 15 septembre 1941, à Hercegszanto (HON). 
1,81m ; 72 kg.
 
Poste : milieu.
 
Club : Ferencvaros (1952-1974).
 
Palmarès : Coupe des Villes de Foire 1965 ; Championnat de Hongrie 1963, 1964, 1967 et 1968 ; Coupe de Hongrie 1972. Bilan en équipe de Hongrie : 75 sélections A, 31 buts (1959-1974).
 
Bilan en phase finale de Coupe du monde : 2 participations, 7 matches, 4 buts (1962-1966). 
 
Palmarès Ballon d'Or : vainqueur en 1967.
 
Carrière d’entraîneur : Benghazi (1975-1976) et Ferencvaros (jeunes, 1976-1977).

Classement Ballon d'Or 1967

1. Albert (Hongrie, Ferencvaros), 68 points. 
 
2. B. Charlton (Angleterre, Manchester United), 40 pts. 
 
3. Johnstone (Ecosse, Celtic Glasgow), 39 pts. 
 
4. Beckenbauer (RFA, Bayern Munich), 37 pts.
 
5. Eusebio (Portugal, Benfica), 26 pts. 
 
6. Gemmel (Ecosse, Celtic Glasgow), 21 pts. 
 
7. G. Müller (RFA, Bayern Munich), 19 pts. 
 
8. Best (Irlande du Nord, Manchester United), 18 pts. 
 
9. Tchislenko (URSS, Dynamo Moscou), 9 pts. 
 
10. Mazzola (Italie, Inter Milan), Farkas (Hongrie, Vasas Budapest), Pirri (Espagne, Real Madrid), 8 pts. 
 
13. Streltzov (URSS, Torpedo Moscou), Riva (Italie, Cagliari), 6 pts. 
 
15. Bychevetz (URSS, Dynamo Kiev), 5 pts. 
 
16. Rivera (Italie, Milan AC), Ball (Angleterre, Everton), Haller (RFA, Bologne), Lubanski (Pologne, Gornik), 4 pts. 20. Facchetti (Italie, Inter Milan), Cebinac (Yougoslavie, Nuremberg), Van Himst (Belgique, Anderlecht), Hurst (Angleterre, West Ham), Overath (RFA, Munich 1860), 3 pts. 
 
25. Voronine (URSS, Torpedo Moscou), Kotkov (Bulgarie, Lokomotiv Sofia), 2 pts.
 
27. Pilot (Belgique, Anderlecht), Combin (France, Torino), De Felipe (Espagne, Real Madrid), Szoltysik (Pologne, Gornik), Augusto (Portugal, Benfica), Kindvall (Pays-Bas, Feyenoord), Cruyff (Pays-Bas, Ajax Amsterdam), Bjerregaard (Danemark, Rapid Vienne), 1 pt.
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