(Reuters)
Le tacle à retardement de Julien Cazarre

À lire dans France Football cette semaine, le dernier tacle de Julien Cazarre : La fève du samedi soir

Comme chaque semaine, Julien Cazarre glisse son tacle à retardement dans France Football. Il revient cette fois sur la finale de Coupe de la Ligue entre Strasbourg et Guingamp.

Ben voilà, ça y est, on l'a eue notre finale sans le PSG ! Ah, ça fait du bien, depuis le temps qu'on l'attendait. Ras-le-bol de la bande de danseuses à repetto du Parc des Princes qui venait inlassablement prendre les titres nationaux sans même avoir à se battre... Les mecs arrivaient en moonwalk et repartaient avec la coupe sous le bras en pas chassés. Là au moins, on n'était pas pollués par les grigris méprisants de Neymar ni les accélérations prétentieuses de Mbappé. On a eu un match du terroir, un match d'hommes, un match de guerriers... Après, c'est un peu con... nous, on attendait un match de foot.

Mais si, le foot, vous savez ? Le truc qui fait vibrer, rêver, se lever de son siège à la manière d'un ancien socialiste qui vient d'apprendre qu'un banquier est devenu président... Un genre de bonheur inexplicable et irrationnel. Là, c'était tout simplement une énorme purgeasse télévisuelle. À un moment du match, j'ai envié Nolan Roux, pas seulement parce qu'il n'allait pas être obligé de finir cette chamaillerie de chefs de chantier mais, surtout, parce qu'avec son œil gauche complètement poché, il ne verrait que la moitié de ce spectacle affligeant, à faire passer la cérémonie des trophées UNFP pour le Cirque du Soleil.
À un moment du match, j'ai envié Nolan Roux, parce qu'avec son oeil gauche complètement poché, il ne verrait que la moitié de ce spectacle affligeant.
L'ironie du sort qui vous arrive toujours comme un concombre à la verticale sur un fauteuil de nudiste, a fait perdre l'EAG sur une séance de tir aux buts... Eux-mêmes s'étaient qualifiés en demi-finales grâce à trois penalties au Parc. Et l'ironie du sort qui revient souvent comme un deuxième concombre planqué sous le premier fait faire une Panenka à Liénard, avec pouces vers le flocage de son maillot après avoir battu à l'arrache une équipe qui lutte pour le maintien... Liénard, qui, comme ses coéquipiers, trouvait que Neymar chambrait trop... En même temps, le public de la Meinau chante souvent «Nous on n'a pas Neymar mais on a Liénard»... Tout se recoupe. Le pauvre Dimitri qui, en fin de match, s'excusait presque du contenu en prétextant « une pelouse pas terrible et un ballon pas terrible ». Oui, ben, c'est drôle, nous on trouvait surtout les joueurs pas terribles. Il a terminé en disant que son péno était un hommage à Zidane. On se doute bien que les vingt minutes qui précédaient étaient plus un hommage au cécifoot.

Mais qui pouvait vraiment s'étonner de ce mauvais épisode de L'Inspecteur Derrick ? On avait le plateau parfait du 0-0 : deux équipes de Ligue 1, bien Ligue 1... Une pelouse pourave bien Ligue 1... Un samedi soir bien Ligue 1... Et bam ! 0-0 ! Merci les copains (avec un rab de trente minutes parce que c'est jour de fête). D'ailleurs, c'était une finale bien «gilets jaunes» sans les parvenus, dont on souhaite que l'un parte avec sa cheville au Brésil et l'autre aille vraiment nous faire rêver au Real. Prévert disait : «On reconnaît le bonheur au bruit qu'il fait quand il s'en va.» Là, tu te dis le gars, il cite Prévert, c'est pas un guignol, respect... Sauf que j'ai eu mon bac à vingt-deux berges et j'en ai rien foutu. Alors, je mérite autant de respect pour ma citation que Llacer pour sa reprise de volée contre Caen en 1994 ? Ça s'appelle un éclair de blaireau.

Julien Cazarre
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corinne.barman 6 avr. à 10:36

Bravo Mr. Cazzare mais malgré tout il faudra qu’on m’explique comment un pays qui produit autant de talent peut en arriver là c’est le mystère à la Française pour le problème c’est la philosophie des entraîneurs qu’il faut changer, car le championnat français vaut mieux que les pleurnichées de Mr. Aulas et de Mr. Garcia bravo au FC. Reims au FC. Strasbourg au FC. Nîmes et au FC. Amiens, un Suisse qui aime votre championnat BJJ

Pelao78 5 avr. à 13:17

Oh oui magnifique finale entre 2 clubs de vrais prolo dont les joueurs, c est bien connu, sont obligés de cumuler 2 emplois pour joindre les 2 bouts à la fin du mois...merci pour cette fête de 120 minutes à 0-0, c’était magique et merci pour ce commentaire totalement demago

rafou6757 4 avr. à 17:19

1 article digne d'1 comique fan du PSG défendant la nomenclature parisienneUn peu facile avec l'argent du QUATARMais qu'a t'il montré le PSG en Champion's League? La risée de l'Europe, avec plus de 500 millions € de budgetLe match était de piètre qualité mais cela a été une fête populaire avec aucune violence et dégradationA Lille, superbe hôte, ce fut festif, convivial entre supportersUne ambiance réelle de foot et non une ambiance bling bling de bobos parisien nombriliste

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