Bebeto (L'Equipe)
CM - Les 100 de FF

Bebeto (Brésil), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

13 mars - 14 juin : dans exactement 93 jours débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Huitième épisode avec Bebeto.

Son histoire avec la Coupe du monde

1990, 1994, 1998 : Jose Roberto Gama de Oliveira, dit Bebeto a pris part aux trois Coupes du monde de la décennie 90. Avec divers scenarii selon les époques. Il y a d'abord eu le Mondial italien où, barré notamment par Careca ou Müller, il ne jouait quasiment pas et voyait son pays être éliminé dès les huitièmes de finale par le rival argentin (0-1). Il retrouvait le sourire quatre ans plus tard en allant au bout avec la Seleçao. À 30 ans, il jouait un rôle capital avec, par exemple, le but de la qualification pour les quarts devant les États-Unis (1-0). Pas vraiment en réussite en finale, qu'il a jouée de bout en bout, il voyait Roberto Baggio envoyer le cuir dans les tribunes pour devenir champion du monde. À 34 ans, Bebeto remettait le couvert une dernière fois en France. Et il est toujours un cadre indispensable de Zagallo. Moins en verve durant la compétition, même si son égalisation en quarts face au Danemark était indispensable (3-2), il passe au travers de la finale et bute sur la muraille des Desailly ou Leboeuf.

Le moment marquant

Une hésitation de la défense néerlandaise, un défenseur qui est trop court, De Goej, le gardien batave, éliminé, un but dans des cages vides, et une célébration devenue mondialement connue. Nous sommes le 9 juillet 1994 au Cotton Bowl de Dallas. En quarts de finale de la Coupe du monde, le Brésil assomme les Pays-Bas avec un but de Bebeto (62e) qui fait suite à l'ouverture du score de Romario dix minutes plus tôt (qualification 3-2 au final). Dans la continuité de sa réalisation, le Brésilien filait vers la ligne de touche en imitant le geste de bercer un bébé, avec, en tête, son nouveau-né qui venait d'être mis au monde par sa compagne. Juste après, Mazinho et Romario se joignaient à l'ancien joueur de La Corogne. Mythique.

Le chiffre : 6

Comme son nombre de buts en Coupe du monde. En quinze rencontres disputées.

L'archive de FF

Le 3 juillet 1998, pendant la compétition, au sujet de Bebeto et de sa relation compliquée avec ses propres supporters, FF écrit : «Malgré les méchants sifflets des supporters, qui voudraient tant voir Denilson jouer aux côtés de Ronaldo, le doux Bebeto garde son gentil sourire. Rassuré par la confiance inébranlable que lui accorde Zagallo, il affirme que ces quolibets ne le touchent pas. Depuis le début de la Coupe du monde, c'est toujours la même rengaine. En général, il ne s'est pas écoulé une dizaine de minutes que, déjà, l'impitoyable torcida réclame l'entrée en jeu de Denilson et la sortie de Bebeto, conspuant ce dernier à la plus petite erreur. Il arrive souvent que les supporters obtiennent satisfaction, jamais toutefois aussi vite qu'ils ne le souhaiteraient. Ils doivent patienter au moins une heure avant que leur voeu ne soit exaucé (...) Sûrement que d'autres à sa place réagiraient devant un tel acharnement. Mais Bebeto, lui, n'est pas du genre à se fâcher. Le pourrait-il d'ailleurs qu'on ne le prendrait peut-être pas au sérieux tant il respire la gentillesse. Il encaisse sans broncher (...) "Je sais que je suis critiqué, mais j'ai ma conscience pour moi. J'ai toujours tout donné pour la sélection et je sais parfaitement ce que je vaux." Surtout, il sait que Mario Zagallo n'est pas près de le lâcher, en dépit de performances moyennes et pas toujours suffisantes.»
Timothé Crépin

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