16th September 2018 - Premier League - Wolverhampton Wanderers v Burnley - Joao Moutinho of Wolverhampton Wanderers - Photo: Marc Atkins/Offside. (Marc Atkins/OFFSIDE/PRESSE SPO/PRESSE SPORTS)
Angleterre - 38e journée

Au terme d'une folle saison pour leur retour en Premier League, le Wolverhampton de Nuno veut déjà viser plus haut

Promu cette saison, Wolverhampton va terminer à la septième place et peut rêver d'Europe. Avec un effectif équilibré, entre tauliers et pépites, encadré par l'entraîneur Nuno, les Wolves voient grand.

Pour une ville qui a comme slogan «Out of darkness cometh light» (de l'obscurité vient la lumière), la renaissance de son club est particulièrement parlante. Il ne reste plus grand-chose de l'équipe qui avait terminé dernière de l'édition 2011-12 de la Premier League. Plus rien du tout même. Et quel chemin parcouru. Les Wolves ont traversé diverses zones de turbulence depuis. Notamment une relégation en League One, la troisième division anglaise, en 2013. Deux chutes successives donc, et un chemin de croix de six années pour remonter dans l'élite. Tout changeait en 2016, quand Fosun International, un consortium chinois, rachetait les Wolverhampton Wanderers pour une somme comprise entre 40 et 50 millions d'euros. Pour le propulser à l'échelon supérieur. La saison passée, Wolverhampton remportait le Championship avec 99 points. Une base solide se mettait en place pour la suite. La bourgade de quelque 250 000 habitants était de retour dans l'élite. Ces fondations posées depuis deux saisons se traduisent désormais par d'excellentes performances en première division. Avec Nuno, arrivé en 2017, les Wolves ont réalisé un formidable exercice, certainement beaucoup plus loin que les attentes initiales. Nuno Espirito Santo, ou tout simplement Nuno, est nommé, avec Pochettino, Klopp et Guardiola, pour le titre de meilleur entraîneur de l'année en Premier League. Le manager portugais a été pour la grande partie de sa carrière de joueur un gardien remplaçant et il fait désormais des merveilles en Premier League. Il a développé un style propre, avec sa grosse barbe, et ce regard toujours confiant. Joao Moutinho, très amusé, expliquait au Telegraph que pour son premier entraînement l'été dernier, son nouveau coach était arrivé avec des chaussures sans lacets et un style vestimentaire peu conventionnel.

La Ligue Europa la saison prochaine ?

Alors que 2018-19 touche à sa fin, Wolverhampton a réussi l'exploit d'obtenir le meilleur classement jamais obtenu d'une équipe promue, à savoir une septième place. Avec aussi, une meilleure défense qu'Arsenal et Manchester United. En terminant à cette position, la bande de Nuno a même l'espoir de jouer la Ligue Europa la saison prochaine. Pour cela, elle devra espérer que Watford ne l'emporte pas contre Manchester City en finale de la FA Cup. Un scénario largement envisageable. Et une compétition où les Wolves ont fait bonne figure aussi. Aux portes de la finale, en demies, à Wembley, il lâchait un avantage de deux buts pour finalement s'incliner en prolongation contre les Hornets (3-2). Un premier coup dur dans cette rédemption, mais des accros logiques quand on vise un retour au premier plan sur le long-terme, et une preuve que l'équipe a encore beaucoup à apprendre. D'ailleurs, avant d'affronter Watford à Wembley, The Guardian titrait que ce n'était «que le début des rêves et des ambitions des Wolves». Après une petite vrille en Championnat (défaite contre Southampton, nul contre Brighton), probablement le contre-coup de l'élimination, ils ont réussi à se ressaisir pour finir la saison du mieux possible (trois victoires d'affilée). Wolverhampton s'appuie sur une forte "colonie" portugaise, et des joueurs comme Ruben Neves, Rui Patricio, Diogo Jota, Joao Moutinho, Ruben Vinagre, Helder Costa ou encore Ivan Cavaleiro. Un effectif aussi largement lié à Jorge Mendes. Parmi ses "clients", on retrouve le coach, mais aussi Moutinho, Neves ou Jota, entre autres.

