FILE PHOTO: Soccer Football - Champions League - Group Stage - Group F - Manchester City v Shakhtar Donetsk - Etihad Stadium, Manchester, Britain - November 7, 2018  Manchester City's Raheem Sterling celebrates scoring their third goal      Action Images via Reuters/Lee Smith/File Photo (L'Equipe)
Angleterre

Après des débuts compliqués à Manchester City, Raheem Sterling confirme sous renouveau avec Guardiola

Très critiqué après son départ de Liverpool pour Manchester City il y a quelques années, Raheem Sterling a eu du mal à s'imposer. Mais depuis l'arrivée de Pep Guardiola sur le banc de City en 2016, l'ailier anglais, en retrouvant ses sensations, est devenu un élément incontournable des Citizens. Zoom sur ce retour au premier plan.

Lors de la saison 2013-2014, Liverpool avait réussi une campagne tonitruante en Premier League. Avec Luis Suarez, Philippe Coutinho et Daniel Sturridge, Raheem Sterling complétait ce quatuor offensif irrésistible chez les Reds. Cette année-là, l'Europe suivait l'explosion de ce jeune talent anglais d'à peine 19 ans. Liverpool terminait avec 101 buts inscrits et manquait de peu l'occasion de décrocher son premier trophée majeur depuis la Ligue des champions en 2005. Mais la saison suivante, amputé du départ de Luis Suarez au Barça, de la difficile dernière année de Steven Gerrard, Liverpool accusait un petit peu le coup et terminait seulement sixième du Championnat. Finalement, au terme de longues tractations relatives à sa prolongation de contrat, Sterling n'étendait pas son bail et s'engageait pour Manchester City contre près de soixante millions d'euros.

Le rôle majeur de Guardiola

De nombreuses critiques s'abattaient alors sur le jeune Sterling. Le dénigrement s'était même intensifié quand, dans une interview à la BBC, il déclarait : «Cela n'a jamais été une question d'argent. Je fais référence aux trophées que je souhaite gagner tout au long de ma carrière. Il n'est question que de cela». Il ne pouvait, de fait, plus y avoir de retour en arrière. La rupture était consommée. Le joueur devenait donc la propriété de Manchester City et passait sous la houlette de Manuel Pellegrini. Mais entre des blessures et une méforme chronique, il n'arrivait pas à convaincre, du moins pas assez pour un joueur aussi jeune et qui venait d'être acheté aussi cher.

Mais alors que Leicester venait de réussir l'exploit en remportant le Championnat, à l'intersaison, Pep Guardiola débarquait à Manchester. Cette arrivée allait marquer le renouveau du natif de Kingston, en Jamaïque. D'un espoir déchu, il est progressivement redevenu une des futures pépites du football anglais, retrouvant son lustre d'antan, celui qui l'avait propulsé Golden Boy 2014. L'attitude, le sens tactique, une meilleure utilisation de ses qualités, ce sont toutes ces caractéristiques que l'entraîneur catalan a bonifiées pour mener à son retour en grâce. Sterling marque désormais plus de buts, il ne recherche plus à passer le ballon à tout prix mais bel et bien à trouver le fond des filets. «Pour sa première saison, il avait le ballon devant les buts mais avait peur, il regardait autour de lui et se demandait à qui il pouvait passer la balle, commentait Guardiola il y a quelques jours devant la presse. On en a parlé, je lui ai dit d'essayer de marquer des buts et que ce n'était pas grave s'il avait du déchet, mais qu'il fallait qu'il soit agressif».
«J'ai besoin de hausser mon niveau de jeu, je sais exactement ce que je dois faire pour arriver où je veux»
Un sentiment que le joueur lui-même confirmait déjà à la fin de la première année à Manchester de l'ancien entraîneur du FC Barcelone. Il tenait à afficher son ambition. «Je joue probablement plus direct, quand j'arrive devant la surface je prends une décision, j'utilise mon instinct. Avant j'étais un peu plus lent, j'essayais de mélanger trop de choses. Maintenant je m'engage à 100%. Avant je voulais être "soyeux". Je suis ici pour être un des meilleurs, c'est aussi simple que cela. J'ai besoin de hausser mon niveau de jeu, je sais exactement ce que je dois faire pour arriver où je veux», expliquait-il dans une interview accordée au Guardian.

