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Palmarès Ballon d'Or

1976 - Franz Beckenbauer

Palmarès Ballon d'Or

1976 - Franz Beckenbauer

La douce revanche

Désigné quatorze fois à la première place contre six, seulement, à son principal concurrent, le Néerlandais Robbie Rensenbrink, Franz Beckenbauer possédait une certaine marge de sécurité qui lui valut de compter une avance de seize points au classement. Pourtant, le libero allemand fut totalement absent du vote de cinq jurés (Autriche, Luxembourg, Portugal, Suède et URSS), preuve qu'il ne faisait pas l'unanimité sur son nom. Il « payait » sans doute la défaite de la RFA en finale de la Coupe d'Europe des nations face à la Tchécoslovaquie, laquelle plaça quatre de ses représentants dans le classement de France Football, dont le gardien de but Viktor, qui termina sur le podium et que quatre jurés avaient installé à la première marche. Derrière ce trio de tête, l'Anglais Kevin Keegan fit une apparition remarquée, de même qu'un certain Michel Platini, le nouveau leader du football français. Mais, en cette année 1976, place encore à « l'ancienne garde » et au Kaiser, couronné une seconde fois au palmarès de France Football et qui, après sa désillusion de 1974 face à Johan Cruyff, prenait une douce revanche face à un autre opposant néerlandais.

l'empereur bien-aimé

Le Père Noël est passé dans la grande et belle maison des Beckenbauer, à Grünwald, la banlieue résidentielle de Munich. Thomas, Michael et Stephan, les trois garçons, ont trouvé dans leurs souliers les jouets qu'ils désiraient. Brigitte, sa femme, le parfum qu'entre autres choses, elle souhaitait et Franz, un beau Ballon d'Or que le jury de journalistes institué par France Football offre au meilleur footballeur européen de l'année.
 
Ce Ballon d'Or 1976 ira rejoindre, dans sa vitrine aux souvenirs, celui qu'il avait déjà reçu en 1972 quand, à la tête de l'équipe nationale de la RFA, il avait conquis le titre de champion d'Europe. Le premier l'avait comblé de joie. Celui-ci lui a fait plaisir encore : ce sera sans doute le fleuron le plus beau qu'il ajoutera à sa couronne de Kaiser, car, en cette année 1976, il a dû se battre plus que jamais pour conquérir le titre dont il est aujourd'hui honoré.
 
Cette année ne fut facile ni pour lui, ni pour le Bayern, ni pour l'équipe d'Allemagne.
 
Il ne fut pas épargné par les coups durs. Lui toujours si facile, si élégant, si aérien, insaisissable, inaccessible aux charges et aux crocs-en-jambe, dut tant lutter pour son club qu'il se fit une profonde déchirure à l'aine et dut faire l'impasse d'un match important du Championnat, devant l'Eintracht Francfort. C'était la onzième absence de Beckenbauer en 378 matches de Bundesliga ! Le Bayern perdit 3-0. Quittant le terrain, Gerd Müller déclara avec conviction : « Décidément, quand Franz n'est pas là, rien ne va plus au Bayern ! »
 
Ce Bayern avait déjà fait naufrage une fois, sur son terrain, au stade Olympique, devant Schalke, vainqueur 7-0. Oui, 7-0 : mais, ce jour-là, Maier avait joué soixante-dix-huit minutes avec un bras invalide, et Schwarzenbeck, tout le match, avait traîné la jambe. Franz aurait dû se multiplier en défense, descendre de son trône d'empereur pour faire le ménage : mais il n'avait pu s'opposer aux débordements de Schalke.
 
Avec l'équipe d'Allemagne, il avait connu une grande déception : il avait manqué sa deuxième Coupe d'Europe des nations. Pourtant, la RFA n'avait pas été battue. Elle ne s'était inclinée en finale qu'aux penalties. Peut-être parce que Hoeness n'avait pas assez serré le lacet de sa chaussure.
 
Mais la RFA a pris récemment sa revanche sur la Tchécoslovaquie (2-0, à Hanovre) et elle est invaincue cette année. Le Bayern a enlevé son troisième titre d'affilée de champion d'Europe, demeure qualifié pour les quarts de finale 1977, et n'a pas perdu l'espoir d'enlever la Bundesliga. Quant au Kaiser, il a encore grandi aux yeux de tous par la manière dont il a vaincu les difficultés ou surmonté les déceptions : « C'est le destin. Et si l'on a tout fait pour éviter l'échec, si l'on a sa conscience pour soi, il est permis de dormir en paix », dit-il.
 
