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cheyrou (benoit)  flamini (mathieu) (LAHALLE/L'Equipe)
Ligue des Champions - Marseille

Benoît Cheyrou sur l'OM en Ligue des champions : «Zéro point cette saison, je ne veux pas y croire»

On ne le souhaite pas au Marseille d'André Villas-Boas, mais vu comment c'est parti, les Olympiens pourraient égaler l'équipe d'Elie Baup qui, en 2013-14, avait enregistré six revers en six matches de Ligue des champions. Benoît Cheyrou était dans l'effectif. Le consultant de Téléfoot rembobine quelques souvenirs et porte son regard sur l'OM actuel.

«Benoît, si on vous dit la phase de poules de la Ligue des champions saison 2013-14, quel mot vous vient tout de suite en tête ?
Oubli (Il sourit.). Ce qui est important, je pense, c'est qu'on reparle encore une fois de ça et, même si la série est en cours, je trouve ça injuste de rattacher ces défaites d'il y a sept ans à l'équipe de cette saison. Pour moi, ce sont deux équipes complètement différentes. Même s'il y a trois joueurs, Steve Mandanda, Dimitri Payet et Florian Thauvin qui, parmi l'effectif actuel, ont participé en 2013. Le coach est différent, l'environnement est différent, la politique du club est différente... J'ai entendu : "La série est en cours, il y a le record d'Anderlecht, etc". Je trouve ça vraiment injuste. S'il y avait trois campagnes à la suite, trois saisons d'affilée, je dirais ok, là c'est cohérent, c'est à peu près la même équipe... Là, il y a eu sept ans qui sont passés ! (Il insiste.) Je trouve ça injuste. Ce n'est pas révélateur. Quand il y a un écart aussi important entre les deux cuvées, je trouve ça un peu dur. Mais sinon, oui, on a envie d'oublier. Et le fait que Marseille puisse gagner face à Porto va, j'espère, nous le permettre.
 
A votre époque, vous souvenez-vous du sentiment que vous aviez en enchaînant ces six défaites ?
Honnêtement, pas spécialement. Avant la fin du dernier match, on était déjà plongés dans le Championnat pour essayer de livrer les forces en Ligue 1 et non plus en Coupe d'Europe car on savait qu'il n'y avait plus de qualification possible et qu'il n'y avait plus rien à jouer. A part l'honneur, peut-être. Là, cette saison, après trois matches joués, on se dit qu'il y a peut-être une qualification possible en Ligue Europa. D'après ce que j'ai compris, je ne sais pas si c'est quelque chose de souhaité dans le camp marseillais parce que la C3 prend beaucoup d'énergie et ils veulent se qualifier pour la prochaine Ligue des champions... Mais, à l'époque, on voulait se battre pour cette troisième place quand on savait que les deux premières étaient inaccessibles.
Le onze de l'OM lors du déplacement à Naples. (Martin/L'Equipe)
Le onze de l'OM lors du déplacement à Naples. (Martin/L'Equipe)

«Je me rappelle du speaker de Naples»

Lors du dernier match, Kevin Grosskreutz et le Borussia Dortmund marquent à la 87e minute au Vélodrome pour "officialiser" le zéro pointé.
Dans ce groupe, il y avait trois gros. C'est aussi la différence avec ce qu'il se passe cette saison. Il y avait le Borussia Dortmund, Arsenal et Naples... Mais, même si on sait qu'il n'y a plus d'enjeux, ce sont toujours des matches qu'on a envie de jouer, se confronter et se jauger aux autres. Quand on est petit, on a envie de jouer des matches contre les meilleurs et les meilleurs, c'est en Ligue des champions qu'on les affronte. Découvrir de nouveaux stades... Je me souviens de Naples, je n'y avais jamais été et ça avait été quelque chose. 3-2, avec deux buts de (Gonzalo) Higuain. Je me rappelle du speaker... Toujours des moments agréables. La Ligue des champions, pour moi, ç'a été le top du top. Je n'ai pas été international mais je pense que même par rapport aux joueurs qui ont disputé des Euros et des Coupes du monde, les matches de Ligue des champions restent le plus haut niveau. En C1, il y a les meilleurs des meilleurs.
«Pour gagner des points et matches en Ligue des champions, ce n'est pas une histoire de niveau, mais une histoire d'expérience.»
Y a-t-il des points communs entre "votre" Marseille et celui de Villas-Boas ?
Je n'en vois pas beaucoup. A l'époque, il y avait un projet autour des jeunes avec les arrivées de Benjamin Mendy, Mario Lemina, Giannelli Imbula... Et on avait limite plus d'expérience. Quand on voit le nombre de matches de C1 de l'OM de cette année, à part Steve (Mandanda), Dimitri (Payet) et Flo (Thauvin), les autres n'en ont pas... Pour gagner des points et matches en Ligue des champions, ce n'est pas une histoire de niveau, mais une histoire d'expérience. Quand on regarde les joueurs de Porto, ils ont tous vingt matches de C1 chacun, l'Olympiakos c'est pareil et je ne parle même pas de Manchester City : c'est de la gestion d'événement par rapport à la médiatisation qui est complètement différente qu'en Ligue 1 ; les petits détails comme les buts encaissés face à l'Olympiakos et Manchester City ; et l'enchaînement des matches tous les trois jours : ce n'est pas forcément physiquement, mais c'est mentalement que c'est dur d'enchaîner, d'avoir cet esprit de guerrier à chaque match, de se mettre dedans tous les trois jours. J'espère que cette période de trois semaines sans match pour l'OM (NDLR : 19 jours entre Strasbourg et Porto) va avoir permis de bien travailler physiquement, tactiquement, pour arriver frais dans cette rencontre de Porto.
Cheyrou au duel avec Behrami au Vélodrome. (MOUNIC/L'Equipe)
Cheyrou au duel avec Behrami au Vélodrome. (MOUNIC/L'Equipe)

