bergougnoux (bryan) (L'Equipe)

Bergougnoux : «Si j'ai l'occasion de marquer le dernier but à Gerland...»

Ce mercredi, pour son dernier match à Gerland, l'OL accueille Tours et Bryan Bergougnoux, formé à l'OL avec qui il remporta trois titres de champion au début de sa carrière. Le capitaine tourangeau ouvre la malle aux souvenirs.

Mercredi soir, l’Olympique Lyonnais reçoit le Tours FC en huitièmes de finale de Coupe de la Ligue (20 heures). Ce qui sera le dernier match de l’histoire du stade Gerland sera forcément un rendez-vous particulier pour le capitaine tourangeau, Bryan Bergougnoux, formé à l’OL et avec lequel il a remporté trois titres de champion de France. De son époque lyonnaise, Bergougnoux a «tout offert, même les maillots. Je n’ai plus rien sauf les trophées. Et les souvenirs.» Des souvenirs sur lesquels il revient toujours avec plaisir et humour.

«Vous souvenez-vous de votre premier match sur la pelouse de Gerland ?
C’était un match amical juste avant le début de la saison du premier titre (NDLR : le 21 juillet 2001), contre le Sparta Prague. On avait gagné 2-0, j’avais marqué mon premier but (56e). Un vrai bon souvenir, d’autant que je ne m’y attendais pas trop. J’étais au centre le matin, j’avais dépanné lors du match précédent où j’avais marqué, et là, pareil, on m’avait rappelé à la dernière minute. C’est ce qui m’a permis, la semaine d’après, d’être dans le groupe qui a débuté le Championnat à Lens.
 
Presque deux ans plus tard, à la 67e minute du match contre Strasbourg, vous découvrez le stade en Ligue 1. Qu’avez-vous ressenti en rentrant sur le terrain ?
Ce jour-là, je suis entré, j’étais à 400% ! Je tente une bicyclette à 30 mètres du but, et je pense qu’elle partait assez bien. Mais Yacine Abdessadki, avec qui j’ai joué ensuite à Toulouse (de juillet à décembre 2005), me contre. Sinon, ç’aurait pu être un moment encore plus magique. Si j’avais marqué pour mon premier match de Championnat à domicile sur une bicyclette, je pense que j’arrêtais ma carrière tout de suite (rires).

Si vous ne deviez retenir qu’un seul de vos matches à Gerland, lequel choisiriez-vous ?
Le match de Ligue des champions face au Sparta Prague, en 2004 (5-0). Il y avait beaucoup de jeunes du centre de formation qui ont joué. Et c’était un 8 décembre, une date vraiment particulière à Lyon, notamment avec la fête des Lumières. C’est vraiment le plus beau souvenir à Gerland, surtout que j’ai eu la chance de faire une passe décisive et de marquer un but. C’était une fête magnifique avec Berthod, Clément, Idangar, Gomez, Truchet...
 
Lyon, c’est l’endroit où vous vous êtes construit un joli palmarès...
Les titres avec l’OL, ce sont des moments inoubliables. Aller à l’hôtel de ville, traverser Lyon avec le bus, la ferveur du public… Et réaliser ça dans ma ville natale, c’est encore plus beau !
 
Vous y êtes chez vous ?
Franchement, oui. C’est le stade où je me suis senti le mieux. Enfin, après le terrain numéro 10 de la plaine des jeux de Gerland (sourire). Mais oui, dans ce stade, je me sentais à l’aise, je pouvais ressentir le soutien du public. Cela facilite forcément les choses.
 
Vous avez toujours été soutenu par le public lyonnais : comment l’expliquez-vous ?
Je me sens autant supporter qu’ancien joueur de l’OL. Quand je faisais partie de l’effectif, j’étais comme les spectateurs, je vibrais pour ce club, et c’est peut-être pour cette raison qu’ils m’ont toujours apprécié. J’essayais de leur rendre comme je pouvais, aussi souvent que je pouvais.

«Les titres avec l'OL, ce sont des moments inoubliables. Aller à l'hôtel de ville, traverser Lyon avec le bus, la ferveur du public...»

Notamment en allant saluer le virage nord lorsque vous marquiez...
Marquer devant le virage nord, c’était quelque chose de particulier. C’est l’endroit où les supporters étaient le plus bruyants. C’est face à ce virage qu’on rêvait tous de marquer quand on était au centre de formation. À cette époque, on se faisait des films, en se disant : «si je marque devant le virage nord, je vais voir les Bad Gones.» J’ai pu réaliser ce rêve-là plus tard : j’y ai marqué deux fois. Contre Metz, la première chose que j’ai faite, c’est de sauter la barrière et de courir vers les supporters. Je me suis fait plaisir.
 
Vous attendez-vous à un accueil particulier mercredi ?
Il y a quand même beaucoup de supporters lyonnais qui étaient très jeunes à l’époque où je jouais. Je ne suis pas sûr qu’ils me connaissent tous. Mais je suis convaincu qu’un accueil chaleureux nous attend. Et ça va me faire plaisir !
 
C’est quand même un joli clin d’œil du destin pour vous, alors que le plus gros de votre carrière est derrière vous, que de revenir sur le terrain où vous avez débuté ?
Effectivement, en plein milieu de ma carrière, c’est un beau cadeau (rires). Je plaisante. Ce qui est fort, c’est de savoir que c’est vraiment la dernière fois. Lors de ma précédente venue, j’étais très loin d’imaginer que ce serait l’une des dernières. Je pense que je n’avais pas vraiment dû en profiter. Là, pour le coup, j’ai le temps d’y penser. Et j’espère pouvoir en profiter un maximum. 
 
Pour que l’histoire soit belle, il ne manque que la qualification du Tours FC désormais ?
Forcément. Et si en plus j’ai l’occasion de marquer le dernier but à Gerland, ça serait la cerise sur le gâteau. Maintenant, le plus important, c’est de passer ce tour. Ce sont des matches qui sont toujours beaux à jouer. Mais ils le sont encore plus quand ont les gagne.»
 
Propos recueillis par Benjamin Henry

Bergougnoux contre le Sparta Prague, le 12 août 2004. (L'Equipe)

«Je suis convaincu qu'un accueil chaleureux nous attend. Et ça va me faire plaisir !»