navas (keylor) (P.Lahalle/L'Equipe)
Ligue des Champions - PSG

20 choses à savoir pour mieux connaître Keylor Navas, le discret gardien du PSG

Le destin est parfois espiègle. Pour ses débuts en Ligue des champions avec le PSG, le Costaricien retrouve le Real Madrid, avec qui il a remporté trois fois le plus prestigieux des trophées européens. Doté d'un caractère exemplaire renforcé par une trajectoire particulière, le gardien semble avoir les atouts pour faire oublier les échecs de ses prédécesseurs. Tour d'horizon de sa vie, et de sa carrière.

Il a failli mourir dès sa naissance
À sa naissance, Keylor Navas ne parvient pas à respirer, et est proche de la mort. En parvenant à décoincer le liquide amniotique coincé dans ses bronches, les médecins ont finalement réussi à le réanimer, sans qu'il n'en conserve de séquelles.
 
Ses parents sont partis gagner leur vie aux États-Unis, il a été élevé par son grand-père
À l'âge de 4 ans, son père est parti à Washington, eldorado pour des Costariciens en difficulté. Quelques mois plus tard, sa mère l'a suivi. Navas a été laissé seul avec son grand-père maternel Juan Gamboa, qui lui a transmis sa sagesse, et sa foi en Dieu.
 
Sa petite taille a longtemps été considérée comme un handicap
À 12 ans, le petit Keylor passe un test avec le club du Municipal Perez Zeledon. Non concluant, le gardien étant jugé trop petit. À ses débuts en pro au Costa Rica, les meilleures équipes ne misent pas sur lui, jugeant sa taille comme un frein. Aujourd'hui, le néo-Parisien mesure 1,85m, en-dessous des standards pour les gardiens, et a pourtant remporté trois Ligues des champions. Le Municipal Perez Zeledon, lui, a fini troisième du dernier Championnat de clôture, et son stade porte le nom de l'ancien Madrilène.
 
Chrétien évangélique, il a une foi en Dieu inébranlable
Son grand-père, qui a eu une grande influence sur son éducation, lui a transmis sa foi. À chaque réussite, le quart-de-finaliste du Mondial 2014 n'oublie pas de remercier le seigneur. Une foi qu'il place au premier plan dans sa vie, bien devant le football. «Dieu vient en premier dans ma vie. Avant chaque match je me mets à genoux, j'ouvre mes bras et je prie», avait-t-il ainsi déclaré à Canal+.
Il a monté les marches du Festival de Cannes à l'occasion d'un film retraçant sa vie
Intitulé «Hombre de Fe» (Homme de foi), le biopic raconte le destin du portier parisien, en insistant sur les moments compliqués qu'il a connus, entre doute et persévérance. Le long-métrage, sorti en 2017, a réalisé le deuxième meilleur score pour un film costaricien.
 
Son transfert au PSG a rapporté gros pour son club formateur
Le club du Deportivo Saprissa, où avait évolué le gardien entre 14 et 23 ans, a reçu 5% du transfert, soit 650 000 euros. Une somme qui correspond à environ 10% du budget de l'un des clubs les plus populaires du pays.
 
Le cinquième Costaricien de l'histoire de la Ligue 1
Il succède à Yeltsin Tejeda et David Ramirez (passés par Evian Thonon-Gaillard en 2015), John Jairo Ruiz, (passé par Lille entre 2012 et 2017) et Joel Campbell (prêté par Arsenal à Lorient en 2011-12).
 
Il a débuté en pro à 18 ans, et n'est parti en Europe qu'à 24 ans
Le 6 novembre 2005, il a joué son premier match en professionnel à 18 ans avec son équipe du Deportivo Saprissa, qu'il avait rejoint quatre ans plus tôt, après avoir été repéré lors du Championnat national de futsal. Des performances qui lui ont permis d'être sélectionné et de briller à la Gold Cup en 2009, étant élu meilleur gardien. En 2010, 90 matches et six titres plus tard, il prend enfin son envol pour l'Europe, direction Albacete en D2 espagnole.
 
