Championnat des étoiles
acheter
Football - Swansea City v Arsenal - Barclays Premier League - Liberty Stadium - 31/10/15 Arsenal's Olivier Giroud celebrates scoring their first goal  Action Images via Reuters / Alan Walter Livepic EDITORIAL USE ONLY. No use with unauthorized audio, (Reuters)
Feuilleton - Les derbies de la semaine

Arsenal-Tottenham : sacré derby

Une opposition historique. Leurs histoires diffèrent, leurs supporters se détestent et les matches sont tendus. Les deux clubs se livrent une guerre sans merci depuis des lustres. Et ils s'affrontent ce week-end. France Football revient en détail sur cette opposition.

Deux clubs opposés

Première chose qui frappe : la différence de stabilité. Alors qu'Arsenal n'a connu qu'un seul manager depuis 1996, en la personne d'Arsène Wenger, Tottenham en est à son quinzième avec Mauricio Pochettino. Graham, Hoddle, Juande Ramos, Villas-Boas s'y sont notamment cassé les dents. Conséquence logique, les politiques des clubs varient du tout au tout sur le marché des transferts. Pendant que les Gunners se montrent raisonnables, les Spurs claquent à tout va. On ne compte plus les transferts à 20 ou 30M€ complètement ratés et les joueurs mis «au loft» malgré leur salaire énorme.
 
Troisième point, le profil des supporters. Le club de Daniel Levy a toujours eu l'image d'un club soutenu par une part importante de la communauté juive londonienne (à raison jadis, moins aujourd'hui) et rassemblant les classes sociales aisées, alors que celui de Chips Keswick brasse plus d'ethnies et de classes sociales. Un constat à revoir bientôt vu les tarifs pratiqués...

L'anecdote : la malédiction de Tottenham

Les fans des Spurs croyaient à une malédiction. La plus récente série noire pour Tottenham dura de novembre 1999 à janvier 2008. Pendant plus de huit ans, Arsenal ne perd pas un match, jusqu'à cette demi-finale retour de League Cup où les Gunners s'inclinent lourdement, 5-1, à White Hart Lane (1-1 à l'aller). Un exploit permis par les performances exceptionnelles de Robbie Keane, Dimitar Berbatov et Steed Malbranque. Une qualification dont tout le monde se rappelle puisqu'elle conduit le club en finale face à Chelsea un mois plus tard, conclue par un titre. Avec une victoire 2-1, les hommes de Juande Ramos ramènent enfin un trophée au club. Le premier en neuf ans, le deuxième en dix-sept ans. Ce qui n'empêche pas le board de licencier l'entraîneur espagnol en fin de saison. On ne se refait pas...
Pascal Cygan à la lutte avec Stéphane Dalmat (Tottenham) en 2003. (L'Equipe)
Pascal Cygan à la lutte avec Stéphane Dalmat (Tottenham) en 2003. (L'Equipe)

Un match particulier, vu par Pascal Cygan (Arsenal 2002-06)

«C'est une des premières choses que j'ai découverte, la haine qui pouvait exister. Il y avait de l'animosité ou de l'intimidation dans les autres stades puisqu'à l'époque on était une équipe à battre, en haut de tableau. Mais à Tottenham, on sentait que c'était ancré dans la vie des gens et surtout que cela ne se limitait pas au simple fait du football. C'est un passé tellement lointain, avec des souvenirs répétés aux enfants, aux petits-enfants... J'ai même l'impression que cela en devient dangereux. C'est chaud au niveau de l'agressivité et du comportement. Quand le bus d'Arsenal arrivait aux abords du stade, c'était impressionnant. On se faisait insulter, lancer des trucs sur le bus. Pareil à la sortie du stade, il faut passer par une petite route qui est accessible à n'importe qui, alors même s'il y avait un cordon de policiers qui était là pour faire acte de présence (sic), il y avait toujours des choses lancées sur le bus. Même si cela ne nous faisait pas grand-chose, cela montrait bien la colère, la rage, de la part des supporters de Tottenham

La stat : 70

Comme le pourcentage de victoires d'Arsenal lors de ses vingt derniers matches. Les coéquipiers de Francis Coquelin en ont remporté pas moins de quatorze.

L'enjeu du match

Pour Arsenal, l'équation est simple. Remporter les trois points et rester en tête. Aux côtés de Manchester City, ou seul si les Citizens font un faux pas à Aston Villa. A Tottenham, une victoire permettrait de se rapprocher du Big 4. Et d'une place qualificative en Ligue des champions, quasiment inespérée. Mais prudence, la saison est encore longue (encore 26 matches à jouer). Rendez-vous dimanche (8 novembre) à 17h pour un Arsenal-Tottenham qui promet. Pascal Cygan (actuel entraîneur des défenseurs des U17-19 Lillois) parie sur une victoire des Gunners qui «marchent sur l'eau» en Championnat cette saison. De là à marcher sur son voisin honni ?
Maxime Lavoine 
Réagissez à cet article
500 caractères max
ADS :