mitrovic (stefan) kamara (bingourou) (BERNARD PAPON/L'Equipe)
C. Ligue - Finale

Bingourou Kamara, vainqueur de la Coupe de la Ligue avec Strasbourg : «Le changement d'heure nous a fait perdre une heure de célébration»

Impeccable sur sa ligne pour aider Strasbourg à soulever la troisième Coupe de la Ligue de son histoire, Bingourou Kamara n'a pas beaucoup dormi mais profite d'un premier titre qui restera longtemps gravé. Depuis le TGV qui ramène le RCSA en Alsace, et avec le sourire, le gardien revient sur une soirée évidemment particulière.

«Bingourou, quelle est l'ambiance actuellement dans le TGV ?
C'est un peu la rigolade. C'est une ambiance familiale, à l'image de notre club. On est tous ensemble, on rigole, on partage des petites photos de samedi soir. Ça ne peut que bien aller. On est avec nos familles, on savoure un peu l'instant. C'est l'idéal.

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Des photos et des images qui resteront très longtemps gravées...
Pour beaucoup d'entre nous, c'est la première ligne sur notre palmarès. C'est inoubliable. Ce n'était pas la soirée de l'année mais il y a eu la conclusion au bout. Ça fait plaisir.

Combien de temps avez-vous dormi ?
1h30 (Il sourit.). On a été au Grand Palais avec nos supporters et nos familles. Ensuite, je suis resté avec mes parents, avant d'aller voir mes amis lorsque l'on s'est un peu tous dispatchés. En plus, avec le changement d'heure... Ça nous a fait perdre une heure de célébration.

«On n'est pas Paris, on n'est pas le Barça»

Même si vous êtes des professionnels et que votre équipe rejoue dès mercredi face à Reims, il faut aussi savoir profiter de ce genre de moments.
On n'est pas Paris, on n'est pas le Barça, ce sont des choses qui n'arrivent pas tout le temps. Il faut profiter. Il faut savourer ce qu'on a fait. Mine de rien, notre parcours n'a pas été évident, mais on a réussi à y arriver.

Lorsque le réveil a sonné, au bout seulement de quelques minutes de sommeil, qu'est-ce qu'on se dit après une telle soirée ?
Thierry Hubac (NDLR : Le responsable de la communication) est venu me réveiller car je devais passer à Téléfoot. On se dit qu'on dormirait bien plus, mais on regarde le téléphone et les messages qu'il y a et on se surtout dit que c'est magique. Pour la plupart, on est très jeunes et on ne se rend pas bien compte de ce qu'on a fait. Mais pour la ville de Strasbourg, j'ai l'impression que c'est quelque chose d'énorme, de très significatif après les heures sombres que le club a connu ces dernières années.

Si on revient sur le match de samedi soir, lors de la séance de tirs au but, quel a été le moment le plus important ?
C'est déjà le premier penalty de Sanjin (Prcic). On sait l'importance d'un premier penalty pour lancer une séance de tirs au but. Il l'a mis, contrairement au joueur de Guingamp. Inconsciemment, ça joue.

«Liénard, il l'avait fait à l'entraînement»

Vous êtes juste sur le côté sur la troisième tentative strasbourgeoise signée Dimitri Liénard. Quand vous le voyez exécuter une panenka, qu'avez-vous pensé ?
Il en avait déjà parlé, on ne le prenait pas au sérieux, on aurait finalement peut-être dû. Il l'avait fait à l'entraînement, mais je lui avais crié dessus en lui lançant que c'était un petit joueur et qu'il ne le ferait jamais en match. Là, il nous a tous fait fermer nos bouches. Maintenant, c'est Monsieur ! Dimitri est une personne super attachante, il est entier, il a sa personnalité. Il est fou, ça lui correspond très bien.

Vidéo : La folle panenka de Dimitri Liénard

Comme vous le disiez précédemment, cette finale est loin d'avoir été la soirée de l'année. Comment analysez-vous ce non-match ?
C'est difficile de juger. C'était une finale. Le coach nous avait dit que cela allait être fermé et que chacun allait attendre l'erreur de l'autre pour en profiter. On n'était pas venu pour faire du spectacle mais pour gagner un trophée.
 