Ses débuts en Europe ont été très compliqués
Pour sa première saison en Europe, Navas évolue donc à Albacete. 36 matches et 49 buts encaissés plus tard, lui et son nouveau club sont relégués à l'échelon inférieur. Ne voulant pas jouer à un niveau plus bas, le portier demande à être prêté. Levante se met alors sur l'affaire, lui proposant un prêt d'une saison avec option d'achat. Barré par le portier titulaire Gustavo Munua, il ne dispute que cinq matches de Coupe d'Espagne, et la dernière rencontre de Liga. Suffisant pour convaincre le club valencian de le conserver.
Révélé au grand public en Ligue Europa
Au début de la saison 2012-13, il avait entamé le Championnat espagnol dans la peau d'un remplaçant. Son entraîneur Juan Ignacio Martinez lui avait en revanche fait confiance en Ligue Europa. Pour sa première participation, le petit club de Levante s'était hissé jusqu'en huitièmes de finale, éliminé par le Rubin Kazan. Avec seulement sept buts encaissés en douze matches et des performances remarquées, Keylor Navas avait alors justifié la confiance de son entraîneur. Suite à la mise à l'écart du titulaire Gustavo Munua (impliqué dans un scandale de matches truqués), il avait participé aux sept derniers matches de Championnat. Et disputé la totalité des rencontres de la saison suivante dans la peau d'un titulaire.
 
Élu meilleur gardien de Liga avec Levante
La saison 2013-14 est celle de l'explosion pour l'ancien du Deportivo Saprissa. Avec 16 clean-sheets et seulement 39 buts encaissés, il est le portier ayant réalisé le plus de parades du Championnat (160). Des performances lui permettant d'être élu meilleur gardien. Depuis 2009, il est le seul portier ne jouant pas pour le Real Madrid, le FC Barcelone ou l'Atlético Madrid à avoir eu les honneurs de cette distinction. L'exploit est réel.
 
Une Coupe du monde 2014 extraordinaire avec le Costa Rica
Pourtant dans un groupe très compliqué, le Costa Rica tire son épingle du jeu. Vainqueurs de l'Uruguay 3-1 en ouverture, les coéquipiers du capitaine Bryan Ruiz battent ensuite l'Italie 1-0, avant un match nul 0-0 contre l'Angleterre. Premiers du groupe, les Costariciens sortent ensuite la Grèce en huitièmes (1-1, 5 t.a.b. à 3), avant de chuter aux tirs au but face aux Néerlandais (0-0, 3 t.a.b. à 4). Navas est élu homme du match lors de ces deux rencontres. Avec seulement deux buts concédés en cinq rencontres, il est nommé pour le «Gant d'or» de la compétition, trophée qui sera finalement attribué au champion du monde Manuel Neuer.
 
Le seul Costaricien à avoir évolué au Real Madrid
Ses grandes performances avec Levante et surtout à la Coupe du monde 2014 ont tapé dans l'œil de Florentino Pérez, qui l'engage contre 10 millions d'euros à la fin de l'été 2014. Navas devient alors le premier Costaricien de l'histoire du Real, et seulement le sixième portier étranger à porter le maillot Merengue. Avec le succès que l'on connaît : trois Ligue des champions (2016, 2017 et 2018), un Championnat d'Espagne (2017), deux Supercoupes d'Europe (2016 et 2017), quatre Coupes du monde des clubs (2014, 2016, 2017 et 2018) et une Supercoupe d'Espagne (2017).
Navas, un élément d'expérience non-négligeable pour le PSG en Ligue des champions. (L.Argueyrolles/L'Equipe)
Navas, un élément d'expérience non-négligeable pour le PSG en Ligue des champions. (L.Argueyrolles/L'Equipe)
Il a rencontré sa femme à l'église
Keylor Navas a l'habitude d'aller à l'église deux fois par semaine. C'est à l'occasion d'une messe qu'il a rencontré sa future femme, dans une église évangélique de Santa Ana en 2008. Andrea Salas est une ancienne top-model, qui a mis sa carrière en suspens après sa rencontre avec le portier. Ensemble, ils ont eu un enfant, Mateo, né en 2014.
 
