Anthony Modeste (Koeln)Fussball Bundesliga, VfB Stuttgart - 1. FC Koeln *** Local Caption *** (Thorsten Wagner/WITTERS/PRESSE/Presse Sport)
Allemagne

Anthony Modeste (Cologne) : «L'équipe de France, pourquoi pas »

Avec ses quinze buts inscrits avec Cologne, Anthony Modeste est devenu le meilleur buteur français de la Bundesliga. Une performance qui donne des idées à celui qui a quitté la France il y a trois ans.

«Anthony, wie gehts ?*
Es geht mir sehr gut !**

Tout se passe bien pour vous donc. Même en allemand du coup ?
Ça fait trois ans que je suis ici donc le vocabulaire du foot, ça va. Ce sont les mêmes mots qui reviennent. Le reste, c'est plus compliqué (rires).

Depuis votre arrivée en Bundesliga, qu'est-ce qui vous a le plus marqué ?
La rigueur et l'engouement ! Ça m'a impressionné ! Même quand on joue à l'extérieur, il y a entre deux et quatre mille personnes qui viennent nous supporter.

Et les petits-déjeuners allemands, ça ne vous a pas plus marqué que ça ?
Je n'ai pas de mal à manger salé le matin. On s'est habitué. Il y a des œufs, des omelettes, des petites saucisses, même si ça je n'en prends pas, du fromage. En tant que français, c'est vrai qu'on est davantage habitué aux baguettes, au beurre et à la confiture (rires).

«Le club m'avait confié deux missions : le maintien et entre 10 et 15 buts. C'est fait !»

Comment jugez-vous votre dernière saison?
Elle est plutôt positive ! Le club m'avait confié une double mission : le maintien et mettre entre 10 et 15 buts. C'est fait ! On a fini neuvième et j'ai inscrit quinze buts. J'aurais pu en marquer beaucoup plus, mais bon, je relativise. Pour un club qui disputait sa deuxième année en Bundesliga après sa remontée, cette neuvième place est bonne. On aurait même pu finir beaucoup plus haut s'il n'y avait pas eu des petites erreurs d'arbitrage ou des buts de la main accordés. On est sauvé, c'est bien pour le club. Tant mieux pour nous.
Cette neuvième place peut-elle donner des ambitions au club pour la saison prochaine ?
A mon avis, il y a 4-5 joueurs qui vont partir. On ne sait pas trop à quoi va ressembler l'avenir. Il faut simplement garder la même ossature. Je suis le seul attaquant (sous contrat jusqu'en 2019), donc c'est possible qu'ils en recrutent un autre. La concurrence, ça ne me fait pas peur, ça ne peut que faire progresser. J'ai la confiance du coach (Stöger), c'est vraiment un plus.

Vous avez inscrit quinze buts en Bundesliga cette saison, un record pour un Français. Qu'est-ce que ça représente pour vous ?
Le travail ! Après, le plus important, c'est le maintien du club. Je fais juste mon métier du mieux possible et ce record, franchement, ça ne change pas ma vie (rires).

«Aubameyang a fait une saison de fou !»

Vous marchez bien depuis votre arrivée en Allemagne. Votre nom a parfois même été suggéré pour intégrer les Bleus. Vous y avez pensé un jour ?
Quand tu es joueur, tu te dis toujours «pourquoi pas» ? L'Euro, en France, chez toi, t'as forcément envie de le faire. Mais il y a énormément de concurrence en attaque. Je suis aussi assez lucide sur mon niveau. (Karim) Benzema et (Antoine) Griezmann font des choses exceptionnelles, ils font vraiment deux grosses saisons. Karim, pour moi, c'est même l'un des meilleurs attaquants du monde.

Si c'est bouché pour l'équipe de France, est-ce que la sélection de la Martinique pourrait vous intéresser ?
On m'a déjà contacté, mais je repousse leurs avances. Steeve Elana m'a déjà demandé de rejoindre la sélection mais ça ne m'intéresse pas pour le moment. Ce n'est pas le bon timing pour moi. Pour l'instant, j'ai envie de me consacrer à mon club. Et puis, les matches, c'est souvent en été et j'ai absolument besoin d'une bonne préparation physique pour être bien ensuite dans la saison.

Est-ce qu'il y a des joueurs qui vous impressionnent chez les cadors de la Bundesliga ?
Le premier qui me vient, c'est Thomas Müller. On ne sait pas quel poste il joue, numéro 9, numéro 10... Mais il marque tout le temps (20 buts en Championnat). Il y a aussi Henrikh Mkhitaryan. C'est un élément important de Dortmund, un accélérateur de jeu. Et puis enfin, évidemment, comment ne pas évoquer Pierre-Emerick Aubameyang ? C'est quelqu'un qui marche à l'affectif et ça se passe bien pour lui. Il a encore augmenté sa panoplie, c'est tout à son honneur. Il a fait une saison de fou !

Vous semblez épanoui en Allemagne...
A la base, je pensais que mon jeu était plus basé pour l'Angleterre. J'y suis allé (NDLR : chez les Blackburn Rovers) et ça reste de bons souvenirs. Mais, à un moment donné, avec mon agent et ma famille, on s'est posé la question de mon avenir et on a estimé que l'Allemagne pouvait me correspondre. Mon jeu y est plus adapté. Aujourd'hui, je suis épanoui, je m'éclate. C'est un Championnat ouvert, avec du spectacle, des pelouses magnifiques et des ambiances de malade, comme à Dortmund.

«J'ai plus de respect en Allemagne qu'en France»

D'après vous, pourquoi n'avez-vous pas réussi à davantage vous imposer en France ?
C'est vrai qu'aujourd'hui j'ai plus de respect en Allemagne qu'en France. Je n'en veux à personne car on ne peut pas plaire à tout le monde. A Bordeaux, par exemple, ce n'était pas la période la plus adéquate (2010-12). Il venait d'y avoir le départ de Blanc. Je ne regrette pas du tout mon passage là-bas et je remercie encore les dirigeants d'avoir misé sur moi. A Bastia (NDLR : en 2012-13), les supporters m'ont marqué. C'est une île qui m'a touché. J'y étais vraiment bien et j'y retourne régulièrement.

A vingt-huit ans, quelles sont vos ambitions désormais ?
Mes deux objectifs, c'est de disputer un jour une Coupe d'Europe et de goûter à l'équipe de France. Je pense que le premier est plus réalisable que le second (rires). J'aimerais quand même bien découvrir tout ça bientôt...»
Tanguy Le Seviller 
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