Les Français rêvent de voir Kylian Mbappé brandir le prochain Ballon d'Or.  P. Lahalle L'Equipe (P. Lahalle/L'Equipe)
Bleus

Après leur titre de champion du monde, voici cinq défis à relever pour les Bleus

L'équipe de France fait sa grande rentrée cette semaine, un mois et demi après avoir décroché sa deuxième étoile. FF.fr a sélectionné cinq défis pour la bande à Deschamps.

Confirmer après le sacre

Le plus difficile n'est pas d'arriver au sommet, mais d'y rester. Ce vieil adage doit servir aux héros bleus afin qu'ils ne se reposent pas sur leurs lauriers dans les mois à venir. Compte tenu des discours des Mbappé, Lloris et consorts après le sacre du 15 juillet dernier, il y a peu de chances que cela se produise, mais sait-on jamais. Avant la Coupe du monde, l'équipe de France faisait assurément déjà peur, mais n'était pas considérée comme la meilleure sélection du monde. L'Allemagne, le Brésil ou encore l'Espagne étaient bien plus considérés. Depuis la Russie, les choses ont forcément changé, et les Bleus sont tout en haut. Un statut qu'il va falloir assumer, car tout le monde voudra s'offrir, plus que jamais, la nation championne du monde en titre. L'Allemagne en premier lieu ce jeudi (20h45).

Intégrer progressivement les jeunes

Si la moyenne d'âge des 23 joueurs champions du monde en Russie est très basse, certains cadres de cette équipe de France n'ont plus l'avenir devant eux. Parmi les titulaires pendant la Coupe du monde, Blaise Matuidi a 31 ans, Olivier Giroud bientôt 32. Pas forcément rédhibitoire en vue de l'Euro 2020, un peu plus dans l'optique de la Coupe du monde 2022. Les antécédents des champions du monde doivent également servir d'exemple aux Bleus : la fantastique Espagne de 2008 à 2012 n'avait que trop peu renouvelé son effectif vieillissant, avec les déboires qu'on lui connaît depuis lors des grandes compétitions. Si les vingt-trois champions du monde méritent bien entendu tout le respect qui va avec le sacre, l'équipe de France reste la plus grande des priorités, et les petits nouveaux qui frappent à la porte ne doivent pas être laissés de côté, si les Tricolores espèrent régner sur le monde sur la durée.

Faire taire les détracteurs du jeu

Oui, l'équipe de France est championne du monde. Mais elle n'a pas fait l'unanimité sur le plan du jeu. Les critiques ont fusé, pendant et même après la compétition. On se souvient des Belges mauvais perdants, dont le sélectionneur Roberto Martinez critiquait le jeu «plutôt moche» des Bleus dans Sport/Foot Magazine. Le finaliste malheureux Dejan Lovren assurait lui au micro de la BBC que la France n'avait «pas joué au foot». Même dans l'Hexagone, tout le monde n'a pas apprécié le spectacle offert : «le style et l'identité ultraréalistes des Français sont assez moches» écrivait Hatem Ben Arfa dans nos colonnes. Les Bleus se sont appuyés sur une défense extrêmement solide, des contre-attaques supersoniques et des coups de pieds arrêtés bien travaillés. Loin du jeu léché des champions du monde espagnols et allemands. Si la méthode Deschamps a mené la France au titre suprême, le sélectionneur pourrait se donner comme défi de montrer qu'il peut faire gagner son équipe sur la durée en étant plus séduisant, pour faire taire les mauvaises langues.

Installer Mbappé comme tête d'affiche

Il a déjà pris le numéro dix, et personne ne l'avait aussi bien porté depuis 2006 et la retraite d'un certain Zinédine Zidane. L'heure n'est pas encore aux comparaisons entre les deux, d'autant que le Ballon d'Or FF 1998 ne jouait pas au même poste que Kylian Mbappé, mais ce dernier a vraiment tout pour devenir la nouvelle idole du football français. À bientôt 20 ans, et après presque deux saisons au plus haut niveau au cours desquelles il n'a cessé de progresser et d'impressionner, il est peut-être temps de donner au gamin de Bondy les clés du camion, de l'ériger en tête d'affiche de cette équipe. Jusque-là, et depuis l'Euro 2016, Didier Deschamps a construit son équipe autour d'Antoine Griezmann. Mais l'éclosion express de Mbappé et ses qualités incroyables peuvent amener à se demander si l'attaquant parisien ne doit pas devenir LE joueur à mettre dans les meilleures dispositions possibles. Une réflexion à mener pour Deschamps, à plus ou moins long terme.

Faire comme la génération 98, voire mieux

La Coupe du monde, c'est fait. Voilà déjà un point commun entre ces Bleus avec Deschamps version entraîneur et les Bleus avec Deschamps version joueur. Un sacre mondial pour cette équipe de France 2018, vingt ans après celle de 1998. Mais cette dernière avait confirmé en 2000, lors de l'Euro, avec une qualité de jeu peut-être supérieure encore. Pour égaler leurs ainés, les Mbappé, Griezmann & Cie vont devoir maintenir leur statut désormais affiché de meilleure nation du monde, et aller décrocher un troisième titre européen en 2020. Et si l'on voyait encore plus loin ? Car si l'équipe de 1998 était très expérimentée, avec de nombreux cadres autour de la trentaine, celle présente en Russie était très jeune, et a encore une grosse marge de progression. De là à régner sur la planète football pendant de nombreuses années encore ? On a déjà le droit d'espérer.
Florent Le Marquis

A lire aussi

Réagissez à cet article
500 caractères max
PijourletPh 4 sept. à 9:08

Objectivement, vous donnez la réponse à la question du beau jeu dans votre article. La France a la chance d'avoir des attaquants très rapides: Mbappé, Dembélé, Griezmann mais aussi Martial, voire Coman etc. Vous croyez qu'un jeu de possession comme l'Espagne ou l'Allemagne a vraiment le moindre intérêt pour l'équipe de France?