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Ligue Europa - Osmanlispor

Adrien Regattin (ancien de Toulouse parti à Osmanlispor) : «Franchement, je m'éclate»

Arrivé en fin de contrat cet été à Toulouse, après sept saisons au club, Adrien Regattin a décidé de mettre le cap sur la Turquie, et Osmanlispor. Son choix, ses objectifs, sa nouvelle vie, l'international marocain nous dit tout.

«On vous a annoncé du côté de l'OM, d'Alavés et surtout de Saint-Etienne, on vous retrouve finalement à Osmanlispor. Pourquoi ce choix ?
C'est vrai qu'on m'a annoncé un peu partout, mais il y avait beaucoup de rumeurs dans tout ça. Il n'y a qu'avec Saint-Etienne que j'ai réellement parlé. Mais au final, pour diverses raisons, ça ne s'est pas fait.
 
Et quelles sont ces raisons ?
C'est le foot. J'ai été longtemps en contact avec le coach (Christophe Galtier), tout se passait bien et j'étais vraiment intéressé mais il fallait que des joueurs partent pour que je puisse signer. Au final, ils sont restés, et ça n'a donc pas pu se faire. Pour une question de budget, et parce qu'il y avait déjà un groupe très élargi, surtout à mon poste.
 
Et avec l'OM ?
Je n'ai discuté avec personne à l'OM. On a parlé de moi aussi à Lorient, Nantes, Montpellier ou Bordeaux, mais ce n'était que des rumeurs. J'ai eu en revanche des contacts avec plusieurs clubs espagnols, ça m'intéressait, mais on n'a pas réussi à trouver d'accord.
«J'ai joué sept ans ici, j'ai un peu fait le tour, j'étais dans un cocon et je voulais du nouveau, découvrir autre chose, une autre culture. Quitter mon confort et me mettre un peu en difficulté pour évoluer en tant que joueur et en tant qu'homme.»
Comment êtes-vous arrivé à Osmanlispor alors ?
En France, il n'y a que Saint-Etienne qui m'intéressait. Sinon, j'avais vraiment envie de tenter une aventure à l'étranger. J'ai joué sept ans ici, j'ai un peu fait le tour, j'étais dans un cocon et je voulais du nouveau, découvrir autre chose, une autre culture. Quitter mon confort et me mettre un peu en difficulté pour évoluer en tant que joueur et en tant qu'homme. Osmanlispor me voulait depuis un moment. Ils ont un projet très intéressant, avec une bonne équipe, des superbes installations. Et le fait qu'ils soient qualifiés pour la Ligue Europa a aussi pesé dans la balance. Sans compter la ferveur dans les stades là-bas. C'est bouillant, et j'adore ça.
Adrien Regattin à l'entraînement. (D.R)
Adrien Regattin à l'entraînement. (D.R)
Le côté financier a aussi joué un rôle, non ? 
On ne va pas se mentir... En France, t'es imposé à 45%, tu donnes quasiment la moitié de ton salaire, alors que là-bas c'est net d'impôt. Donc, oui, ça joue. Je ne vais pas me plaindre, il y a pire dans la vie. On a la chance d'être footballeur, on fait un métier extraordinaire, on se lève le matin pour taper dans un ballon, c'est ce que je rêvais de faire depuis gamin. Mais au final, la différence en termes d'imposition est colossale.
 
A 24 ans, ne craignez-vous pas de disparaitre un peu de la circulation ?
Non, si je fais mes matches, en Championnat et en Coupe d'Europe, que je suis décisif, il n'y a aucune raison que je tombe dans l'anonymat. Le Championnat turc est d'un très bon niveau, et il y a de plus en plus d'anciens joueurs de Ligue 1 qui viennent ici, comme Cheikh Diabaté ou Vagner Love. Je ne pense vraiment pas avoir fait le mauvais choix. Je préfère disputer la Coupe d'Europe, jouer tous les trois jours et viser le haut de tableau en Turquie que lutter pour le maintien dans un autre Championnat...

«Cette "remontada", ça a été des émotions incroyables»

Vous avez quitté Toulouse, libre, après sept saisons au club. Était-ce un choix de votre part de ne pas prolonger ou est-ce le club qui ne vous a rien proposé ?
A l'été 2015, les dirigeants m'avaient proposé de prolonger deux ans, mais je ne voulais pas, je voulais partir. J'ai donc demandé au président de me vendre, pour que le club récupère un peu d'argent puisqu'il ne me restait plus qu'un an de contrat. Il a refusé de me laisser partir et m'a dit que ce n'était pas grave si je partais libre cet été. J'ai donc respecté son choix, et il a respecté le mien.
 
