v.l. Diego Figueiras, Thorgan Hazard (Gladbach)Fussball Europa League, Zwischenrunde Rueckspiel, Borussia Moenchengladbach - FC Sevilla 2:3 *** Local Caption *** (D.R)
Ligue Europa - Thorgan Hazard

À l'Est d'Eden

Tandis que son frère aîné brille à Chelsea, Thorgan Hazard s'est posé loin de là, à Mönchengladbach, chez le troisième de la Bundesliga, où il trouve enfin équilibre et reconnaissance.

Lens, Chelsea, Zulte-Waregem, Chelsea, Zulte-Waregem, Chelsea, Mönchengladbach. Depuis trois ans, la carrière de Thorgan Hazard, 22 ans, est loin d'être un modèle de stabilité. Lui-même l'acquiesce. «J'ai signé à Mönchengladbach pour trouver un équilibre. J'ai souvent été prêté, à un moment donné t'as envie de te poser... Surtout que j'ai une famille maintenant, donc les déménagements deviennent un peu pesants. Ici, je peux avoir mes repères pour un long moment.» Le Borussia Mönchengladbach, troisième du Championnat d'Allemagne, a décidé d'offrir au jeune attaquant belge un contrat de quatre ans l'hiver dernier alors qu'il n'était que prêté sans option d'achat par Chelsea. Environ 8 millions d'euros ont été nécessaires pour convaincre les Blues. «On avait dit non au début à l'option d'achat, mais comme ça se passe très bien, que le club est structuré, que la Belgique n'est pas loin, c'est bien pour moi. Chelsea a accepté donc tout le monde était content.»

«J'espère un jour retourner à Chelsea»

«Partir n'a pas été une décision facile, mais c'était la bonne. J'aurais voulu jouer avec mon frère mais je suis réaliste, pour l'instant, ce n'est pas possible. Mais ça reste dans un coin de ma tête.»
Le frère d'Eden n'aura jamais porté le maillot de Chelsea, club qui l'avait fait venir de Lens en 2012. Lens où il n'aura joué que quatorze petits matches (six titularisations) en Ligue 2, pour aucun but. «J'étais jeune, le club n'allait pas trop bien. Je ne jouais pas souvent. Les supporters ne souhaitaient qu'une chose : qu'on fasse remonter le club, se souvient-il. Finalement, on a plus joué le maintien. Quand tu es jeune, avec de la pression, ce n'est pas facile pour exploser. Et je ne jouais pas forcément à mon poste. Ça m'a fait du bien de partir à Chelsea.» Avec un petit coup de main d'Eden à l'époque ? «Non, non ! C'est mon agent qui m'avait demandé si ça m'intéressait. Je n'ai pas hésité une seule seconde.» Chelsea le prête à Zulte-Waregem en Belgique. Résultat : 22 buts toutes compétitions confondues et un titre de meilleur joueur du Championnat, en deux ans. Thorgan se rappelle encore s'être mis une pression en arrivant au plat pays. «Si je m'étais planté, ç'aurait été très dur de remonter la pente. Je n'ai pas douté, j'ai fait une bonne saison. Ma progression était constante.» De retour l'été dernier à Chelsea, Thorgan discute même avec un certain José Mourinho. «Il m'avait dit de continuer comme ça. Il m'expliquait qu'il regardait de temps en temps les matches en Belgique. C'est la seule fois que je l'ai vu.» Et peut-être la dernière puisque Chelsea a accepté de vendre son joueur en janvier, tout en incluant une clause de rachat pour les années futures. «Quand j'ai signé à Chelsea, je savais que j'allais être prêté et que je n'allais pas y jouer tout de suite. Partir n'a pas été une décision facile, mais c'était la bonne. J'aurais voulu jouer avec mon frère mais je suis réaliste, pour l'instant, ce n'est pas possible. Mais ça reste dans un coin de ma tête. J'espère un jour retourner à Chelsea. Si je deviens un très bon joueur de Bundesliga, pourquoi pas ?»
Thorgan Hazard sous le maillot des Sang et Or en 2011 (L'Equipe)
Thorgan Hazard sous le maillot des Sang et Or en 2011 (L'Equipe)

«On ne me voit plus comme le frère d'Eden. C'est Thorgan Hazard !»

Le voilà désormais loin de l'Angleterre et loin d'Eden Hazard avec qui les comparaisons ne cesseront pas de fleurir. «Forcément, ce n'était pas facile, parce que tout le monde connaît Eden. C'était plus dur au centre de formation où là ça parle beaucoup, mais dès que tu commences à jouer, les gens arrêtent de comparer. Ç'a été le cas en Belgique, mais aussi en Allemagne. Maintenant, on ne me voit plus comme le frère d'Eden. C'est Thorgan Hazard !  Ça se passe comme ça depuis que j'ai quatorze ans mais je ne me focalise pas là-dessus. C'est le milieu qui veut ça. Il faut faire avec et tracer son propre chemin. C'est ce que je suis en train de faire.» Même si s'imposer dans un grand Championnat européen prend du temps. Depuis le début de la saison, Thorgan Hazard n'a été aligné que six fois dans le onze de départ de Mönchengladbach en Bundesliga. Il a surtout joué en Ligue Europa. «Ici, c'est le Top 3 européen. Ce n'est pas du tout la même chose qu'en Belgique. C'est très costaud, il a fallu que je m'adapte. C'est plus physique, plus tactique, plus technique. C'est un jeu plus propre aussi. Maintenant que je m'y suis fait, je vais pouvoir essayer de m'imposer.» La présence du Suisse Lucien Favre, francophone comme lui, à la tête de l'équipe l'a également aidé pour s'intégrer. «C'est une des raisons pour laquelle j'ai signé. J'ai une bonne relation avec lui, il m'explique bien ce qu'il attend de moi. Ça me permet d'être meilleur.» Et de continuer à marcher, petit à petit, sur les traces de son frère.

Timothé Crépin
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