Dele Alli et Harry Kane, complique en club et en sélection. ( Reuters)
CM 2018 - Angleterre

Angleterre : la force des habitudes grâce à Tottenham ?

L'Angleterre, qui entre en lice ce lundi contre la Tunisie (20h00), possède une colonne vertébrale issue du même club, Tottenham. Elle est un des rares grands pays dans cette configuration qu'avaient... les trois derniers champions du monde.

Trois sont partants certains - Harry Kane, Dele Alli et Kieran Trippier -, un est en balance (Eric Dier) et un dernier, Kyle Walker, a longtemps partagé leur vestiaire avant de rallier Manchester City. Eux, ce sont les joueurs ou ex- de Tottenham qui devraient composer près de la moitié du onze anglais ce lundi face à la Tunisie (20h00).
Le poids pris par un même club est immense et quasiment inégalé chez les autres «gros» de la Coupe du monde. Seule l'Allemagne rivalise avec cinq joueurs du Bayern dans son onze type théorique (plus un ancien). L'Espagne, avec quatre Barcelonais (Piqué, Alba, Busquets et Iniesta) et trois Madrilènes (Isco, Ramos, Carvajal) pressentis titulaires, fait bonne figure. A l'inverse, le Brésil devrait compter neuf clubs différents au coup d'envoi.
Est-ce un avantage ? Non selon Tony Adams, que l'on soupçonnera de partialité en sa qualité d'ancien patron défensif d'Arsenal - l'ennemi juré des Spurs. Car l'ex-capitaine de l'Angleterre (66 sélections) ne parlait pas du vécu commun. Il regrettait, dans une interview au Sun, que cette colonne vertébrale soit composée de joueurs qui ne gagnent rien en club.

Acquis tactiques

Les fans des Spurs lui rétorqueront que seuls Walker, Stones et Sterling ont joué régulièrement chez le champion d'Angleterre cette saison (Man. City) ; quant au Chelsea sacré en 2017, il ne comptait comme cadre anglais que Gary Cahill, titulaire en sélection. Compliqué, donc, de trouver des serial winners.
Gareth Southgate peut au moins tirer profit d'une culture collective : c'est le sens de ce qu'a raconté Kieran Trippier cette semaine à des journalistes anglais, auxquels le latéral droit a expliqué sa connaissance des mouvements et du jeu d'Harry Kane.
En outre, le sélectionneur bénéficiera des notions tactiques de ses Spurs. Le 3-4-2-1 qu'il semble privilégier et son alternative, le 4-2-3-1, sont les schémas préférentiels de Mauricio Pochettino à Tottenham.

Trois exemples de succès

Enfin, peut-être rappellera-t-il à Tony Adams que la domination d'un club a bien réussi chez les gros lors des dernières éditions : les champions du monde allemands avaient débuté la finale avec sept joueurs alors au Bayern (Neuer, Hummels, Boateng, Lahm, Schweinsteiger, Kroos, Müller) et Mario Götze, remplaçant auteur du seul but en prolongation, était alors... munichois.
Sept joueurs du Bayern 2014 posent avant la finale contre l'Argentine. ( S.Mantey/ L'Equipe)
Sept joueurs du Bayern 2014 posent avant la finale contre l'Argentine. ( S.Mantey/ L'Equipe)
En 2010, l'Espagne dominait le monde avec une équipe à forte coloration barcelonaise : Piqué, Puyol, Busquets, Xavi, Iniesta, Pedro. Et quatre ans auparavant, la Juventus apportait un écot décisif avec Buffon, le futur Ballon d'Or Cannavaro, Zambrotta et Camoranesi en début de finale, puis Del Piero en cours de jeu.
Puisqu'il faut des exceptions : le onze brésilien en finale en 2002 était composé de joueurs issus de... 11 clubs différents.
Seule différence avec les Anglais : ces trois sélections avaient un bloc défensif majoritairement issu du même club. Les Three Lions verront vite si cela fait une différence. Le 28 juin, ils croiseront les Belges Vertonghen, Alderweireld et Dembele, un trident défenseurs-milieu essentiel... à Tottenham.
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