ben arfa (hatem) (L'Equipe)
À lire dans FF - L'entretien exclusif

Hatem Ben Arfa : «Je reviens de l'enfer»

A l'occasion d'une touchante confession, Hatem Ben Arfa revient dans le France Football de cette semaine sur ses longs mois sans foot et emplis de doutes. Un témoignage fort, à retrouver en kiosques à partir de ce mercredi.

Sa prise de conscience : «Je n'avais pas envie de me laisser couler»

«Cet arrêt (NDLR : six mois sans jouer de janvier à juin 2015) est intervenu à la suite de plusieurs mois douloureux à Newcastle puis Hull. À un moment, quand je me suis retourné, je me suis aperçu que j'étais en situation d'échec total. Je voyais les mois défiler et m'enfoncer de plus en plus. Quand les semaines perdues s'empilent, tu te poses des questions. Le temps ne t'attend pas. Je n'avais pas envie de me laisser attirer par le fond, ni de me laisser couler car je ne me suis toujours pas accompli en tant que footballeur. Je ne voulais surtout pas imaginer ma fin de carrière avec des regrets et des frustrations. En fait, à un moment, j'ai pris conscience que je n'avais plus de temps à perdre.»

Son calvaire à Newcastle et Hull City : «On m'a fait vivre un cauchemar»

«C'était une période très, très difficile. La pire de ma carrière. C'était un enfer qui a commencé à Newcastle. Là-bas, lors du premier jour de la reprise en août 2014, j'ai été placé directement avec la réserve. Une terrible humiliation. Les semaines passaient et j'étais toujours avec ces jeunes de seize, dix-sept ans sur des terrains à l'écart de ceux des pros. Je ne comprenais pas. On m'a fait vivre un cauchemar. C'était plein de petits coups bas. (...) Et au moment où je croyais m'en sortir en signant à Nice, on m'interdit de m'engager. Ça commençait à faire beaucoup...»
Hatem Ben Arfa tient à remercier Claude Puel. (L'Equipe)
Hatem Ben Arfa tient à remercier Claude Puel. (L'Equipe)

Sa période de doute : «Je reviens de l'enfer»

«J'avais le sentiment d'être enfermé dans une pièce sombre sans porte, ou dans un tunnel interminable. Je voyais l'enfer et surtout aucune issue à mes problèmes. À cette période-là, j'étais mal, je ne voyais pas de lumière. Je me trouvais prisonnier. Je me mettais des claques tous les jours pour ne pas lâcher prise. J'essayais de me persuader que la lumière allait revenir, que j'allais retrouver le bon chemin. En signant cet été avec l'OGCN, j'ai vraiment eu le sentiment de sortir de l'enfer. En fait, c'est ça, je reviens de l'enfer.»

Claude Puel : «Sans lui, je ne serais pas revenu aussi vite»

«Claude Puel est beaucoup moins dans le paraître et l'image (que les autres coaches). Ce qui l'intéresse avant tout, c'est ton évolution. Il gagne à être connu. C'est un vrai trésor pour ce club. Il a une richesse énorme, et surtout, je crois qu'il aime sincèrement ses joueurs. (...) Il a une très grande part de mérite dans ce qu'il m'arrive actuellement. Sans lui, je ne serais pas revenu aussi vite (...) Il n'essaie pas de me faire devenir un autre joueur. Plutôt que d'insister sans arrêt sur mes points faibles, il essaie d'améliorer mes points forts. Si je l'avais connu avant, je ne serais sans doute pas le même joueur aujourd'hui.»

Le making-of de l'entretien

- Lieu : terrasse de l'Hôtel le Saint-Paul, avec vue sur la baie des Anges.
- Durée : 2 heures.
- Boisson consommée : un Coca zéro.
- Tenue : jean's, basket et pull.
- Niveau de connivence avec l'intervieweur : au-dessus de la moyenne.
- Autres personnes présentes sur les lieux : Michel Ouazine, son conseiller, et Bruno Sevaistre, un journaliste qui planche sur un film sur HBA. 
- La question que l'on a oublié de lui poser : «Vous avez des vidéos confidentielles sur votre portable ?»
- Nombre de fois où il a regardé sa montre durant l'entretien : aucune, il n'avait pas de montre. 
- Note sur sa disponibilité : 8/10.

Pascal Ferré
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