Un système avec les joueurs parfaits

C'est aussi d'un point de vue tactique que les Wolves se sont fait remarquer cette saison. Avec son système à trois centraux, s'articulant souvent en 3-5-2, notamment sur ces dernières semaines, le coach portugais a trouvé la configuration idoine. Il s'appuie sur une base solide derrière (Willy Boly, Conor Coady, Ryan Bennett et l'expérimenté Rui Patricio aux cages), un milieu (Joao Moutinho, Ruben Neves, Leander Dendoncker) et des pistons (Jonny, Matt Doherty) qui servent de rampes de lancement aux deux attaquants (Diogo Jota et Raul Jimenez). Diogo Jota, grand artisan de la montée (17 buts, cinq passes décisives en 2017-18), réalise une excellente deuxième partie de saison. Depuis janvier, il a inscrit huit buts et offert six assists toutes compétitions confondues. Le Portugais a été dépeint comme le «joueur le plus important en 2019» pour les Wolves par Sky Sports. L'attaquant, prêté par l'Atletico la saison passée, n'a pas eu besoin de beaucoup de temps pour s'adapter au football anglais, d'abord en Championship puis en Premier League.
Traduction : Diogo Jota a été directement impliqué sur neuf buts lors de ses dix derniers matches toutes compétitions confondues. 5 buts, 4 assists. Il réalise une superbe saison.
Pourtant, le contraste détonne entre les performances du joueur dans la première et la seconde partie de la saison. La clé a été un repositionnement dans un rôle plus central, aux côtés de l'attaquant mexicain Jimenez. Mi-janvier, il inscrivait un triplé contre Leicester. C'était parti. Et un nouveau coup réussi de Nuno qui n'a pas abandonné son joueur. Contre Arsenal, il a été une nouvelle fois au top de sa forme et l'incapacité des Gunners à être présent offensivement faisait encore plus ressortir les qualités de Jota. Son compère de l'attaque, Raul Jimenez, qui a été définitivement acheté pour 30 millions d'euros (record du club), n'est pas en reste non plus : avec 13 buts, il est le meilleur buteur de son équipe en Championnat. C'est aussi un mix générationnel, entre tauliers, pépites et joueurs expérimentés du football anglais. Avec un patron comme Moutinho au milieu par exemple, décrit comme «sans égal» et «le coup de la saison» par The Telegraph, et la star en devenir Ruben Neves, qui était arrivé en Angleterre en 2017 de Porto, alors que plusieurs grands clubs européens se l'arrachaient. Il reste cependant plus que jamais dans leur viseur.

Bientôt dans la cour des grands

Avec l'arrivée de Fosun, les Wolves ont pris l'habitude de dépenser beaucoup d'argent. 80 millions d'euros uniquement l'été dernier. Mais le coach Nuno se défendait, expliquant que les performances des siens n'étaient pas uniquement liées à l'argent. «Je n'ai jamais vu un billet de vingt courir sur le terrain, ironisait-il dans The Independent. Le plus important demeure l'état d'esprit et l'application des joueurs. Depuis le premier jour, tout le monde a montré qu'il voulait contribuer et je crois que nous pouvons encore mieux faire.» L'équipe est souvent décrite comme «la meilleure du reste», comprenez hors top 6. Et encore, à regarder de plus près les résultats contre les grosses écuries cette saison, les Wolves n'ont pas à rougir. The Guardian écrivait, avant cette dernière journée de Premier League, que l'équipe «était construite pour défier les meilleures oppositions». C'est simple : sur les 33 points possibles contre les six premiers, ils en ont pris 16... Plus que Tottenham, Arsenal, Chelsea et Manchester United si l'on venait à faire un mini-classement à sept équipes.
Il y a eu des succès contre Tottenham, Chelsea ou Arsenal. Ils ont par ailleurs aussi éliminé Liverpool et Manchester United en FA Cup. Du côté de Fosun, on n'a jamais caché que l'objectif sur le long-terme était d'aller jusqu'à gagner la Premier League. Il faudra encore du temps, beaucoup de temps. Et si cela parait un doux rêve, tout le monde chez les Wolves s'emploie à donner de sa personne. Pour passer à la vitesse supérieure, l'équipe aura peut-être déjà l'occasion de gagner en expérience en Ligue Europa dès la saison prochaine. Sur la durée, l'écart de niveau est encore élevé avec les équipes au-dessus, même s'il n'y a que huit points avec Manchester United, sixième. Les Wanderers vont aussi devoir se méfier de ces écuries justement, qui voudront sûrement tenter de s'emparer de ses meilleurs éléments. À n'en pas douter, ils ne se laisseront pas faire et tenteront aussi, dès cet été, d'enrôler de nouvelles recrues pour peaufiner encore un peu plus un effectif déjà de fort belle qualité. Attention à ne pas exploser en vol, notamment en cas de départs, mais une qualification européenne pourrait poser les premières fondations d'un futur glorieux.
Jérémy Docteur 
Réagissez à cet article
500 caractères max
ADS :