batshuayi (michy) fletcher (steven) (GOLESI FELIX/L'Equipe)
Ligue 1 - Marseille

Batshuayi-Fletcher, pourquoi ça peut marcher

Avec une attaque à deux pointes, l'OM a peut-être réussi sa prestation la plus aboutie dans le contenu à Bilbao en C3. Eliminés, les Phocéens peuvent croire en une association Batshuayi-Fletcher pour finir la saison en boulet de canon. Analyse.

La place de titulaire de Michy Batshuayi a été fragilisée par les récentes sorties de Michel en conférence de presse. L'entraîneur de l'OM a lancé Steven Fletcher en espérant  bousculer la hiérarchie olympienne. L'attaquant belge lui a gentiment répondu en enchaînant deux buts face à Saint-Etienne et en Ligue Europa contre Bilbao, ce qui porte son total à 16 buts toutes compétitions confondues. En somme, il va être difficile pour l'Espagnol de pointer des manques ou des lacunes... Alors, au lieu d'opposer les deux, et au vu de leur première titularisation ensemble face aux Basques, on vous explique pourquoi leur association ne peut être que fructueuse pour les Phocéens.

Un duo plus qu'un duel

A deux, il faut s'aimer un minimum. Steven Fletcher l'a vite compris et dit : «Il est jeune, l'aider à progresser me rendrait très heureux. On s'entend très bien, donc si le coach décide de nous faire jouer ensemble, ce serait superbe», avait-t-il déclaré, il y a plus d'une semaine. Bien vu, à San Mamés, Michel a exaucé ce vœu pieu. Si les conclusions ne peuvent être hâtives ni dans un sens ni dans l'autre, force est de constater que l'OM ne s'est jamais créé autant d'occasions sur la pelouse basque.  A deux dans la surface, on a plus de chances de marquer, c'est une certitude. Le plus grand intérêt dans ce schéma réside dans le fait d'obliger les défenseurs adverses à davantage surveiller l'axe et donc de libérer plus les côtés, ce qui profite évidemment à des joueurs comme Nkoudou ou Cabella. «Ce sont deux joueurs que je vois bien jouer ensemble. Ces deux attaquants peuvent  prendre successivement la pointe de l'attaque. Ils en ont les capacités. Fletcher, sur ce que j'ai vu, j'aime bien. On sent que c'est un bon joueur de ballon. Il est intelligent dans ses déplacements. C'est loin d'être qu'un simple joueur de tête», nous lâche Johan Micoud, ancien meneur de jeu de l'équipe de France. Micoud apprécie aussi le profil de l'international belge : «J'aime bien Michy. Il est bon sur ses premiers appuis, il sait aussi prendre la profondeur. Là, où il est également intéressant, c'est dans sa protection de balle», ajoute l'ex-maître à jouer du Werder Brême.
Une belle complicité est en train de naître entre l?Écossais et le Belge. (LUTTIAU NICOLAS/L'Equipe)
Une belle complicité est en train de naître entre l?Écossais et le Belge. (LUTTIAU NICOLAS/L'Equipe)

Faire sauter le verrou au Vélodrome

Associés en attaque pour la première fois au coup d'envoi, les deux hommes ont transformé le jeu de l'OM. Steven Fletcher a pris beaucoup de ballons de la tête. L'ancien de Sunderland a effectué un gros travail défensif qui a libéré un peu plus le Belge. Cependant, cela lui a peut-être coûté en lucidité lorsqu'il a fallu conclure dans les dernières minutes. Placé en neuf et demi, Fletcher a bien rempli son rôle. Passé par l'OM, Tony Cascarino a résumé au mieux les qualités du joueur chez nos confères de la Provence : «Il me rappelle Pagis. Capable d'être un neuf et demi, de jouer derrière une pointe. Pas un numéro 10, parce qu'il n'en a pas le bagage technique, pas tout à fait un neuf jouant seul devant. Pas le plus rapide, mais bon dans les duels, adroit, il joue simple, il est bon devant le but. De plus, je n'ai jamais rien entendu de désagréable à son sujet, je pense que c'est un bon mec. Bien utilisé, ça peut se révéler être une très bonne recrue, surtout s'il a des ailiers autour de lui», analyse l'Irlandais. Sur le terrain, Fletcher s'est effectivement positionné plus en retrait, et légèrement excentré sur le côté droit. Il a apporté par sa qualité de remise. Altruiste, généreux avec les autres, il doit maintenant enchaîner les matches pour s'affirmer au sein du collectif marseillais. Pour un attaquant, le respect se gagne avant tout en étant décisif dans la zone de vérité. Désormais, pour faire sauter le verrou à domicile, Michel pourrait être tenté d'utiliser ce système dans les journées de Championnat à venir.

Maintenant ou jamais pour Michel

Excepté Cabella et Nkoudou qui semblent être des titulaires en puissance, ce changement de philosophie signifierait des dégâts collatéraux au moment où l'OM a empilé sans réelle réflexion des ailiers dans son effectif. Ocampos, Thauvin, Alessandrini et Sarr sans compter Isla qui peut également dépanner sur tout le couloir. L'Argentin est blessé, et très mauvais depuis le début de saison. Florian Thauvin est fantomatique, et semble au fond du trou psychologiquement. Romain Alessandrini, juste moyen, peut-être le joker idéal pour entrer en cours de match. Après son match référence contre Caen, Bouna Sarr demeure un mystère et son management par Michel également. Abdelaziz Barrada, avec son profil polyvalent, peut espérer être associé à Lass Diarra ou être placé en faux pied sur le côté gauche, mais là, encore il y a un gros retard sur «GK» Nkoudou, très performant avec l'OM.
 
 Alors à deux, c'est possible ? Passé par Sochaux, Guingamp ou au PSG, Guy Lacombe a utilisé le schéma avec deux pointes. Il nous en parle : «Là, c'est difficile à dire, il faut être dedans pour maîtriser tous les paramètres. La complémentarité cela se travaille, et il faut mettre des principes de jeu. Parfois vous pensez acheter deux joueurs qui sont fait pour jouer l'un avec et l'autre, et ça ne prend pas du tout. Même si Fletcher que je connais très peu vient de débarquer, rien ne dit que la greffe ne peut pas prendre entre les deux. La clé c'est qu'ils se sentent bien ensemble», soutient l'un des membres de la DTN, actuel entraîneur national et responsable de la formation des cadres techniques. Pour l'OM, le coup peut être double car le retour de Benjamin Mendy permet de mettre davantage de ballons dans la boîte grâce aux qualités de centreur du latéral gauche comme on a pu le constater sur le but de Basthuayi face à l'Athletic. Avec ce dispositif, Michel a peut-être trouvé quelque chose pour donner un autre élan à la saison marseillaise. Il aura l'occasion de le mettre en place ou pas. Sur les quatre prochaines journées (Gazélec, Toulouse, Lorient  et Rennes), l'OM doit absolument réaliser une série avec un minimum de 9 points sur 12 possibles sinon le club finira au mieux entre la cinquième et la dixième place, loin des objectifs annoncés, et escomptés par le peuple marseillais.

Nabil Djellit (avec J.T)
Réagissez à cet article
500 caractères max
ADS :