1.FC Cologne's Anthony Modeste celebrates a goal against Borussia Moenchengladbach during their Bundesliga first division soccer match in Cologne, Germany September 19, 2015.  REUTERS/Ina Fassbender   DFL RULES TO LIMIT THE ONLINE USAGE DURING MATCH TIME (Reuters)
Bleus

Anthony Modeste : «L'Euro 2016, j'en rêve, mais...»

Arrivé à Cologne cet été, Anthony Modeste n'a pas manqué ses débuts avec neuf buts inscrits en neuf matches, toutes compétitions confondues. Suffisant pour lui faire espérer une première sélection en équipe de France ? L'ancien Bordelais (27 ans) y pense tout en restant lucide. Entretien.

«Anthony, avec neuf buts en neuf matches, dont six en huit rencontres de Bundesliga, vous faites preuve d'une redoutable efficacité en ce début de saison...
J'arrive dans un nouveau club, avec un nouvel entraîneur, une nouvelle équipe, et j'ai été très bien accueilli. C'est toujours pareil, mais avec la confiance du coach, je sais que je peux faire de bonnes choses, donc espérons que ça dure... J'ai tendance à bien démarrer mes saisons, et puis l'âge y fait aussi. J'ai 27 ans, je prends les choses différemment.
 
Avez-vous la sensation d'avoir franchi un cap cet été ?
Oui. Je me suis posé et je ne voulais pas revivre la même saison que l'an passé (sept buts en vingt-six matches, dont seize titularisations avec Hoffenheim). Je me suis dit qu'il serait temps de prendre les choses en main. L'arrivée de mon fils m'a aussi rendu plus réfléchi, et j'en récolte les fruits. Mais honnêtement, je n'ai rien changé, je suis resté le même. Je me suis peut-être simplement recentré sur le travail.
«Être la troisième recrue la plus chère de l'histoire de Cologne ne m'a pas mis la pression, au contraire ! Ça m'a même donné confiance»
Cologne vous a acheté à Hoffenheim contre 4,5 millions d'euros, soit le troisième plus gros transfert de l'histoire du club. Il faut l'assumer...
Ce n'est pas un truc qui m'a mis la pression, au contraire ! Ça m'a même donné confiance que le club investisse autant d'argent sur moi. J'essaie de lui rendre de la meilleure des façons, en étant efficace.
 
Du coup, avez-vous été déçu de ne pas être sélectionné par Didier Deschamps ?
Non, pas du tout ! Ce qui m'importe aujourd'hui, c'est d'être bon et que le club se maintienne. Quand je suis arrivé, on m'a dit : "Ta mission, c'est qu'on reste en Bundesliga". J'essaie donc de remplir cette mission.
 
Disputer l'Euro 2016 en France, c'est un objectif ou simplement un rêve ?
Quand tu es footballeur français, forcément cette opportunité, c'est un rêve. Mais aujourd'hui, il y a énormément de concurrence ! Je ne suis pas spécialement les listes, il y a des gens qui me disent : "Bon, tu n'y es pas..." Ce n'est pas grave, hein ! Je ne me mets pas devant la télé pour savoir si je suis appelé, j'ai d'autres choses à penser. Quand ce sera le moment, je serai peut-être appelé. Pour l'instant, je n'ai aucun contact avec le staff des Bleus, je ne sais pas s'il me suit. En général, on dit : "Pas de nouvelles, bonne nouvelle", là ce n'est pas forcément le cas (rires).
Anthony Modeste a encore marqué dimanche face à Schalke 04 (3-0). (Reuters)
Anthony Modeste a encore marqué dimanche face à Schalke 04 (3-0). (Reuters)

«C'est une année charnière pour moi. C'est maintenant ou jamais !»

On vous parle des Bleus en Allemagne ?
Oui, les supporters m'en parlent souvent, les journalistes allemands aussi...
 
Que diriez-vous au sélectionneur pour vous "vendre" ?
J'ai mes qualités, après ce n'est pas forcément à moi de crier que je pourrais apporter un plus à l'équipe de France. Je pense quand même qu'il suit les matches. Il fait son boulot, les journalistes aussi, et moi aussi. Être sélectionné, ce serait magnifique, mais je me concentre sur ma saison en club. J'ai dit très tôt que je voulais marquer entre 10 et 15 buts en Championnat, donc j'ai envie de faire ce que j'ai dit. Les choses personnelles viennent après. Mais c'est vrai que c'est une année charnière pour moi. C'est maintenant ou jamais !
«L'Allemagne, c'est un pays où les gens viennent au stade en famille, on ne se fait pas chier, il y a des buts... C'est un kiff !»
Vous payez peut-être le fait de jouer en Allemagne, un Championnat moins suivi en France. Si vous brilliez en Angleterre ou en Espagne, votre candidature aurait peut-être plus de poids... 
Pourtant ça devrait être suivi... C'est un des meilleurs Championnats au monde avec la Premier League. L'Allemagne, c'est un pays où les gens viennent au stade en famille, on ne se fait pas chier, il y a des buts... C'est un kiff ! Je ne comprends pas pourquoi c'est moins suivi en France.
 
Vous vous y sentez bien ?
J'adore ma vie en Allemagne, même si j'admets que la langue, ce n'est pas facile... Mais à Cologne, il y a beaucoup de francophones. Au niveau du foot, ça se passe très bien, je suis vraiment heureux. Je m'épanouis tous les jours, à l'entraînement comme en match.
 
Pensez-vous qu'en France, le souvenir de votre longue inefficacité à Bordeaux (trois buts en L1 entre mars 2011 et janvier 2012) vous poursuit encore ?
Ça ressort beaucoup, mais j'aimerais aussi que les gens se souviennent de ma première partie de saison aux Girondins (10 buts en 23 matches), de ce que j'ai fait à Angers (20 buts en L2 en 2009-2010) et surtout à Bastia (15 buts en L1 en 2012-2013). Cette saison m'avait vraiment donné de l'élan. On ne peut pas plaire à tout le monde, mais ce n'est pas très important. Il y a des choses plus graves, comme les inondations récentes à Cannes, où je suis né...»
Propos recueillis par Cédric Chapuis
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johnny_rep 9 oct. à 20:00

Pourquoi pas ? Il est bon et je crois qu'il mériterait d'avoir sa chance !

lepetitoiseau 8 oct. à 10:21

profil a la Giroud... grand, bon de la tete, pivot etc pourquoi pas

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