pichon (marinette) (P. Lahalle/L'Equipe)
CM féminine 2019

Avant le tirage des groupes pour le Mondial féminin 2019, notre entretien avec Marinette Pichon : «La Coupe du monde, un concentré d'émotions»

Ancienne buteuse des Bleues (112 capes, 81 buts), la Française est particulièrement bien placée pour évoquer la Coupe du monde, qu'elle a disputée en 2003. Désormais Légende FIFA, elle est l'un des visages féminins du tirage au sort à Boulogne Billancourt à 18h, du côté de la Seine Musicale.

«Marinette, avant d'évoquer ce tirage au sort de la Coupe du monde 2019 qui aura lieu en France, remuons avec vous quelques souvenirs. Et notamment votre participation à la Coupe du monde 2003, aux Etats-Unis, dans les rangs des Bleues...
Quand on me dit Coupe du monde, je pense performance, passion, dépassement, partage. Tristesse et magie aussi. Je pense à tout ça. Un évènement majeur comme la Coupe du monde procure toutes ces émotions. On vit un ascenseur émotionnel lorsqu'on est sur le terrain. On passe par tous les stades, de l'excitation à la déception parfois.

Et 2003, époque où vous jouiez pour les Chargers de Philadelphie...
En 2003, on a connu une mauvaise entrée en compétition (défaite 0-2 contre la Norvège). Derrière, on doit battre la Corée, on se fait battre (0-1). On concède le nul au Brésil (1-1). Comme c'était la première fois, on était les pionnières d'une certaine façon. Aujourd'hui, c'est fabuleux de recevoir cet évènement sur notre territoire. D'avoir la possibilité de transmettre ce qu'on a reçu durant toutes ces années. J'espère vraiment que nos joueuses arriveront à faire vibrer le pays.

Comment imaginez-vous cette Coupe du monde en France, en juin prochain ?
Je crois que ce sera un tournoi très relevé. Quand on voit les pots, on se dit qu'il y aura du boulot dès le premier tour ! Souhaitons que nos Bleues ne soient pas trop mal loties dans le groupe A.

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«C'est peut-être l'année des Bleues. (...) Je fais totalement confiance à "Coco" Diacre. Il y a matière à bien faire.»
Ces dernières années, les Bleues ont atteint le dernier carré sans jamais décrocher une médaille, qu'il s'agisse des JO ou d'une Coupe du monde. L'attente est très forte, une génération est passée, des joueuses ont pris leur retraite. Cette fois est-elle la bonne ?
Je pense qu'on a l'avantage, outre de jouer chez nous, de posséder cette harmonie au sein du groupe, des individualités, et puis une coach qui connaît tous les rouages. C'est peut-être l'année des Bleues. On a la possibilité d'emmagasiner de la confiance sur les matches de préparation. Et surtout, d'être prêtes le 7 juin pour le match d'ouverture. Physiquement et psychologiquement. Je fais totalement confiance à «Coco» Diacre. Il y a matière à bien faire.

Vous avez connu le professionnalisme aux Etats-Unis, il s'installe en France depuis quelques années. FF a décerné voici peu le BO féminin. Les choses bougent !
Oui et de façon très, très, positive ! A nous d'être en capacité de capitaliser toutes ces évolutions. Le travail a été réalisé, que ce soit par les instances fédérales, les clubs. Mais on sait très bien que le football féminin reste le soufflé au fromage dans le four. Si on ne fait pas de performances, on risque de rencontrer de nouveau le désamour des médias et du tissu économique. On a pris conscience de l'importance de cette CM.

Comment ?
Les filles ont compris que c'était important de communiquer. Le foot féminin a encore cette fraîcheur. A nous de surfer là-dessus. Evidemment, il y a beaucoup d'enjeux sur cette compétition. Médiatiquement, économiquement, il ne faudra pas se louper. Pour susciter des vocations également. Il y a une vraie pression sur les épaules de notre équipe de France.

Que devient Marinette Pichon ?
Je suis invitée en tant que FIFA légende, également ambassadrice de la ville de Reims. Je suis en train de réfléchir à des projets, il y a pas mal de sollicitations. Je voudrais rester dans le milieu de football. Peut-être à un poste de manager général dans un grand club...»
Propos recueillis par Frank Simon 
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