Déjà en juin dernier, il avait eu une première et grande satisfaction. Le jour de la finale de la Coupe d'Europe des nations, il était entré dans le club – fermé – des centenaires de la sélection avec Bozsik, Gilmar, Djalma Santos (100), Bjoërn Svensson et Lionel Sanchez (104), Billy Wright (105), Bobby Charlton (106) et Bobby Moore (108).
 
Il compte bien battre ce record, lui qui en est déjà à 102 et qui espère être à la Coupe du monde 1978 en Argentine, et qui semble avoir la réussite attachée à la semelle de ses chaussures.

Fiche joueur

Nom: FRANZ BECKENBAUER
 
Nationalité : allemande. 
 
Né le : 11 septembre 1945, à Munich (ALL).
1,81m ; 75 kg. 
 
Poste : milieu, défenseur. 
 
Clubs : SC Munich 1906 (1954-1958), Bayern Munich (1958-1977), Cosmos New York (1977-1980), Hambourg SV (1980-1982) et Cosmos New York (mai-novembre 1983).
 
Palmarès de joueur : Coupe du monde 1974 ; Championnat d'Europe des nations 1972 ; Coupe intercontinentale des clubs 1976 ; Coupe des champions 1974, 1975 et 1976 ; Coupe des Coupes 1967 ; Championnat de RFA 1969, 1972, 1973, 1974 et 1982 ; Championnat des Etats-Unis 1977, 1978 et 1980 ; Coupe de RFA 1966, 1967, 1969 et 1971. 
 
Bilan en équipe de RFA : 103 sélections, 14 buts (1965-1977). 
 
Bilan en phase finale de Coupe du monde :
3 participations (1er en 1974 ; 2e en 1966 ; 3e en 1970), 18 matches, 3 buts (1966-1974).
 
Palmarès Ballon d'Or : vainqueur en 1972 et 1976 (2e en 1974 et 1975 ; 3e en 1966). 
 
Carrière d'entraîneur : Allemagne A (septembre 1984-juillet 1990), Marseille (septembre-décembre 1990), Bayern Munich (décembre 1993-novembre 1994 ; avril-juin 1996).
 
Palmarès d'entraîneur : Coupe du monde 1990 ; Coupe de l'UEFA 1996 ; Championnat d'Allemagne 1994.

Classement Ballon d'Or 1976

1. Beckenbauer (RFA, Bayern Munich), 91 points. 
 
2. Rensenbrink (Pays-Bas, Anderlecht), 75 pts. 
 
3. Viktor (Tchécoslovaquie, Dukla Prague), 52 pts 
 
4. Keegan (Angleterre, Liverpool), 32 pts. 
 
5. Platini (France, Nancy), 19 pts. 
 
6. Ondrus (Tchécoslovaquie, Slovan Bratislava), 18 pts. 
 
7. Cruyff (Pays-Bas, FC Barcelone), Curkovic (Yougoslavie, Saint-Etienne), 12 pts. 
 
9. Bonhof (RFA, Borussia Mönchengladbach), Masny (Tchécoslovaquie, Slovan Bratislava), G. Müller (RFA, Bayern Munich), 9 pts. 
 
12. Causio (Italie, Juventus Turin), 7 pts. 
 
13. Vogts (RFA, Borussia Mönchengladbach), 6 pts. 
 
14. Nyilasi (Hongrie, Ferencvaros), 5 pts. 
 
15. Bettega (Italie, Juventus Turin), Croy (RDA, Zwickau), Georgescu (Roumanie, Dinamo Bucarest), Pollak (Tchécoslovaquie, Kosice), 4 pts. 
 
19. Blokhine (URSS, Dynamo Kiev), Streich (RDA, Magdebourg), 3 pts. 
 
21. Janvion (France, Saint-Etienne), D. Müller (RFA, Cologne), Rocheteau (France, Saint-Etienne), Santillana (Espagne, Real Madrid), Wendt (RDA, Borussia Berlin), 2 pts. 
 
26. Ali Cemal (Turquie, Trabzonspor), Heynckes (RFA, Borussia Mönchengladbach), Bathenay (France, Saint-Etienne), Zoff (Italie, Juventus Turin), 1 pt.
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