(L'Equipe)

Bernard Lacombe (France), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

18 avril - 14 juin : dans exactement 57 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Quarante-quatrième épisode avec Bernard Lacombe.

Son histoire avec la Coupe du monde

Le Lyonnais Bernard Lacombe est certes un incontournable de l'histoire de la Coupe du monde (voir ci-dessous : le moment marquant), il n'en reste pas moins qu'il n'a pas connu ses plus belles heures avec l'équipe de France lors de ses deux participations, en 1978 et 1982. Lors de la première, en Argentine, malgré un but de l'international dès le premier match, la France a perdu ses deux premières rencontres (2-1 face à l'Italie et face à l'Argentine) et fut éliminée dès la phase de poules. Lacombe n'a même pas disputé le dernier match remporté (3-1) face à la Hongrie. Lors de sa deuxième participation, en Espagne cette fois, l'attaquant n'a pas été beaucoup plus chanceux. Il se blessa rapidement lors du second tour de la compétition et n'a plus rejoué en Coupe du monde. Son absence a d'ailleurs légèrement modifié les plans du sélectionneur Michel Hidalgo, qui a dû passer en 4-4-2 losange alors qu'il évoluait en 4-3-3 lorsque Lacombe était apte. Il n'a donc pas participé au légendaire France-RFA, demi-finale disputée à Séville le 8 juillet 1982.

Le moment marquant

Le Turc Hakan Sükür détient le record du but le plus rapide de l'histoire de la Coupe du monde, avec une ouverture du score dès la onzième seconde face à la Corée du Sud, en 2002. Lacombe, lui, possède le record du but le plus rapide des Bleus dans l'histoire de la compétition. Il ne lui a en effet fallu que trente-sept secondes en 1978 pour reprendre le centre de Didier Six et marquer face à l'Italie d'une tête décroisée. L'ailier gauche avait auparavant réalisé une accélération fulgurante sur son côté, débordant Claudio Gentile avant de déposer le ballon sur la tête de Lacombe. Dino Zoff, le portier italien, ne pouvait rien, et la France basculait devant. Insuffisant, puisque les Italiens triomphaient finalement des Bleus (2-1) grâce aux buts de Paolo Rossi et Renato Zaccarelli.

Le chiffre : 1

L'attaquant Lyonnais reste, certes, encore aujourd'hui dans l'histoire de la compétition grâce à son but ultra-rapide. Mais c'est également son unique but inscrit en cinq matches disputés dans la compétition. Sa blessure au début du second tour l'a empêché de disputer le reste de la compétition et d'espérer faire grimper son compteur.

L'archive de FF

Dans l'édition du 17 août 1982, un bon mois après la fin de la Coupe du monde, l'international tricolore s'est attelé à répondre aux questions de France Football. L'occasion pour Lacombe de parler de la prochaine saison du Championnat de France, mais surtout de ses souvenirs du dernier Mondial : «Mon meilleur souvenir ? La Tchécoslovaquie. C'était une rencontre crispante et dure à jouer. Les Tchèques ont joué lentement, mais avec l'expérience qui est la leur. Personnellement, j'ai trouvé ce match meilleur que ceux réalisés ensuite contre l'Autriche et l'Irlande du Nord. (...) Une image précise de l'Espagne ? J'en ai plein la tête, bien sûr. Mais je crois - et tous les gars qui étaient là-bas peuvent le confirmer - que c'est le match contre l'Allemagne qui laissera le plus de souvenirs. Bons et mauvais. Je me souviens, par exemple, que vingt minutes après la fin des coups de pied au but, nous étions tous prostrés, joueurs, remplaçants et tous les autres. Nous avons tous craqué. Lorsque Hrubesch a tiré le dernier penalty je suis parti avant, et quand je suis arrivé au vestiaire, j'ai compris. J'ai vu ensuite Trésor et Larios revenir bras dessus, bras dessous et pleurer comme des gosses. Croyez-moi, c'était émouvant, ce sont des images inoubliables.»

Hugo Girardot