Quand on est sur le terrain, est-on conscient que la rencontre est quelque peu ennuyeuse ?
On ne s'en rend pas trop compte. On voit que ce n'est pas le match de l'année. Mais sur le moment, on ne calcule pas tout ça. Après, la pelouse n'était pas non plus propice à montrer un grand jeu, ça n'a pas aidé.
 
Paraît-il qu'elle a été peinte...
Oui, c'est vrai que la veille, à l'entraînement, nos chaussettes devenaient vertes, on se demandait pourquoi.

«J'espère que j'aurai d'autres matches comme celui-là dans ma carrière»

Ce titre vient couronner un parcours quasi parfait pour vous. Si Strasbourg a éliminé Lille, Marseille, Lyon et Bordeaux, vous n'y êtes pas pour rien également.
Je suis bien entré dans cette compétition, j'avais à cœur d'aller le plus loin. Je n'imaginais pas la remporter mais je souhaitais au moins faire quelque chose de bien. Elle m'a plutôt bien réussi, je suis content de la terminer de cette manière.
 
Aviez-vous eu peur de ne pas être titulaire pour la finale, vous qui avez joué l'ensemble de la compétition ?
Non, pas peur. Si le coach ne m'avait pas fait jouer, je lui aurais demandé des explications après le match. Sur le moment, je serais resté naturel, concentré parce que je voulais ce trophée. Je ne suis pas quelqu'un qui discute les consignes de l'entraîneur.
 
Malgré votre statut de doublure, cette saison vous a-t-elle tout de même fait énormément grandir ?
Chaque saison fait grandir, celle-là un peu plus parce que j'ai disputé des matches comme celui de samedi, sous pression. Ça fait prendre de l'expérience. Dans ma carrière, j'espère que j'aurai d'autres matches comme ça. Ça fait grandir. On a beau dire ce qu'on veut, c'était un match très particulier. J'ai joué peu de matches, mais je vais retrouver cette confiance (NDLR : Gardien numéro 1 de Strasbourg la saison dernière, il a perdu son statut en 2018-19). Le coach m'a toujours accordé sa confiance, je suis content de lui avoir rendu. C'est le genre de saison pour apprendre, je suis jeune. Je ne peux pas le dire que j'ai le temps parce que c'est faux, on n'a pas le temps dans le football. Il faut parfois passer par là. Il faut bosser, bosser, bosser, et tout reviendra.

«On avait l'impression d'être à domicile»

Parlez-vous du peuple strasbourgeois qui vous a accompagné comme jamais à Lille.
Pour tout Strasbourgeois de cœur, c'était incroyable de voir cette équipe en finale. Il suffisait de voir ce stade à 75% bleu, les gens avaient à cœur qu'on gagne, ils nous ont mis beaucoup de pression, ce qui est normal. Rien qu'à l'échauffement, j'ai senti la ferveur, les gens qui m'encourageaient. Pour avoir eu des amis qui ont pris des vidéos à Lille durant la journée, on était clairement à Strasbourg ! À un moment, dans le stade, j'ai entendu chanter : «La Meinau, avec nous comme au stade.» C'était ça. On avait l'impression d'être à domicile. Ça montre qu'on a déplacé les foules de Strasbourg à Lille, ce n'est pas non plus la porte à côté. C'était vraiment beau.
 
Va-t-il être simple de se concentrer face à Reims mercredi ? Ou est-ce qu'on se dit presque que la saison peut être finie en roue libre ?
Non, pas en roue libre, pas du tout ! En tout cas, ce sera beaucoup simple que si on avait perdu. Il y a une vague sur laquelle il faudra qu'on surfe : on est dans un moment d'euphorie, de joie, il va falloir concrétiser ça en présentant le trophée à la Meinau mercredi.»
Timothé Crépin
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