Le Costaricien le plus suivi sur Twitter
2,59 millions d'abonnés. Comparé à son nouveau coéquipier Neymar (44,2 millions), cela peut paraître peu. Mais à l'échelle de son pays, qui comporte 4,9 millions d'habitants, le chiffre est impressionnant. Cela le classe largement en première position des personnalités les plus suivies de son pays, où ses compatriotes le considèrent comme une véritable idole. «C'est l'une de nos trois légendes vivantes, avec Franklin Chang-Diaz, sélectionné comme astronaute par la Nasa en 1980, et Oscar Arias Sánchez, notre ancien président et prix nobel de la paix», a ainsi déclaré à So Foot Jaime Ordoñez, directeur de l'Instituto Centroamericano de Gobernabilidad.
 
Il a failli partir pour Manchester United à l'été 2015
31 août 2015. Après le départ d'Iker Casillas, le Real Madrid est à la recherche d'un grand gardien pour le remplacer, considérant Keylor Navas comme une simple doublure. David de Gea est alors contacté, et, en ce dernier jour de mercato, doit signer chez les Merengue, en échange du Costaricien. Le transfert est bouclé, et les deux gardiens ont prévenu leurs coéquipiers de leur départ. Seul problème : le fax de confirmation du transfert devait parvenir avant 23h59 à la fédération espagnole, et est envoyé deux minutes trop tard. La transaction est donc annulée, et chacun rentre chez soi. Si cette fameuse histoire de fax est bien connue, on oublie souvent qu'elle incluait aussi le néo-Parisien. Pour la réussite que l'on connait avec la Maison Blanche.
 
Il a aussi la nationalité espagnole
En décembre 2014, quatre mois après son transfert au Real Madrid, Navas obtient la nationalité espagnole, grâce à ses trois années de résidence sur le territoire. «C'est un jour très important dans ma vie personnelle et professionnelle», confie-t-il. Sa double nationalité libérait à l'époque une place d'extracommunautaire (limités à trois) au Real Madrid.
Il a récemment refusé une convocation avec le Costa Rica
Sélectionné pour la Gold Cup 2019 au Pérou avec sa sélection nationale, Keylor Navas a décidé de refuser l'invitation. La raison ? Le flou sur sa situation au Real Madrid. «Il n'est pas dans les meilleures conditions pour faire partie de l'équipe nationale. [...] Il ne se sent pas capable d'être concentré à 100%», avait ainsi déclaré son sélectionneur, Gustavo Matosas. Son transfert au PSG réglé, l'ancien Madrilène a accepté la convocation suivante, pour une défaite 2-1 contre l'Uruguay le 7 septembre dernier.
 
Une mentalité irréprochable
Au Real Madrid, Keylor Navas n'a pas toujours eu la vie facile. Loin de là. Pour sa première saison, en 2014-15, il a dû faire face à la concurrence d'Iker Casillas, légende du club. Une première saison d'adaptation, avant l'éclosion un an plus tard, couronnée par une première Ligue des champions. Le Costaricien est irréprochable, et entend pourtant les noms de Courtois ou De Gea parcourir les travées du Bernabeu pour lui succéder. Pas assez "Galactique" aux yeux des supporters madrilènes. Une injustice qui ne l'empêche pas de continuer à travailler, et donner son maximum. Et entendre à chaque mercato le même son de cloche, jusqu'à l'arrivée de Courtois à l'été 2018, sonnant le glas de sa carrière à la Maison Blanche. Pourtant, pas une fois on ne l'a entendu se plaindre, ou réclamer. Un statut d'anti-star qui devrait coller avec sa mission au PSG, habitué aux déceptions à son poste.
 
Réputé pour ses performances dans les grands matches
Si le Real Madrid a remporté trois Ligue des champions d'affilée entre 2015 et 2018, il ne le doit évidemment pas qu'au retour de Zinédine Zidane, ou aux performances remarquées de Cristiano Ronaldo. En trois ans, Keylor Navas a multiplié les parades décisives en Europe, insufflant à ses partenaires une confiance évidente. Santiago Canizares, ancien gardien de Valence et de la sélection espagnole, soulignait ainsi sa faculté à «se sublimer dans les grandes compétitions. Plus le niveau s'élève, meilleur il est. Il a cette capacité à toujours rester concentré tout au long du match et à s'extirper de la pression». Un résumé de tout ce qu'il doit apporter au PSG.
Antoine Malosse
Réagissez à cet article
500 caractères max
PHILTHIBAUT 18 sept. à 16:03

Détrôné par Courtois en 2019.

PHILTHIBAUT 18 sept. à 15:52

Détrôné par Courtrois en 2019/

ADS :