La saison dernière est symptomatique de cette résurrection, la meilleure sur le plan comptable. En Premier League, Sterling avait inscrit 18 buts et délivré 15 passes décisives, participant à 33 rencontres. A la fin de cet exercice, son entraîneur se montrait extrêmement élogieux à son endroit. «La chose la plus importante est qu'il n'a que 23 ans, donc il a encore cette envie, ce désir de progresser et de devenir un joueur meilleur. Sa compréhension du jeu est globale : c'est un joueur qui peut créer en venant à l'intérieur, dribbler vers l'extérieur, lancer ses courses derrière la ligne défense», confiait-il alors.

Un joueur plus complet

Ces derniers temps, une seule période est venue contraster ce retour sur le devant de la scène. Les performances de Sterling à la Coupe du Monde ont été quelque peu décevantes. Mais Guardiola, en début de saison, a voulu nuancer la stricte analyse statistique : «Vous ne pouvez pas juger les joueurs au Mondial sur le fait qu'ils ont marqué des buts ou non. Il a cette relation très spéciale avec le football anglais. Il a fait de très bonnes choses à la Coupe du monde». Gareth Southgate, le sélectionneur des Three Lions est aussi sur cette ligne. Contre l'Espagne en octobre, Sterling avait inscrit un doublé, ses premiers buts en sélection depuis 2015. Après cette triomphante victoire (3-2), il déclarait : «Je suis très heureux pour lui parce qu'il est dans une forme étincelante. Nous avons une grande confiance en lui et cette confiance qu'il a aussi envers lui-même est grandissante. Nous étions satisfaits de ses performances, il manquait juste les buts. Je crois qu'il a cassé cette barrière psychologique qui le bridait».

Dernièrement, Sterling a peaufiné sa polyvalence sur le front de l'attaque. «Il peut jouer des deux côtés, au milieu et recevoir le ballon entre les lignes, défiant le défenseur central avec beaucoup plus d'agressivité», analysait Guardiola. En effet, cette saison, il a été utilisé à différentes positions, mais apparaît comme étant plus décisif lorsqu'il débute sur le flanc droit, avec 6 buts et 4 passes décisives en 7 apparitions. Ce fut notamment le cas contre Southampton, où City a complètement désintégré les Saints (6-1). Lors de cette rencontre, Sterling a inscrit un doublé et a offert deux passes décisives à ses coéquipiers. Mais quand il joue en même temps que Mahrez, ou que l'Algérien entre en jeu, Sterling passe à gauche, de façon à ce que les deux ailiers puissent rentrer vers l'intérieur sur leur bon pied. L'illustration parfaite est le match contre le Chakhtior (6-0) en C1, dans lequel l'Anglais a profité des espaces créés par ses coéquipiers pour armer sur son pied droit et trouver la lucarne à l'entrée de la surface adverse.
Avec Manchester City, impliqué sur tous les tableaux et à la recherche d'un titre européen tant attendu, Sterling aura un rôle majeur à tenir dans les mois à venir. «Il est en train de devenir un joueur qui vous fait gagner des matches. Bien sûr, on ne peut oublier qu'il n'a que 23 ans. S'il garde en tête de devenir un joueur encore meilleur et qu'il se dit "je ne suis pas encore assez bon", alors il n'aura plus de limites», concluait Pep Guardiola. Et ce futur pourrait bien durer encore très longtemps à City. Alors qu'il est redevenu titulaire pour son club et en sélection, Sterling vient de prolonger jusqu'en 2023. De bon augure pour les Citizens.
Jérémy Docteur
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guire41057713 18 nov. à 14:34

Tout ça, c'est à cause du travail mené par Guardiola qui est un excellent entraîneur , grâce à lui sterling n'est plus le même