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A lire cette semaine dans France Football : National 3, Bastia, saison zéro

Passé en un été de la première à la cinquième division, le Sporting réapprend à vivre. Autrement, mais avec enthousiasme et espoir.

C'est dans un huis clos urbain à Corte que le Sporting Club Bastia est revenu à la compétition, en National 3, le week-end dernier. L'histoire ne retiendra pas le score face à l'US Pontet-Avignon (1-1). Elle retiendra que Bastia, la saison du quarantième anniversaire de son épopée européenne qui l'amena en finale de la Coupe UEFA face au PSV Eindhoven, est toujours là, vivant, mais au plus bas échelon du football national, l'équivalent de la cinquième division.

Il y a un an, ses adversaires étaient le PSG, Lyon ou Saint-Etienne. Ils sont aujourd'hui parsemés entre le Cannet, Gémenos, Aubagne, Lucciana ou Île Rousse, entre Corse et Méditerranée. Ce groupe D de N3 a commencé sans lui, fin août. Le SCB n'avait alors qu'un embryon d'équipe, un club encore à l'agonie dans le marasme de la reprise sur des braises incandescentes d'une faillite monumentale à l'échelle de l'Île. Début septembre, le Tribunal de commerce venait simplement d'entériner la liquidation définitive de la SASP avec une ardoise de 21 ME. 47 personnes sont sur le carreau, sans compter tous les sous-traitants du club impactés économiquement et socialement par ce sinistre.
Un crowfunding de près de 243 000 euros à ce jour pour plus de 4 700 donateurs prêts à mettre encore de leur poche pour sauver le SCB.
Le cœur du football corse est quand même reparti. Grâce aux socios qui ont maintenu la flamme de l'espoir, dans un premier temps, auprès des jeunes. Ils ont lancé un vaste "téléthon" qui a débouché sur un crowfunding de près de 243 000 euros à ce jour pour plus de 4 700 donateurs prêts à mettre encore de leur poche pour sauver le SCB. Deux entrepreneurs locaux d'envergure, Claude Ferrandi, le nouveau président, et Jean-Noël Luiggi, le patron de la société Oscaro, ex et nouveau sponsor maillot du Sporting, ont écopé pour reprendre l'association avec un trou, également, de 1,2 ME. Grâce à eux, Bastia n'est pas reparti en Championnat régional.

Un budget de 1,6 ME a été monté pour notamment relancer une équipe en N3 avec à sa tête Stéphane Rossi. Le contre-la-montre est lancé. Bastia fait avec les moyens du bord. Des anciens pros ou ex-du club comme le milieu Gary Coulibaly (31 ans, passé aussi par Monaco, l'AC Ajaccio, Leviadakos), le défenseur Maka Mary (28 ans, ex-Le Havre, Paris FC) ou Anthony Derouard (Le Mans, Luzenac, CA Bastia) répondent d'emblée au SOS. Des jeunes de l'ancienne structure habitués au CFA2 sont rattrapés in-extremis en pleine nature comme Nicolas Medori, Hassim Traoré, Jérémi Santini ou Julien Romain. Bastia est encore bancal mais peut compter sur un énorme soutien populaire. Quatre ou cinq renforts de poids sont sur le point de signer. Ce sont tous des anciens du club (Benhaïm, Mesbah, Diallo, Martin) et peut-être Cioni ou Palmieri (qui a résilié à Lille et s'entraîne avec Bastia). Ces bonnes nouvelles claquent comme une bouffée d'air. Ces noms comme l'espoir d'une remontée expresse dans la hiérarchie. Mais le vrai point de départ du renouveau sera quand les Bastiais remettront les crampons sur la pelouse d'Armand-Cesari. Ce retour est prévu, mi-octobre, contre la réserve de l'AC Ajaccio.
François Verdenet

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ricoco42 21 sept. à 21:30

De tout coeur avec le SC Bastia, un club historique ! Strasbourg nous a montré que c'était possible, allez les bleus !!!

florent02 21 sept. à 12:20

En 2014, Cannes (ancien de L1, L2 et National et adversaire de Bastia lors de son passage en 3ème division) était tombé au niveau 7. Re-démarrage au plus bas.3 ans plus tard, Cannes est dans le même groupe que Bastia. Un autre club corse, Ajaccio était tombé au niveau 7 dans les années 1975 et est remonté jusqu'en L1 dans les années 2000.Donc les remontées sont possibles, avec un peu de patience.