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Ligue 2 - Auxerre

Boucher : «Ma famille ne me reconnaissait pas»

Nouveau gardien de l'AJ Auxerre, Zacharie Boucher, 23 ans, a préféré fuir Toulouse. Une expérience qui l'a fait grandir mais qui lui laisse un goût très amer. Interview avec un portier qui souhaite avant tout retrouver le plaisir de jouer.

Comment s'est fait ce transfert à Auxerre ?
Toulouse savait que j'allais chercher un nouveau projet pour l'année prochaine. Auxerre est arrivé, m'a expliqué ses envies, on s'est rencontrés et ça s'est fait naturellement.
 
Toulouse ne comptait plus sur vous ?
Non, ce n'est pas ça. Vu la situation dans laquelle j'étais, j'ai préféré partir. Je ne pouvais pas rester et me contenter de ce que j'avais. Ça ne me convenait pas. J'ai préféré chercher un projet dans lequel je pouvais vraiment me défoncer.
 
Qu'est-ce qui ne vous convenait pas ?
Ce poste de numéro 2 d'abord, mais surtout la situation dans laquelle j'étais, que tout le monde a vu : je ne jouais pas (NDLR : il a disputé 32 matches en dix-huit mois). J'étais parfois dans le groupe, parfois pas, parfois en CFA : c'était une situation mitigée. Je ne sais pas si j'étais numéro 2, numéro 3 ou pas bien vu à Toulouse. Tout ça ne favorisait pas ma progression.
 
Toulouse restera donc comme une aventure compliquée...
Tout le monde le sait, ç'a été très difficile. J'ai passé un an et demi où même ma propre famille ne me reconnaissait pas dans mon comportement. J'étais très malheureux et même les personnes proches de moi étaient limites inquiètes pour moi. Je ne pouvais pas rester là-dedans. C'était mieux pour moi à la fois humainement et sportivement.
 

«Peut-être une façon de faire caractéristique à Toulouse»

Vous a-t-on donné des explications ?
Non, on ne m'a jamais rien expliqué. Mais je n'ai pas envie de revenir dessus, c'est derrière moi. Toulouse, je ne veux plus en parler.
 
Quelles étaient vos relations avec Ali Ahamada ?
On s'entendait bien, il n'y a jamais eu de clash entre nous, on s'entraînait et c'est tout. J'avais de bonnes relations avec lui.
 
Vous avez pu évoquer votre situation avec le président, Olivier Sadran ? 
Je n'ai jamais eu d'explication auprès de qui que ce soit. Et je ne sais pas pourquoi. C'est peut être une façon de faire caractéristique à Toulouse...
 
En 32 matches de L1 avec Toulouse, Boucher a encaissé 52 buts, soit 1,6 par rencontre. (L'Equipe)
En 32 matches de L1 avec Toulouse, Boucher a encaissé 52 buts, soit 1,6 par rencontre. (L'Equipe)
«Je suis désormais quelqu'un de différent»
Finalement, qu'est-ce que vous a apporté cette expérience là-bas ? 
Ça m'a fait grandir même si je n'ai pas forcément fait ce qu'il fallait sur ou en dehors du terrain. J'ai grandi, mûri, ça me permet d'avancer.
 
De votre passage en Haute-Garonne, vous retiendrez vos premiers pas en Ligue 1...
Oui, mais il n'y a pas que ça. C'était une expérience heureuse et malheureuse, j'en tirerai des conclusions à la fin de ma carrière. Aujourd'hui, j'avance. J'étais en Ligue 1 l'an dernier, me voilà à Auxerre : ce sont des passages comme celui-là qui me font grandir. Je suis désormais quelqu'un de différent.
 
Pensez-vous que vous avez découvert la Ligue 1 un peu trop tôt ?
Non pas du tout. J'étais prêt, sauf qu'il y a eu des raisons qui ont fait que ça n'a pas fonctionné. C'est comme ça, parfois il y a des mariages qui ne marchent pas.
 
Etes-vous déçu de revenir en Ligue 2 ?
Ça fait partie de la vie. Une carrière n'est jamais toute rose. Il y a des coups durs, il faut savoir s'en relever et je vais pouvoir le faire avec Auxerre. Certes, c'est en Ligue 2, mais c'est déjà très honorable. Ici, il y a des objectifs élevés, avec la montée en ligne de mire.
 

«Un an et demi pendant lesquels j'ai été le plus malheureux de ma vie»

Vous n'y voyez donc pas un recul dans votre carrière ?
Non, je continue d'avancer. Aujourd'hui, il y a beaucoup de joueurs sans contrat, j'ai la chance d'en avoir un. Je suis un professionnel, je vais jouer. Les gens peuvent dire ce qu'ils veulent mais je ne recule pas. On verra ce que l'avenir me réserve, que ce soit en Ligue 1 ou en Ligue 2. J'ai passé une très bonne première semaine à Auxerre, sans prise de tête. Je veux avant tout prendre du plaisir.
 
Vous êtes formé au Havre, une école réputée pour sortir de bons gardiens de but. On vous attendait peut-être plus haut...
Tout le monde me voyait peut-être au-dessus mais je n'ai pas réussi à m'éclater sur un terrain de foot, et ça, c'est primordial.
 
Auxerre était votre seule piste pour rebondir ?
Non, mais c'était le projet le plus en adéquation avec ce que je voulais. L'objectif est de monter. Ça va être compliqué, on le sait, mais je fais confiance à ce groupe pour aller vers cette voie-là.
 
Vous voulez avant tout retrouver le plaisir de jouer...
Je peux le dire, à Toulouse, ce sont les un an et demi pendant lesquels j'ai été le plus malheureux de ma vie. Il faut savoir parfois redescendre d'un cran, mais être bien dans sa peau.»
 
Timothé Crépin (@T_Crepin)
 
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