Et les dirigeants ne sont pas revenus à la charge cet été ?
Le coach, Pascal Dupraz, est venu me demander ce que je voulais faire. Je lui ai dit que je voulais partir. Pas parce que je n'aimais pas le club, bien au contraire, je lui dois tout, c'est Toulouse qui m'a donné ma chance, j'apprécie tout le monde mais j'avais besoin d'un nouveau challenge. Et partir sur ce maintien arraché à la dernière journée, c'était quelque chose d'extraordinaire. C'était fou, cette "remontada", ça a été des émotions incroyables.
L'ancien Toulousain est heureux en Turquie. (D.R)
L'ancien Toulousain est heureux en Turquie. (D.R)
Comment se passe votre intégration au sein de votre nouvelle équipe ?
Ça ne fait que dix jours que je suis là mais c'est vraiment le top. Tout le monde m'a très bien accueilli, les joueurs et le staff. Les gens sont très gentils, à l'écoute et attentionnés. Ils te chouchoutent, te demandent si tu vas bien, si ta famille va bien... Ils ne te laissent pas dans la nature. Comme il y a des joueurs francophones et d'autres anglophones, il y a au club un traducteur français et un autre anglais. Tout est parfaitement organisé, très professionnel, vraiment. Quand on est au vert, on a chacun notre chambre au centre technique, avec un cuisinier, un diététicien, plusieurs kinés, des docteurs... Même en France, on ne trouve pas ça partout.
«J'avais en fait trois critères en tête. D'abord le côté sportif, puis le financier et enfin la qualité de vie. Ici, j'ai tout. Et je peux suivre ma religion tranquillement.»
Et votre nouvelle vie ? Le pays, la langue, la nourriture, ça doit vous changer...
Oui, mais franchement je m'éclate. Je suis dans une grande et superbe ville (Ankara), j'aime bien me promener avec ma femme, faire les magasins, aller dans des petits restos... Et ici, il y a tout. La qualité de vie est top. Et c'est un pays musulman. Moi qui suis musulman c'est un vrai plus. J'avais en fait trois critères en tête. D'abord le côté sportif, puis le financier et enfin la qualité de vie. Ici, j'ai tout. Et je peux suivre ma religion tranquillement.

Après trois journées, le club est cinquième (1 victoire, 2 nuls). Comment trouvez-vous l'équipe ?
Très bonne. Elle n'a perdu que deux fois lors de ses vingt-cinq derniers matches. Ils ont fait une deuxième partie de saison dernière énorme, et on surfe sur ça. Comme je suis arrivé tard, je n'ai joué que le dernier match, à Trabzonspor, un gros de Turquie. Et on a gagné logiquement chez eux (2-0). On a dominé, on a sorti un gros match. Ça tourne vraiment bien...

Et quels sont ses objectifs ?
Le club est très ambitieux. L'objectif est clairement de se stabiliser dans le top 5 en Championnat et d'essayer d'embêter les trois gros, Galatasaray, Fenerbahçe et Besiktas. Après, pourquoi pas gagner une Coupe et aller le plus loin possible en Ligue Europa...

«Moi, j'ai été viré de Montpellier à 14 ans, et heureusement Toulouse m'a donné une deuxième chance. Je n'oublierai jamais ce qu'ils ont fait pour moi. Aujourd'hui, je suis vraiment heureux d'être là où j'en suis, je vis tout pleinement.»
Avez-vous déjà en tête ce que vous souhaitez faire par la suite ? Vous êtes-vous fixé un plan de carrière ?
Pas du tout. J'espère juste découvrir plusieurs pays, plusieurs cultures, peut-être parler plusieurs langues. On fait un métier extraordinaire. Moi, j'ai été viré de Montpellier à 14 ans, et heureusement Toulouse m'a donné une deuxième chance. Je n'oublierai jamais ce qu'ils ont fait pour moi. Aujourd'hui, je suis vraiment heureux d'être là où j'en suis, je vis tout pleinement. J'ai envie de découvrir, de profiter à 100%, de m'éclater. Le reste, on verra après...
 
Vous comptez une sélection avec le Maroc (en 2012). La CAN arrive à grands pas (du 14 janvier au 5 février 2017) et le Maroc est déjà qualifié. Est-ce un objectif pour vous ?
Bien sûr. J'ai envie de revenir en sélection. Ma première cape, c'était une grande fierté. J'ai forcément envie d'y retourner. A moi d'être bon avec mon club...
 
Avez-vous des contacts avec Hervé Renard, le sélectionneur ?
Oui, il prend de mes nouvelles, on s'envoie des textos, on reste en contact...
 
Que peut-on vous souhaiter de plus pour cette saison ?
Continuer de m'éclater, de prendre du plaisir, mais surtout la santé pour moi et ma famille. C'est ça le plus important. Le reste, c'est secondaire...»
Bruno Rodrigues 
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hemy.yoann 16 sept. à 13:34

Je suis content pour lui car c'est un gars comme Siriex et quelques autres qui ont et avaient l'amour du maillot du TEF et ça à Toulouse nous ne sommes pas près de l'oublier. Je lui souhaite le meilleur car honnêtement c'est un garçon simple mais avec un bon caractère et une belle envie sur le terrain. J'ai pu discuter un peu avec lui après l'entrainement et franchement c'est un gars qui prend le temps et est très sympa avec les supporters. :)

rorose 16 sept. à 0:43

Voilà un footballeur heureux,ainsi il pourra faire parler son talent;alors bonne chance.

santos5 15 sept. à 17:44

je suis ravi pour le joueur, et surtout content qu'il n'ait pas signé à sainté,