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Palmarès Ballon d'Or

1975 - Oleg Blokhine

Palmarès Ballon d'Or

1975 - Oleg Blokhine

Tous les records battus

Record battu pour le roi de l'année 1975 avec un total de 122 points sur un maximum de 130 ! Un véritable triomphe pour Oleg Blokhine, qui fit une entrée éblouissante au paradis du football européen. Vingt des vingt-six spécialistes du continent l'installèrent à la première place, quatre d'entre eux ayant choisi Franz Beckenbauer (Allemagne de l'Ouest, Angleterre, Finlande et Irlande) et deux autres son compère du Bayern Munich, Sepp Maier (France et Turquie). 
 
Vingtième Ballon d'Or de l'histoire, Blokhine rejoignait au palmarès son compatriote soviétique Lev Yachine, le plus grand gardien des temps modernes, distingué en 1963. Son succès fut d'autant plus méritoire que la concurrence avait pour noms Beckenbauer, Cruyff, Vogts ou Maier, authentiques vedettes du football international quand Blokhine, jeune homme de vingt-trois ans, se révélait tout juste aux yeux du public. C'était le Ballon d'Or de l'offensive tous azimuts, l'atout maître du Dynamo Kiev et de la sélection de l'URSS, digne successeur de Johan Cruyff, vainqueur l'année précédente, dont il possédait le style, la vitesse et le punch. A noter que Berti Vogts obtint une remarquable quatrième place, assez inattendue, et que les Allemands placèrent cinq de leurs représentants dans les dix premiers. La France, elle, dut se contenter du seul Jean-Marc Guillou, celui-ci enfoui dans les profondeurs du classement.

L'URSS new look

Oleg Blokhine succédant à Johan Cruyff au palmarès du Ballon d'Or, c'est une nouvelle preuve de la reprise de conscience et de pouvoir des attaquants, à une époque où l'on redoute pour le football le durcissement des défenses et la « dépoétisation » du jeu. C'est aussi un nouveau triomphe du footballeur de vitesse et de vivacité dont les courses et les gestes subissent des accélérations décisives.
 
Si l'on regarde Blokhine lorsqu'il s'engage, balle au pied vers le but adverse, on ne peut manquer d'être frappé par sa ressemblance (technique) avec Cruyff : même faux train, même balancement, même démarrage fulgurant qui lui permet d'atteindre instantanément, et en trois foulées, sa vitesse (maximale) : même touche de balle fouettée, même crochet ultracourt et.même sens du but. Seul change le contre-pied, et les ruptures d'équilibre chez Blokhine sont ceux d'un vrai gaucher.
 
Il est d'ailleurs amusant de constater que, dès le début de sa carrière, à l'âge de dix-neuf ans, il comptait déjà parmi les meilleurs buteurs soviétiques. Et en 1972, au tournoi olympique de Munich, il se signalait à l'attention par son efficacité (six buts et une deuxième place de buteur derrière le Polonais Deyna). Quatorze buts en 1972, dix-huit en 1973, vingt en 1974 : il est régulièrement le canonnier numéro un du Championnat d'URSS. Et l'équipe de France n'a pas oublié qu'en mai 1973, à Moscou, c'est lui qui « l'assassina » avec l'aide de son compère Onitchenko.
 
L'entente entre les deux hommes est d'ailleurs exemplaire. Tous deux sont gauchers, vifs et dribbleurs redoutables. Tous deux possèdent un tir meurtrier et se comprennent les yeux fermés sur le terrain. Ailiers nominaux et théoriques, ils évoluent en réalité comme deux avants du centre éloignés l'un de l'autre et occupant tout le front de l'attaque. Leurs échanges de passes courts et longuess, leurs une-deux constituèrent, par exemple, un modèle du genre et un régal, à Bâle, en finale de la Coupe des Coupes contre Ferencvaros. Et aujourd'hui que Blokhine est à l'honneur, son camarade mérite bien un morceau de son Ballon d'Or, lui qui a beaucoup contribué à sa réussite.
 
