papin (jean pierre) (L'Equipe)
Palmarès Ballon d'Or

1991 - Jean-Pierre Papin

Palmarès Ballon d'Or

1991 - Jean-Pierre Papin

Une élection maréchal

En dépit de son échec en finale de la Coupe d'Europe des clubs champions, Jean-Pierre Papin obtint une élection de maréchal avec un bilan, pour 29 jurés, de 141 points sur un total possible de 145. Seuls l'Angleterre (Lineker), Malte (Savicevic) et la Yougoslavie (Savicevic) se distinguèrent en ne le plaçant pas en première position.
 
Ce plébiscite tint à plusieurs facteurs : la nature des buts de JPP, spectaculaires, décisifs, typés ; sa constance, au plus haut niveau de buteur, depuis plusieurs années ; le poids de l'aventure des Bleus en Europe ; l'impact médiatique de la victoire de l'Olympique de Marseille sur le Milan AC ; l'absence de concurrent irréfutable aussi, il faut bien le reconnaître. La consultation annuelle de France Football se livra d'ailleurs à une facétie originale en ne voulant pas départager les trois deuxièmes du Ballon d'Or : Matthäus, Pancev et Savicevic, par ordre alphabétique, à 99 points de Papin. Après Kopa (1958) et Platini (1983, 1984 et 1985), celui-ci apporta au football français le cinquième Ballon d'Or de son histoire

Un accélérateur de particules

L'histoire du footballeur Papin est une merveille d'exemplarité. Sans vouloir en rien diminuer sa dimension de champion, bien au contraire, on peut remarquer que le Ballon d'Or 1991 ne possédait pas de naissance le don intégral d'un Cruyff. Mais il avait en lui, et il l'a toujours, le diable, le don de la vie, la capacité de s'étonner de tout, et donc d'apprendre à chaque instant. Papin est un footeux naturel qui n'a pas appris les règles dans un manuel. Il s'inspirerait plutôt de cette forte définition de Phil Woosnam, l'ancien joueur devenu entraîneur, puis dirigeant aux Etats-Unis : « Les règles du football sont simples. Si ça bouge, tapez dedans ; si ça ne bouge pas, tapez dedans jusqu'à ce que ça remue.»
 
Papin a toujours bougé, et de mieux en mieux au fur et à mesure que les saisons ont passé. Il a également énormément travaillé sur ses points forts (vitesse, détente, frappe de balle, adresse de volée) pour atteindre le niveau sublime de la quasi-perfection que l'on retrouve chez l'ébéniste d'art ou l'accordeur de pianos.
 
L'avant-centre de l'OM et des Bleus, dans un football contemporain frileux et compassé, est une sorte de survivant, un accélérateur de particules, un briseur de rythmes mous. La balle lui vient, et à chaque fois il se passe quelque chose. Comme si Papin, en un instant, en une action, jouait sa vie et son rêve. Cette frénésie se traduit par les buts et les victoires que l'on sait. Par l'admiration du public et le respect de tous. Jean-Pierre Papin, dans ce rôle du canonnier en chasse, n'est pas un styliste à proprement parler. C'est un battant, à qui il arrive de « taper dans les persiennes » d'un défenseur ou de lui rayer sa carrosserie. Les psys diraient que son esprit de compétition « se fonde sur une mort symbolique », celle de l'adversaire évidemment. JPP serait donc pour eux une sorte de tueur, de primitif, qui ferait « appel à des fonctions cérébrales archaïques » sans renier, heureusement, la pensée logique de l'homme évolué.
 
En fait, JPP est un champion rare dans le football moderne parce que son jeu gomme les artifices, les actions compliquées et les effets-retard. Parce que sa perfection dans la simplicité, assénée avec force, surprend et déroute. Parce qu'avec lui il n'existe pas de ballons morts. Parce qu'il ne klaxonne pas pour prévenir de son arrivée lancé.
 
Ce qui est magnifique, dans la carrière du nouveau Ballon d'Or, c'est son évolution constante, l'amélioration de son bagage, la prise en compte de ses expériences additionnées, l'élargissement de sa vision. Papin est un homme et un joueur étonnés, qui apprennent constamment. Ce n'est pas pour cela que les deux en un accueillent facilement les sursauts du destin. Mais ils savent, il sait les dominer pour avancer ou renaître.

Fiche joueur

Nom: JEAN-PIERRE PAPIN
 
Nationalité : française.
 
Né le : 5 novembre 1963, à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).
1,76m ; 72 kg. 
 
Poste : attaquant. 
 
Clubs : Jeumont (1970-1978), Trith Saint-Léger (1978-1981), INF Vichy (1981-1984), Valenciennes (1984-1985), FC Bruges (1985-1986), Marseille(1986-1992), Milan AC (1992-1994), Bayern Munich (1994-1996), Bordeaux (1996-1998), Guingamp (juillet-octobre 1998), Saint-Pierre de la Réunion (1999) et Le Cap-Ferret (2001-mai 2004).
 
Palmarès : Coupe de l’UEFA 1996 ; Championnat de France 1989, 1990, 1991 et 1992 ; Championnat d'Italie 1993 et 1994 ; Supercoupe d’Italie 1992 ; Coupe de Belgique 1986 ; Coupe de France 1989 ; meilleur buteur de L1 1988 (19 buts), 1989 (22), 1990 (30), 1991 (23) et 1992 (27).
 
Bilan en équipe de France : 54 sélections A, 30 buts (1986-1995). 
 
Bilan en phase finale de Coupe du monde:
1 participation (3e en 1986), 4 matches, 2 buts (1986). 
 
Palmarès Ballon d'Or : vainqueur en 1991.

Classement Ballon d'Or 1991

1. Papin (France, Marseille), 141 points. 
 
2. Matthäus (Allemagne, Inter Milan), Pancev (Yougoslavie, Etoile Rouge Belgrade), Savicevic (Yougoslavie, Etoile Rouge Belgrade), 42 pts.
 
5. Prosinecki (Yougoslavie, Real Madrid), 34 pts.
 
6. Lineker (Angleterre, Tottenham), 33 pts. 
 
7. Vialli (Italie, Sampdoria Gênes), 18 pts.
 
8. Belodedic (Yougoslavie, Etoile Rouge Belgrade), 15 pts. 9. Hughes (Galles, Manchester United), 12 pts.
 
10. Waddle (Angleterre, Marseille), 11 pts. 
 
11. M. Laudrup (Danemark, FC Barcelone), 7 pts.
 
12. Völler (Allemagne, AS Roma), 5 pts.
 
13. Beguiristain (Espagne, FC Barcelone), Chapuisat (Suisse, Borussia Dortmund), Martini (France, Auxerre), McGrath (Eire, Aston Villa), Saunders (Galles, Liverpool), Stoitchkov (Bulgarie, FC Barcelone), 3 pts.
 
19. Mancini (Italie, Sampdoria Gênes), Van Basten (Pays-Bas, Milan AC), 2 pts.
 
21. Buchwald (Allemagne, Stuttgart), Doll (Allemagne, Lazio Rome), Effenberg (Allemagne, Bayern Munich), Gullit (Pays-Bas, Milan AC), Hagi (Roumanie, Real Madrid), Mikhaïlitchenko (URSS, Glasgow Rangers), Pallister (Angleterre, Manchester United), Saravakos (Grèce, Panathinaïkos), Pagliuca (Italie, Sampdoria Gênes), Hellers (Luxembourg, Standard Liège), L. Blanc (France, Naples), 1 pt.
 
Réagissez à cet article
500 caractères max