(F. Seguin/L'Equipe)
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A lire dans France Football cette semaine, un entretien croisé Dahleb-Ben Arfa : «Dur de résister pour les artistes»

Quand un artiste rencontre un autre artiste, qu'est-ce qu'il se passe ? FF a réuni Mustapha Dahleb, ancien joueur du PSG, et Hatem Ben Arfa. Trente-cinq ans les séparent mais ils partagent une passion pour le beau. Un débat entre deux romantiques où le plus nostalgique n'est pas forcément le plus vieux. Découvrez des extraits de cet entretien à lire en intégralité dans le numéro du mardi 4 avril.

Etre un artiste, c'est encore possible ?

Mustapha Dahleb : «Heureusement qu'il y en a encore. Ce doit être un état d'esprit commun. Quand je suis arrivé à Paris, notre président ne comprenait pas qu'on joue à l'extérieur d'une autre manière que celle qu'on avait à la maison. "Jouez ! Jouez !", il n'avait que cela à nous dire. Et Just Fontaine (son entraîneur de l'époque) ronchonnait si on passait deux trois fois la balle derrière.»
Hatem Ben Arfa : «C'est plus dur de résister. On est un peu tout seul pour partir à la guerre. On n'est pas protégé alors qu'on en a besoin. On est toujours dans la critique, dans le défaut. J'aurais aimé jouer à son époque. La seule chose que la génération Dahleb peut nous envier, c'est l'argent...»

L'évolution du football

Hatem Ben Arfa : «C'est l'évolution de la vie en général qui peut faire peur. Tout est trop commandé par l'intérêt. Tout est "trop". Trop de normes, trop d'enjeux. Si tu sors du moule, on te rejette. Tout est stéréotypé.»
Mustapha Dahleb : «Et ça commence dès la formation. Dès qu'un gamin a des capacités avec la balle, on entend des "Lâche ta balle !", "Lâche ta balle !". Ce n'est pas logique. Le jeu d'Hatem, c'est de faire la différence. Nous sommes des individualistes pour la collectivité.»

Sur les entraîneurs actuels

Hatem Ben Arfa : «Beaucoup d'entraîneurs sont persuadés d'inventer le football sous prétexte qu'ils cherchent et trouvent le système pour bloquer l'adversaire. Avec eux, il n'y a plus de plaisir. Moi, j'aime bien les Sud-Américains : Bielsa, Sampaoli. Il y a beaucoup de rigueur, beaucoup de travail mais ils laissent la possibilité de l'instantanéité. »
Mustapha Dahleb : «Dans les clubs, les entraîneurs se suivent et ne se ressemblent pas du tout. Il n'y a pas de ligne directrice. On repart chaque fois de zéro. J'entends que Paris doit partir sur autre chose que l'époque Blanc. On ne rebâtit pas une équipe parce que l'entraîneur est parti. A Barcelone, l'entraîneur part, on prend l'adjoint ou celui qui garde une même philosophie. On garde cette ligne directrice.»
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RYO 6 avr. à 20:27

Le foot est devenu très mécanique pour ne pas dire automatisé. La majorité des entraineurs aiment télécommander leurs joueurs comme s'ils jouaient à la Play Station. La créativité et le beau jeu en payent le prix.