ben yedder (wissam) (A.Reau/L'Equipe)
Ligue 1 - 15e journée

Avant PSG-Monaco, retour sur les années parisiennes de Wissam Ben Yedder

Revenu cet été en Ligue 1, avec Monaco, Wissam Ben Yedder a une carrière pour le moins atypique. Formé en région parisienne, le joueur est ensuite passé du futsal au football professionnel. Flash-back.

Avec neuf buts en une passe décisive en douze matches de Championnat, Wissam Ben Yedder est aujourd'hui l'un des maillons forts de Monaco, qu'il a rejoint cet été après avoir brillé sous les couleurs du Toulouse FC, avec qui il a découvert la Ligue 1, puis du FC Séville. Mais, avant de mettre le cap sur la Ville rose, à tout juste vingt ans, l'international français (8 sélections, 2 buts) a fait toutes ses gammes en Ile-de-France. Le natif de Sarcelles a ainsi passé toute sa jeunesse et son adolescence à jongler entre le futsal et le football à onze. Avec une conviction jamais démentie : devenir un jour footballeur professionnel.

En 2000, Ben Yedder signe sa première licence de football, à l'âge de dix ans. On parle alors déjà d'un gamin surdoué. «Il avait quelque chose de plus que les autres», se souvient Jean-Patrice Mendy, l'un de ses premiers entraîneurs. À quinze ans, il se met au futsal, et enchaîne les matches dans les deux disciplines, avec le FC Garges et le Garges Djibson, club du Championnat de France de futsal. Ses performances de haut niveau, et surtout sa technique, étonnent ses éducateurs, et lui permettent très rapidement de se faire un nom. Il lui arrivera même parfois de demander à sortir quelques minutes afin d'observer les joueurs adverses et de trouver une solution.

Les premiers pas avec l'équipe de France... de futsal

Des qualités qui sautent aux yeux de pas mal de monde. Et qui vont très vite l'amener en équipe de France de la discipline. Alors qu'il évolue à l'US Saint-Denis, en football à onze, en 2009, il participe à un stage de détection avec les U21 futsal à Clairefontaine. Mais il n'a même pas besoin d'aller chez les Espoirs, son potentiel lui permet d'intégrer directement les A. «Il avait vraiment du talent, une maturité, une faculté à éliminer à droite et à gauche», confiait d'ailleurs Pierre Jacky, le sélectionneur de l'époque, à La Dépêche. Six mois plus tard, il effectue son premier match contre le Chili (7-0). Une rencontre au cours de laquelle il inscrit son seul et unique but avec les A. Après six sélections, il met un terme à sa carrière de futsal en Bleu en mai 2010.

«Un compétiteur hors pair, capable de relever tous les challenges»

En même temps, il pratique le foot avec les U19 de Saint-Denis, avant de signer à l'UJ Alfortville. Déjà, Ben Yedder se démarque des autres joueurs. «Wissam est un compétiteur hors pair, il est capable de relever tous les challenges», explique Azzedine Meguellatti, son ancien coach à l'UJA. Alors âgé de 19 ans, Ben Yedder joue deux mois avec la réserve. Puis, en octobre, il intègre l'équipe première. «Son regard quand je lui annonce qu'il intègre le groupe 1, c'est un mélange de soulagement et une détermination que je n'avais jamais ressentie chez un joueur, poursuit Azzedine Meguellatti, Mon interprétation était celle-ci : "Merci, je ne vous décevrai jamais"». En vingt-trois matches, Ben Yedder inscrit neuf buts, et délivre autant de passes décisives, permettant à son équipe d'être promue en National.
«Il est tellement différent qu'il est juste impossible de lui trouver un manque dans son registre de jeu, ajoute Azzedine Meguellatti. Il avait une compréhension et une anticipation du jeu dignes d'un trentenaire à 18-19 ans». C'est d'ailleurs lui qui inscrit les deux buts décisifs pour la montée face à Villemomble. Sur le plan individuel, Wissam Ben Yedder est nommé meilleur joueur du Trophée des centres de formation en 2010. Respectueux, travailleur, le jeune attaquant fait l'unanimité. Il ne restera qu'un an à Alfortville, avant de découvrir l'élite à vingt ans, à Toulouse. Le début d'une belle et grande histoire.
Quentin Granet
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