Argentine

Argentine : les larmes de Diego Maradona, de retour à La Bombonera, le titre pour Boca Juniors

De l'enjeu, de la passion, un baiser, et un suspense qui a tenu les Argentins en haleine, il y a tout eu dans cette dernière date de Superliga qui a couronné Boca Juniors, victorieux samedi du Gimnasia de Diego Maradona (1-0).

Tôt dans l'après-midi, les supporters avaient afflué dans les rues du quartier de La Boca pour un avant-match très particulier. Le traditionnel chant « Para ser campeon, hoy hay que ganar » (« Pour être champion, aujourd'hui il faut gagner »), n'avait jamais été aussi vrai.
Dans son antre de la Bombonera, Boca Juniors, à un seul petit point de son rival de toujours, River Plate, avant la dernière journée devait absolument aller chercher la victoire pour décrocher le titre. Alors que River Plate affrontait l'Atlético Tucuman, les Bleu et Or avaient besoin d'un coup de pouce du destin dans ce Clasico à distance. Ce miracle n'avait d'autre nom que Diego Maradona, ancienne gloire du club avec lequel il a inscrit 28 buts en 40 matches (1981-1982), avant son départ pour le Barça. Le roi de La Boca, entraîneur du rival de la soirée Gimnasia La Plata, allait être sur le banc de touche pour tenter de sauver son équipe de la relégation.
Au son des tambours et des trompettes, les supporters se dirigent vers les portes de La Bombonera. Ils sont nombreux à avoir ressorti de vieux maillots floqués du nom de Maradona, quitte à revêtir les couleurs de la sélection argentine plutôt que celles de leur club. « Qu'est-ce que vous croyez ? Maradona veut que Boca gagne. Il est de Boca », assure Sebastian avant d'entrée au stade.
En froid avec le nouveau vice-président du club, Juan Roman Riquelme, Diego n'était pourtant pas assuré de recevoir le même accueil délirant que celui reçu dans presque tous les clubs où il s'est rendu depuis qu'il dirige les joueurs de La Plata. Mais les supporters en avaient décidé autrement. À 20h15, La Bombonera explose lorsque Diego foule la pelouse, quinze ans après sa dernière visite lors d'un match amical. Les banderoles à son effigie tombent depuis les gradins. « Marado, Marado » entonnent les tribunes lorsque Diego entre seul sur le terrain.

Carlos Tevez délivre Boca

Il salue le stade les larmes aux yeux avant de les laisser couler définitivement lorsque sa fille Dilma et son petit-fils Benjamin, le fils du Kun Agüero, viennent le saluer. Quelques minutes plus tard, juste avant le coup d'envoi, Carlos Tevez s'avance vers le banc pour déposer un baiser sur la bouche de son idole. Un geste qui lui portera chance.
La joie de Carlos Tevez (bras levé) et des joueurs de Boca. (Agustin Marcarian/Reuters)
La joie de Carlos Tevez (bras levé) et des joueurs de Boca. (Agustin Marcarian/Reuters)
Pourtant supérieur techniquement et physiquement, Boca Juniors peine à s'imposer face à un Gimnasia qui se défend valeureusement face à des offensives Xeneize qui manquent d'efficacité. Le premier cri de joie de La Bombonera vient d'ailleurs à la 19e minute, lorsque l'Atlético Tucuman marque, faisant provisoirement passer Boca Juniors en tête du classement, avant l'égalisation de River (35e). Mais Carlos Tevez vient délivrer les supporters grâce à une frappe puissante qui trouve le chemin des filets (1-0, 72e). La fin des deux matches, et leurs 5 minutes de temps additionnel, semble interminable.

Le 34e titre de champion pour Boca

Comme dans un conte, c'est le prince Carlitos qui offre la victoire et le titre (le 34e pour Boca) à son équipe et prive Marcelo Gallardo de remporter son premier Championnat local avec River Plate. « On a fait tout ce qu'on a pu, mais quand vous donnez le ballon à quelqu'un de différent (en référence à Carlos Tevez), ce n'est pas possible », déclarera Maradona après la défaite de son équipe, qui doit désormais attendre la fin de la Copa de la Superliga, fin mai, pour savoir elle se maintient ou non dans l'élite.
Les feux d'artifice illuminent une Bombonera qui ne veut pas se vider. Les supporters chantent comme pour que Gallardo et ses hommes les entendent à l'autre bout du pays. Alors que la nuit avance, ils se dirigent vers l'obélisque à grands coups de klaxon pour fêter ce titre libérateur. En deuil depuis la finale de Copa Libertadores perdue en 2018 (2-2 et 1-3 a.p. à Madrid) contre River Plate, ils ont enfin retrouvé le sourire.
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