La révélation et la personnalité de Blokhine démontrent que le football soviétique commence à sortir du traditionnel moule dans lequel étaient coulés ses joueurs et ses équipes depuis vingt ans. Il est à l'origine un athlète, digne fils d'une mère, Ekaterina Adamenko, qui fut championne d'URSS du 80m haies et qui lui a transmis sa vélocité. Mais il est aussi et avant tout un footballeur dont l'habileté et la finesse technique, le coup d'oeil et le sens du jeu, le don du geste final sont ceux d'un nouveau phénomène.

Fiche joueur

Nom: OLEG BLOKHINE
 
Nationalité : soviétique.
 
Né le : 5 novembre 1952, à Kiev (UKR).
1,80m ; 75 kg. 
 
Poste : attaquant. 
 
Clubs : Dynamo Kiev (1962-1988), Vorwaerts Steyer (1988-1989) et Aris Limassol (1989-1990). 
 
Palmarès de joueur : Supercoupe d'Europe 1975 ; Coupe des Coupes 1975 et 1986 ; Championnat d'URSS 1974, 1975, 1977, 1980, 1981, 1985 et 1986 ; Coupe d'URSS 1974, 1978, 1982, 1985 et 1987 ; meilleur buteur du Championnat d'URSS 1972 (14 buts), 1973 (18), 1974 (20), 1975 (18) et 1977 (17). 
 
Bilan en équipe d'URSS : 109 sélections A, 39 buts (1972-1988). 
 
Bilan en phase finale de Coupe du monde : 2 participations, 7 matches, 2 buts (1982-1986). 
 
Palmarès Ballon d'Or : vainqueur en 1975. 
 
Carrière d'entraîneur : Olympiakos Le Pirée (1990-janvier 1993), PAOK Salonique (février 1993-mai 1994), Ionikos (décembre 1994-février 1997), AEK Athènes (décembre 1998-1999), Ionikos (mars 2000-janvier 2002) et Ukraine A (depuis septembre 2003). 
 
Palmarès d'entraîneur : Coupe de Grèce 1992.

Classement Ballon d'Or 1975

1. Blokhine (URSS, Dynamo Kiev), 122 points. 
 
2. Beckenbauer (RFA, Bayern Munich), 42 pts. 
 
3. Cruyff (Pays-Bas, FC Barcelone), 27 pts. 
 
4. Vogts (RFA, Borussia Mönchengladbach), 25 pts. 
 
5. Maier (RFA, Bayern Munich), 20 pts. 
 
6. Geels (Pays-Bas, Ajax Amsterdam), 18 pts. 
 
7. Heynckes (RFA, Borussia Mönchengladbach), 17 pts. 
 
8. Breitner (RFA, Real Madrid), 14 pts. 
 
9. Todd (Angleterre, Derby County), 12 pts. 
 
10. Georgescu (Roumanie, Dinamo Bucarest), 11 pts. 
 
11. Pirri (Espagne, Real Madrid), Lorimer (Ecosse, Leeds), Oblak (Yougoslavie, Schalke 04), 9 pts. 
 
14. Zoff (Italie, Juventus), Edström (Suède, PSV Eindhoven), Netzer (RFA, Real Madrid), 6 pts. 
 
17. Katalinski (Yougoslavie, Nice), G. Müller (RFA, Bayern Munich), Lato (Pologne, Stal Mielec), Viktor (Tchécoslovaquie, Dukla Prague), Bonev (Bulgarie, Lokomotiv Plovdiv), 4 pts. 
 
22. Pivarnik (Tchécoslovaquie, Slovan Bratislava), 3 pts. 
 
23. Croy (RDA, Sachsenring Zwickau), Guillou (France, Nice), Buriak (URSS, Dynamo Kiev), Neeskens (Pays-Bas, FC Barcelone), 2 pts. 
 
27. Givens (Eire, Queen's Park Rangers), Jennings (Irlande du Nord, Tottenham), Simonsen (Danemark, Borussia Mönchengladbach), Dzajic (Yougoslavie, Bastia), Facchetti (Italie, Inter Milan), Alves (Portugal, Boavista), 1 pt.
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