(L'Equipe)
CM - LES 100 DE FF

Bobby Charlton (Angleterre), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

24 mars - 14 juin : dans exactement 82 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Dix-neuvième épisode avec Bobby Charlton.

Son histoire avec la Coupe du monde

L'histoire entre la Coupe du monde et Bobby Charlton ressemble en tous points à celles des autres légendes du ballon rond du 20e siècle : découverte, frustration et gloire. Cette gloire, justement, qu'il atteint le 30 juillet 1966 à Wembley, quand l'Angleterre remporte à domicile son unique Coupe du monde face à l'Allemagne d'Helmut Schön. Une finale marquée par le but désormais légendaire de Goeff Hurst, dont on ne sait toujours aujourd'hui si le ballon a franchi entièrement la ligne d'Hans Tilkowski. Mais Bobby Charlton s'en moque, il a enfin réussi à soulever le prestigieux trophée après plusieurs essais infructueux. En 1958, encore marqué par le crash aérien de Munich qui avait décimé quelques mois plus tôt une partie de l'équipe de Manchester United, et dont il sortit blessé, il participe à 21 ans à son premier Mondial avec les Three Lions en Suède mais ne peut empêcher l'élimination de son pays au premier tour. Bis repetita au Chili quatre ans plus tard, où l'Angleterre échoue en quart de finale face au futur vainqueur de la compétition, le Brésil de Pelé et Garrincha. Son histoire spéciale avec le Mondial se termine en 1970 après une autre élimination frustrante (l'Angleterre menait 2-0) en quart contre l'Allemagne après prolongation, qui venge la perte de sa finale quatre plus tôt. Mais c'est bien l'édition 1966 qui permet de faire rentrer Bobby Charlton au rang de légende. Maître à jouer de la sélection anglaise, il est déclaré meilleur joueur de cette édition, et remporte le Ballon d'Or FF cette année-là.

Le moment marquant

Si l'Angleterre atteint la finale de sa Coupe du monde, c'est surtout grâce à la performance de son meneur de jeu lors de la demi-finale qui oppose les Three Lions au Portugal d'Eusebio. Cette rencontre va mettre en évidence tout le bagage technique du Mancunien, qui va écœurer à lui seul l'équipe portugaise. Au-delà de son rendement dans le jeu, Bobby Charlton va surtout marquer les deux buts qui envoient son pays en finale. Deux buts où il fait parler son opportunisme. Il est d'acord à l'affût d'un ballon lâché par le gardien José Pereira, sorti dans les pieds de Roger Hunt après un long ballon de Ramon Wilson (30e). Puis il est trouvé sur le côté droit de la surface portugaise par Martin Peters, et trompe Pereira à bout portant (80e). La réduction du score d'Eusebio sur penalty ne change rien (82e). L'Angleterre est en finale grâce au doublé magique de son n°9.

Le chiffre : 2

Bobby Charlton et son frère Jack constituent l'une des deux seules fratries à avoir remporté ensemble une Coupe du monde. La première est composée des joueurs de l'Allemagne de l'Ouest Frtiz et Ottmar Walter, sacrés en 1954 en Suisse. Jack, l'aîné, occupait une place en défense centrale aux côtés de la légende Bobby Moore lors du Mondial anglais et participa également à la Coupe du monde au Mexique en 1970.

L'archive de FF

Juste après cette demi-finale du 26 juillet 1966 entre Anglais et Portugais, FF écrit : «Tout Wembley craignait Eusebio, tout Wembley chanta les louanges de Bobby Charlton. Le "benjamin" marqua les deux buts de la victoire de son équipe, les deux buts qui lui ouvrirent le chemin de la finale. Le premier avec la complicité de José Pereira, qui repoussa dans ses pieds un tir de Hunt (31e), le second en transformant un centre en retrait que lui adressa son deuxième avant-centre, Hurst (79e). Bobby Charlton fut vraiment le maître de cette équipe d'Angleterre, dont il tire les ficelles. Alors que la victoire anglaise se construisait, Bobby, qui n'était pas marqué de près, puisque les Portugais jouent la ligne - sans aller jusqu'au bout, sans pratiquer le hors-jeu - se permit de faire admirer quelques côtés latins de son talent dans la touche de balle. Le public de Wembley parut alors ébahi : "son" Charlton pouvait donc être un Eusebio !»
Joffrey Pointlane

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