(L'Equipe)

Arie Haan (Pays-Bas), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

7 avril - 14 juin : dans exactement 68 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Trente-troisième épisode avec Arie Haan.

Son histoire avec la Coupe du monde

Dans les années 1970, plusieurs joueurs néerlandais ont marqué de leur empreinte l'histoire de la Coupe du monde. Arie Haan faisait partie de cette génération dorée, aux côtés de Johan Cruyff, Johan Neeksens ou encore Johnny Rep. Il avait connu sa première sélection en 1972, avant de vraiment s'imposer comme un titulaire à partir de 1973. Haan correspondait parfaitement au type de joueur souhaité par l'entraîneur Rinus Michels pour développer son «football total» lors du Mondial 1974 en Allemagne de l'Ouest (le premier depuis 1938 pour les Pays-Bas). Passé par l'Ajax Amsterdam, c'était un joueur polyvalent à vocation défensive qui n'hésitait pourtant pas à se projeter vers l'avant dès que possible. En 1974, il a participé à l'intégralité des rencontres de cette Coupe du monde marquée par le jeu spectaculaire des Pays-Bas.

Cette mentalité offensive n'empêchait pas les hommes de Michels de bien défendre. Aligné en charnière centrale aux côtés de Wim Rijsbergen, Haan s'était montré impérial (1 but encaissé avant la finale). Mais il échouait une première fois aux portes de la victoire face à la RFA (1-2). Quatre ans plus tard, Haan retrouvait les joies de la Coupe du monde, en Argentine cette fois. Il était monté d'un cran sur le terrain et avait fait parler sa puissance de frappe à deux reprises. Il a grandement contribué à la qualification des siens pour une nouvelle finale avec deux pralines contre l'Allemagne (2-2) et l'Italie (2-1) lors du second tour (voir ci-dessous). Mais comme en 1974, les Pays-Bas s'inclinaient en finale contre le pays hôte (défaite 3-1 contre l'Argentine après prolongation). Treize matches, deux buts et surtout deux finales consécutives... Arie Haan s'est fait une place parmi les légendes de la Coupe du monde.

Haan correspondait parfaitement au profil de joueur souhaité par l'entraîneur Rinus Michels pour développer son «football total»

Le moment marquant

Ce n'était pas facile de tromper la vigilance du mythique Dino Zoff, alors imaginez un but sur une frappe de quarante mètres. Arie Haan avait osé tenter sa chance d'aussi loin contre l'Italie (2-1) durant la Coupe du monde 1978. C'était le dernier match du second tour dans le groupe A et le vainqueur gagnait sa place pour la finale. Les Pays-Bas étaient menés après un but contre son camp d'Ernie Brandts, qui se rattrapait en égalisant au retour des vestiaires. Puis, Haan avait réalisé ce bijou au stade Monumental de Buenos Aires pour qualifier son équipe pour la finale. Sa frappe puissante surprenait Dino Zoff et touchait le poteau gauche avant de rentrer dans les cages à la 75e minute de jeu. Un but qui avait marqué les esprits et qui est toujours considéré aujourd'hui comme un des plus beaux dans l'histoire de la Coupe du monde.

Le chiffre : 2

Arie Haan n'a perdu que deux matches sur treize matches disputés en Coupe du monde. Deux fois en finale. En 1978, les Pays-Bas avaient perdu contre l'Ecosse (2-3) en phase de poules, mais il était resté sur le banc.

L'archive de FF

Un peu plus d'une semaine après la finale perdue par les Pays-Bas contre l'Argentine en 1978, FF relayait la déclaration acerbe d'Arie Haan sur le déroulement du match dans le mundial épilogue du 4 juillet. Le Néerlandais était un habitué des sorties provocatrices et n'avait pas la langue dans sa poche. «Arie Haan, comme ses coéquipiers hollandais, a peu apprécié la façon dont s'est déroulée la finale de la Coupe du monde : 'Jusque-là, le tournoi avait été parfaitement correct, fait-il remarquer. Mais la finale a battu tous les records de violence. J'avais l'impression de me trouver dans un ring de boxe. J'ai joué contre Independiente, dont la réputation d'irrégularité n'était pas surfaite. Mais je peux vous dire que c'était une équipe d'enfants de chœur à côté de ceux que nous avons rencontré le 25 juin. Tout est évidemment de la faute de M. Gonella qui avait les moyens de tenir cette finale, qui ne l'a pas voulu, et qui nous a jeté dans la gueule du loup.'»

Clément Gavard