Gallas Squillaci Givet (L'Equipe)
Bleus

Bleus : les dernières fois où l'équipe de France a joué à trois défenseurs

Alors que Didier Deschamps pourrait aligner pour la première fois de son mandat une défense à trois éléments en Albanie, retour sur les deux dernières fois où les Bleus ont évolué avec un tel dispositif. C'était il y a plus de quinze ans avec Raymond Domenech, et le bilan n'était pas fameux.

Pour sa centième sur le banc de l'équipe de France, Didier Deschamps pourrait mettre en place une défense à trois Varane-Lenglet-Kimpembe en Albanie à l'occasion du dernier match des éliminatoires à l'Euro 2020. Qualifiés pour la phase finale du Championnat d'Europe, les Bleus évolueraient ainsi pour la première fois de cette façon depuis que le sélectionneur national a pris ses fonctions en 2012.
Pour retrouver la trace de ce schéma à trois éléments défensifs, peu prisé par les sélectionneurs tricolores, il faut remonter au mandat de Raymond Domenech. Deuxième technicien à avoir le plus dirigé les Bleus derrière Deschamps (79 fois), l'ancien défenseur a utilisé deux fois ce dispositif. Adepte du 3-5-2 lorsqu'il s'occupait de l'équipe de France Espoirs, Domenech a installé un tel système dès ses débuts. Le 18 août 2004, à Rennes, en amical contre la Bosnie (1-1), celui qui a succédé à Jacques Santini et enregistré les retraites internationales de Zinédine Zidane et Lilian Thuram (avant celle de Claude Makelele, qui reviendra finalement comme les deux autres durant l'été 2005) réalise alors une large revue d'effectif et aligne plusieurs jeunes.

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Vingt bonnes premières minutes contre la Bosnie

Devant Fabien Barthez, Domenech titularise de droite à gauche, le trio William Gallas-Sébastien Squillaci-Eric Abidal. Les deux derniers vivent leurs premiers pas avec les A. Avant de fléchir en seconde période avec un schéma en 4-4-2, l'équipe de France commence la rencontre en étant séduisante. Les vingt premières minutes sont encourageantes avec notamment le duo monégasque Patrice Evra-Jérôme Rothen sur le flanc gauche et Bernard Mendy à droite. Volontaires et agressifs, les Français ouvrent rapidement le score à la 7e minute par Peguy Luyindula, titulaire en attaque avec Thierry Henry qui manque ensuite le break sur penalty (18e). Puis, les hommes de Domenech fléchissent et Grlic profite d'un superbe ballon de Baljic dans le dos de l'arrière-garde tricolore pour égaliser (37e). Avec une défense à quatre Mendy-Gallas-Abidal-Givet, les entrées conjuguées de Sidney Govou, Djibril Cissé et Robert Pires, le second acte est insipide.

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Domenech retente le coup le match suivant, contre Israël (0-0) face à qui l'équipe de France débute sa campagne de qualification à la Coupe du monde 2006. Au Stade de France, le 4 septembre 2004, le nouveau sélectionneur national reconduit dès le départ Gallas et Squillaci. Devant Coupet, le troisième homme se nomme Givet qui évolue à Monaco avec « Toto » Squillaci. Le bilan n'est pas reluisant après cette nouvelle sortie avec une défense en zone à trois centraux. Inquiétants et pauvres dans le jeu, les Bleus concèdent un triste résultat nul et entament bien mal les éliminatoires d'un Mondial dont ils rallieront finalement la finale en Allemagne (défaite devant l'Italie).
La France contre Israël en septembre 2004 (BOUTROUX/L'Equipe)
La France contre Israël en septembre 2004 (BOUTROUX/L'Equipe)

Dispositif jamais tenté par Laurent Blanc et Didier Deschamps

Avec le duo Mendy-Evra reconduit sur les côtés, Makelele-Vieira devant la défense et Rothen derrière la paire Saha-Henry, ils manquent leurs rares occasions, dont une par Gallas à la 11e minute. En passant en 4-4-2 avec Gallas décalé à droite et Evra à gauche, les entrées de Giuly et Pires, les vingt-cinq dernières minutes sont plus intéressantes mais le réalisme fait défaut. Givet se montre le défenseur le plus intéressant, Squillaci demeure timoré, tandis que s'il assure défensivement, Gallas affiche des lacunes criantes dans les phases offensives. Au final, cette défense à trois centraux, si elle n'a encaissé qu'un but en deux sorties, est néanmoins très loin d'avoir convaincu, et n'a jamais été tentée depuis par Laurent Blanc et Deschamps.
Emmanuel Langellier
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