Soccer Football - La Liga Santander - FC Barcelona v Real Madrid - Camp Nou, Barcelona, Spain - October 28, 2018  Barcelona's Philippe Coutinho celebrates scoring their first goal with Arthur and Ivan Rakitic   REUTERS/Albert Gea (Reuters)
Espagne - 10e journée

Alba-Coutinho-Arthur : le côté gauche caviar qui a tué le Real lors du Clasico

Par leurs mouvements, leur capacité technique et leur complicité, Jordi Alba, Philippe Coutinho et Arthur Melo ont longtemps annihilé les ambitions madrilènes. Et, bien aidés par Suarez, Busquets et Rakitic, ont une grande part de responsabilité dans la manita (5-1) infligée par le Barça au Real ce dimanche.

C'est avec la curiosité du (re)nouveau, après onze ans d'attente et les absences de Lionel Messi et Cristiano Ronaldo au coup d'envoi, que démarrait ce tant attendu Clasico. Le Real ne va pas bien, le Barça marchait à petits pas en ce début de saison, et les jours précédant la rencontre étaient synonymes d'impatience et de fabulations quant au scénario du partidazo du week-end. Parmi elles, l'animation offensive du Barça sans la Pulga Leo Messi, homme providentiel blaugrana, un pléonasme qui s'était fait plus important depuis quelques semaines au même titre que les critiques à l'égard du coach Ernesto Valverde. Ce dimanche, cependant, Coutinho & cie ont pris leurs responsabilités. À commencer par le côté gauche, du Brésilien, véritable dynamiteur du onze catalan, bien suivi par un Jordi Alba excellentissime et un Arthur Melo plein de maturité, de confiance, de facilité technique et évidemment de talent. Par leurs déplacements et l'organisation tactique du jour - voir ci-dessous -, ils furent les premiers à euphoriser le Nou Camp, à la onzième minute, via l'ouverture du score de Philippe Coutinho sur un exquis service en retrait d'Alba.

Le plan de Valverde et les cauchemars de Nacho

Valverde n'y est pas étranger. Avec Rafinha et Coutinho aux côtés de Luis Suarez, le coach ibérique avait décidé de jouer avec deux ailiers quelque peu recentrés, au cœur du jeu, afin d'offrir des options entre les lignes à des milieux inspirés. Mais aussi, et surtout, permettre aux deux latéraux, Jordi Alba et Sergi Roberto, de profiter d'un couloir libre. Côté gauche, avec Coutinho repiquant dans l'axe, Jordi Alba avait tout le luxe de monter proche de la ligne de touche et venir perturber un Nacho en grande difficulté. Le latéral droit merengue ne savait pas où donner de la tête entre les déplacements de Coutinho, ceux de son collègue en sélection espagnole Alba et les offrandes inspirées des milieux dont Arthur. Et c'est ainsi qu'intervenait le premier but après une sublime ouverture d'Ivan Rakitic. Le plan fonctionnait à merveille une fois de plus sur le second but avec Coutinho plus axial, Jordi Alba comme un ailier et une galette pour Suarez qui menait à un penalty (30e), transformé par l'Uruguayen. Et si le plan changeait à l'entame de la deuxième période, avec Lucas Vazquez qui changeait la physionomie de l'équipe côté Real et causait quelques problèmes au couloir gauche blaugrana, c'est sur le même côté qu'intervenait le dernier but de la rencontre, Ousmane Dembélé dribblant aisément Nacho avant de servir Arturo Vidal, buteur (87e) de la tête pour le 5-1.

Avec Busquets, Suarez et Rakitic, bienvenue à «Masterclass Land»

Evidemment, si le trio Coutinho-Alba-Arthur a brillé, la force collective barcelonaise du jour en est la principale raison. Avec Busquets à la baguette, un Ivan Rakitic magistral et Luis Suarez sur un nuage, la tâche des trois joueurs de poche à bâbord était bien plus aisée. En témoignent, par exemple, les nombreuses séquences de pressing du premier acte, avec un marquage individuel quasi-constant sur les trois milieux madrilènes Casemiro-Kroos-Modric, obligeant un temps les ouailles de Lopetegui à jouer long. Avec des ballons récupérés plus haut, des milieux capables de jouer sous pression et des cadres très inspirés pour trouver des angles de passes verticaux, le Barça rayonnait puis parvenait à sortir la tête de l'eau après que le Real a entamé le second acte avec intensité et sérieux ; ce qui lui permettait de marquer par l'intermédiaire de Marcelo (50e). Et au final, si ce Barça-là n'affrontait «que» ce Real convalescent et à la peine - la Casa Blanca pointe désormais à la neuvième place du classement -, les socios du Nord-Est espagnol peuvent se rassurer. Ils dépendront encore un moment de Leo Messi, mais le beau jeu sans l'Argentin, c'est évidemment possible.
Antoine Bourlon

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