Amine Ksassoua, alias Amayne, est passionné par le football depuis son plus jeune âge.Il découvre les premières publicités de football freestyle avec Ronaldinho et tombe sous le charme de ce sport urbain.Il lui a fallu plusieurs années d?entraînement a (L'Equipe)
Freestyle

Amine Ksassoua, maître jongleur

Amine Ksassoua, vice-champion de France de freestyle football en 2010, veut désormais battre le record de jonglages.

Sa technique n'a rien à envier à celle de Cristiano. Du pied, du cou, du dos... Avec un ballon, il peut tout faire. D'ailleurs, il le déclame sans ambages : «En freestyle, je suis largement meilleur que lui.» Amine Ksassoua est un joueur de freestyle football. Une discipline entre jonglerie et acrobatie. «A la fois un sport et un art» précise l'intéressé. Pas besoin de gazon ni de buts. Son terrain de jeu, c'est la rue. «Avec un partenaire, on faisait une brésilienne (NDLR : une série de passes sans que le ballon n'atteigne le sol) accompagnée en musique, explique-t-il. On se complétait. J'étais plus performant avec les pieds, lui, avec la tête.» Il y a peu, il squattait encore l'esplanade du Trocadéro devant une foule de touristes estomaqués. «J'ai souvent vu des vidéos de moi, sur internet, filmées par les touristes du monde entier», s'amuse Ksassoua. 

Vice-champion de France de freestyle

Amine Ksassoua, alias Amayne, est passionné par le football depuis son plus jeune âge.Il découvre les premières publicités de football freestyle avec Ronaldinho et tombe sous le charme de ce sport urbain.Il lui a fallu plusieurs années d?entraînement a (L'Equipe)
Amine Ksassoua, alias Amayne, est passionné par le football depuis son plus jeune âge.Il découvre les premières publicités de football freestyle avec Ronaldinho et tombe sous le charme de ce sport urbain.Il lui a fallu plusieurs années d?entraînement a (L'Equipe)
De son aveu, le freestyle football l'a changé. En 2004, il quitte son Maroc natal. Direction la France et Courbevoie. A seulement 14 ans. Il doit s'adapter à une nouvelle culture. Difficile pour ce grand timide : «Je n'arrivais pas à parler à un adulte sans rougir». Le football apparaît alors comme une échappatoire. L'ado se fait des amis, mais les agace. «Sur le terrain, je ne lâchais jamais le ballon, se rappelle Ksassoua. Je voulais toujours dribbler le joueur de trop. Au bout d'un moment, mon équipe ne me donnait plus le ballon.» Las, il s'isole sur un terrain de basket-ball. Et s'entraîne aux jongles, seul: «Au début, on se foutait de moi. Ils pensaient que ce n'était pas du sport.» Peu importe. Il se voit déjà manier le ballon comme ses idoles aperçues sur le petit écran : «C'était l'époque où les publicités Nike étaient populaires. On y voyait des joueurs faire des choses que l'on pensait impossibles.» Il s'entraîne sans relâche. Avant de franchir le pas : jongler en public. Premier essai au Trocadéro. Il bafoue son football. Trop de pression : «Je mettais du temps à sortir mon ballon.» Mais le bonhomme insiste. Avec succès. Ses gesticulations impressionnent les badauds.
 
Dès lors, tout s'enchaîne. En 2010, il devient vice-champion de France de freestyle football. Il participe, dans la foulée, au championnat d'Europe où il se frottera avec les plus doués de sa discipline. Entre-temps, il tourne avec le rappeur Sefyu dans l'un de ses clips. Et rencontre son idole, Zinédine Zidane, lors d'un événement organisé par l'association Les Enfants de la Terre. «J'ai échangé quelques ballons avec lui, se pâme-t-il de joie. Sur le moment, je ne réalisais pas.» 

Le record de jonglage en ligne de mire

Aujourd'hui, Ksassoua est loin de ce barnum. Il s'est installé à Dijon, où il est chef d'équipe en sécurité incendie. A demi-mot, il avoue avoir été dégoûté par le milieu et ses coups bas. Pourtant, iI n'a pas encore dit adieu à sa passion : «Je discute avec la mairie de Chenôve pour donner des cours à la rentrée. Les jeunes me demandent souvent comment j'ai appris à faire du freestyle. J'ai envie de transmettre mon vécu.» Il s'est aussi lancé un nouveau défi. Battre le record de jonglage, de 208 333 contrôles. Le détenteur de cet exploit a mis plus de 24 heures pour arriver à ses fins. Pas de quoi effrayer Ksassoua. Après tout, en freestyle, il est «meilleur que Cristiano».

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