«Cet OM n'a pas beaucoup de marge»

Quel regard d'ancien et de consultant portez-vous sur cet OM ?
Très efficace en Championnat. Là, avec les deux matches en retard, si l'OM gagne, on s'aperçoit qu'il se retrouve ex-aequo avec le PSG en tête. C'est quand même quelque chose d'incroyable au niveau des résultats. Mais je pense qu'il n'y a pas beaucoup de marge, à l'image de victoires assez étriquées comme face à Brest ou Strasbourg. En terme de qualité de jeu, il faut être clair, on attend mieux avec les joueurs qu'il y a. Mais voilà, c'est efficace : est-ce qu'il ne faut pas se limiter à ça pour l'instant ?
«En terme de qualité, par rapport aux joueurs, à l'organisation tactique, je pense que Porto est supérieur mais si l'OM a un état d'esprit qu'ils ont pu avoir face au PSG par exemple en début de saison ou face à Brest, qui avait très bien joué et Marseille avait tenu... Alors il y a quelque chose à faire.»
Et concernant le visage en Ligue des champions ?
Manchester City est bien au-dessus. Porto est au-dessus de Marseille. L'Olympiakos est à la hauteur de l'OM. A l'aller, il y avait eu beaucoup de frustrations, ramener un nul aurait été bien mais faire cette erreur qui coûte cher en fin de match... C'est rageant. En C1, ce type d'erreur apporte tout de suite des buts, plus qu'en Ligue 1. Contre City, la stratégie avait été bonne en première période avec un bloc bas et cinq défenseurs. Mais le but a été donné par une erreur de relance marseillaise... C'était dur ensuite de se projeter vers l'avant. Mais c'était Manchester City en face. Ils n'ont pas de regret à avoir face à City. Zéro point cette saison, je ne veux pas y croire, j'ai l'espoir que l'OM marque des points. C'est une histoire d'état d'esprit. A l'aller, à Porto, c'est ce qui a manqué. En terme de qualité, par rapport aux joueurs, à l'organisation tactique, je pense que Porto est supérieur mais si l'OM a un état d'esprit qu'ils ont pu avoir face au PSG par exemple en début de saison ou face à Brest, qui avait très bien joué et Marseille avait tenu... Alors il y a quelque chose à faire. Ils ont fait des coups cette saison, ils en sont capables. J'ai l'espoir qu'ils le fassent face à Porto avec un état d'esprit de guerrier. Au bout d'un moment, et je pense que (André) Villas-Boas a été très clair là-dessus depuis le début : il va faire un choix. S'il y a un mauvais résultat mercredi, il va vite mettre les meilleurs le week-end et pas en milieu de semaine. C'est pour ça que ça n'a pas forcément d'impact sur le Championnat.»
Timothé Crépin 
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Gauchos 25 nov. à 9:44

Ridicule. Comparer les groupes, les equipes et la mentalite à la fois des joueurs et de l’entraineur de 2013 avec ceux dec2020 est tout simplement infamant. Je ne comprends pas comment Cheyroux a pu se prêter à ce jeu. Pouvez vous imaginer une seconde Baup tenir le discours d’AVB ou laisser Payet se présenter sur le terrain avec le physique qu’il se traînait il y a 15 jours. Un peu de décence, quand même. Tout n’est pas permis.

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