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(B. Papon/L'Equipe)
Économie

Avantage PSG dans l'e-Clasico aussi

En matière de business model, un des facteurs clés de succès de l'économie des clubs, c'est le public. D'abord physiquement. Plus le club peut accueillir de public dans son stade, plus ses recettes billetteries peuvent progresser, tout comme sa valeur sponsoring et son revenu "entreprise". Sur ce principe, les clubs des (grandes) villes ont un avantage sur les clubs des champs. Mais avec la révolution digitale, rien n'interdit à ces derniers de développer leur public "distant". Enfin en théorie, car l'interrogation du moment est : comment transformer un fan-internaute d'un club en fan-client ? C'est à cette question que le Baromètre Expérience Client Digitale cherche à apporter des réponses.

Plus de 50 sites Internet, dont ceux des 15 principaux équipementiers, des 15 chaines ou réseaux de distribution et de 20 clubs ou franchises évoluant au niveau national et mondial ont été analysés à partir de plus de 70 critères. Au final, les équipementiers comme Nike, Adidas ou Under Armour, parce qu'ils allient à la puissance de la marque et leur expérience en matière de commerce la dimension émotionnelle des clubs et des stars avec lesquelles ils sont sous contrat, sont en tête. Les clubs arrivent ensuite et on retrouve naturellement dans le top 5 les clubs les plus puissants financièrement : Real Madrid, Manchester United, FC Barcelone, Bayern Munich et PSG. Ces clubs ont bien saisi qu'ils devaient étendre leur terrain de jeu au-delà du stade, au-delà de la ville et des frontières afin de conquérir de nouveaux marchés, de nouveaux "clients", d'où la dimension essentielle jouée par les réseaux sociaux.
De 5 millions sur les réseaux sociaux, le PSG est passé en 5 ans à 25 millions de fans.
A quelques jours du clasico, ce baromètre fait apparaître un écart entre le PSG et l'OM également sur la toile. Les deux clubs ont commencé par l'étape 1 qui consiste à aménager leur stade, mais si le Vélodrome a considérablement plus évolué que le Parc des Princes, c'est ce dernier qui fait le plein quand l'enceinte marseillaise sonne le creux. Puisque le Parc se remplit par la garantie du spectacle proposé, le PSG qatari s'est efforcé de développer le lien aux fans. De 5 millions sur les réseaux sociaux, il est passé en 5 ans à 25 millions de fans, évidemment gagnés principalement hors de France, et réussi à monétiser indirectement cette adhésion.

Pour ne citer qu'un exemple, le contrat maillot de Fly Emirates est ainsi passé de 5 à  25 millions d'euros. Parallèlement, le club développe son site (proposé en plusieurs langues, du mandarin à l'anglais) afin de passer à l'étape suivante : la monétisation directe. Pour diverses raisons, l'OM lui n'a pas pu développer le lien qui existe entre le club et ses fans du monde entier. Frank McCourt sait qu'il devra injecter dans les prochains mois plusieurs millions d'euros pour remettre à flot sportivement l'Olympique de Marseille. Mais en Américain connaisseur du potentiel des franchises de son pays, il sait aussi qu'en investissant non pas des millions mais des milliers d'euros dans le développement de la relation entre la forte marque OM et ses fans, il aura beaucoup à gagner.
Vincent Chaudel
Directeur Communication & Marketing / Expert Sport chez Wavestone
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