garcia (rudi) (A.Martin/L'Equipe)
Ligue 1 - Lyon

À Lyon, Rudi Garcia a encore du boulot

Fort de deux victoires et d'un nul depuis l'arrivée de Rudi Garcia sur le banc, l'Olympique Lyonnais a retrouvé une moyenne de points plus conforme à son statut en Ligue 1. Dans le jeu, il reste néanmoins (beaucoup) de travail. Et l'OL sera privé de deux habituels titulaires au Vélodrome...

Si l'on s'en tient aux chiffres, le constat est implacable : oui, l'Olympique Lyonnais va mieux depuis que Rudi Garcia a succédé à Sylvinho, le 14 octobre dernier. Cela s'est d'ailleurs immédiatement traduit sur le plan comptable puisque les Lyonnais trustent désormais la dixième place du Championnat (ils étaient quatorzièmes au moment du limogeage de l'entraîneur brésilien) et ont de vraies chances de se qualifier pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions (après la première victoire à domicile du club rhodanien en C1 depuis trois ans, mercredi soir contre Benfica). Voilà pour l'arithmétique. Dans le jeu, tout ne tourne pourtant pas si rond.

Plusieurs meneurs, peu de jeu

«Abondance de biens ne nuit pas.» D'origine latine, le proverbe n'a jamais dû convaincre le rigoureux Sylvinho. Durant sa courte expérience lyonnaise, l'entraîneur brésilien a même semblé persuadé du contraire. Très (trop ?) prudent, il s'est toujours refusé à aligner ses quatre meilleurs éléments offensifs simultanément. Tout le contraire de Rudi Garcia, qui ne souhaite pas trancher entre Memphis Depay et Moussa Dembélé pour occuper l'axe de l'attaque lyonnaise. Le nouvel entraîneur de l'OL a même décidé d'entourer le duo d'Houssem Aouar et de Jeff Reine-Adélaïde. Sur le papier, le nouveau onze de départ lyonnais laissait ainsi augurer de belles choses. Dans les faits, certaines individualités semblent peiner à trouver leurs marques dans ce nouveau dispositif.

Si Houssem Aouar a brillé couloir gauche lors de la réception du Benfica, Jeff Reine-Adélaïde a paru beaucoup plus emprunté à l'opposé. Plus à l'aise dans une position axiale (zone dans laquelle il avait été l'auteur de gestes de grande classe à Toulouse, trois jours plus tôt), l'ancien Angevin n'a pas le même rayonnement lorsqu'il est contraint de défendre un couloir. Mais au-delà du cas des deux internationaux Espoirs, c'est l'animation offensive globale de l'OL qui interroge. En dehors d'un éventuel exploit individuel dont Memphis Depay est coutumier depuis le début de saison, on continue de régulièrement se demander comment les Lyonnais comptent s'y prendre pour inscrire un but. D'autant plus que la relation technique entre l'international néerlandais et Moussa Dembelé tarde à s'améliorer. En creux, une impression domine : celle que les résultats des Gones continueront de dépendre des gestes de classe dont certains de ses joueurs sont capables.

Manque de maitrise

Grâce aux derniers résultats, Rudi Garcia s'est toutefois offert du temps pour tenter de faire émerger une véritable force collective sur le plan offensif. Plus inquiétant, le technicien ne semble pas encore avoir trouvé la réponse à un autre mal qui ronge l'OL depuis plusieurs saisons : le manque d'équilibre. Mercredi soir, le second acte a par moments rappelé les moins bonnes sorties lyonnaises de la saison dernière. Alors qu'ils menaient tranquillement, par deux buts d'avance, les Lyonnais sont ainsi apparus très fébriles au retour des vestiaires, après la sortie de Memphis Depay (46e). Et sans un bel arrêt d'Anthony Lopes peu avant l'heure de jeu, le match aurait pu prendre une toute autre tournure (3-1 au coup de sifflet final).

Face à Toulouse et Metz, déjà, les Lyonnais avaient également été en grande difficulté à la perte du ballon. Au Stadium, Les Violets avaient ainsi profité des transitions défensives (beaucoup) trop lentes de leur adversaire du jour durant toute la rencontre. Avec un brin de réussite supplémentaire, les joueurs d'Antoine Kombouaré (17es au coup d'envoi de la rencontre) auraient même pu l'emporter ce soir-là. C'est dire le chemin qu'il reste à parcourir à l'OL défensivement.

Des absents de marque

Dans la Ville Rose et alors que les deux équipes s'apprêtaient à partager le point du match nul, c'est Memphis Depay qui avait offert la victoire à ses coéquipiers. Mais le Batave, auteur ce soir-là d'un numéro dont il a le secret, comme une semaine plus tôt face à Metz, ne sera pas du déplacement au Vélodrome. En plus de son joueur le plus décisif (11 buts et une passe décisive depuis le début de la saison), Rudi Garcia sera également privé de Lucas Tousart (suspendu), rouage essentiel du système défensif lyonnais.
Souvent décrié pour sa propension à jouer vers l'arrière, le numéro 29 pourrait malgré tout cruellement manquer au milieu de terrain des Gones ce dimanche soir. S'il n'est pas le joueur le plus à l'aise techniquement de l'effectif, le récupérateur court souvent pour deux et ne rechigne jamais à la tâche. Depuis l'arrivée de Rudi Garcia sur le banc, Lucas Tousart a ainsi disputé 65 duels (en 5 rencontres). À titre de comparaison, Thiago Mendes n'en a disputé que 19 (pour une titularisation de moins). Pour pallier l'absence de deux de ses tauliers au Vélodrome, c'est tout le collectif lyonnais qui devra hausser le ton.
Thymoté Pinon
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