fievet (bruno) (N.Luttiau/L'Equipe)

Bruno Fievet, son plan pour reprendre les Girondins de Bordeaux

L'entrepreneur Bruno Fievet détaille son plan de rachat des Girondins de Bordeaux et explique quelles sont ses sources de financement.

Bruno Fievet assume son amour pour les Girondins de Bordeaux. Depuis plusieurs mois, cet entrepreneur dans le monde des affaires ne cache pas son souhait de racheter les Marine et Blanc. Cette fois, l'homme âgé de 51 ans, a passé la vitesse supérieure. En effet, dès le 20 ou 22 février, Bruno Fievet a envoyé «une lettre d'intérêt à Daniel Ehrmann», l'un des représentants de King Street, l'actuel propriétaire du club bordelais. Dans cette missive envoyée par la poste avec accusé de réception, Fievet énonce clairement son intention de se porter acquéreur et demande l'accès aux documents financiers pour pouvoir formuler une offre. Depuis, et malgré de nombreuses relances par mail, il n'a toujours pas reçu de réponse.

Un tour de table de 190 millions d'euros

Pourtant, et malgré les 56 M€ de dettes et un déficit hors mutations de plus de 55 M€ à l'issue de la saison 2018-19 selon le rapport de la DNCG, Fievet entend agir. Pour la première fois, il a accepté pour France Football de détailler son montage financier. «Notre financement provient de trois sources bien distinctes. D'abord, d'industriels bordelais amoureux du club à hauteur de 20 à 30 M€. Chacun d'entre eux apporterait 2 à 3 M€. » Et quand on lui demande quels sont leurs secteurs d'activité, Bruno Fievet évoque «des activités locales, comme l'immobilier, le vin ou l'écologie». Et de poursuivre : «Notre deuxième mode de financement, le plus important, est issu du portefeuille financier que nous gérons. Cela correspondait, avant la crise sanitaire liée au COVID-19, à des promesses d'engagement d'un montant total de 60 M€. Enfin, le dernier volet de notre montage financier relève de prêts bancaires à un taux d'intérêt de 2 % (NDLR : à titre de comparaison, le taux d'intérêt du prêt actuel des Girondins contracté auprès de Fortress est de plus de 12 %), de deux lignes de crédit pour lesquelles j'ai obtenu un accord de principe. Chacune d'entre elles correspond à 50 M€. Mais, soyons clairs, elles ne seraient utilisées que pour structurer le club ou recruter un joueur pour renforcer l'équipe
 

Le spectre de la relégation

Quand on sonde Bruno Fievet sur sa motivation profonde, il coupe : «Pour les Girondins, pour leur survie, pour les salariés, pour les supporters... Mais, vous savez, si un autre projet voit le jour et qu'il est viable, je serai son premier fan.» Mais, en attendant, de l'aveu même de l'entrepreneur, de nombreuses inconnues demeurent sur la situation réelle des Marine et Blanc. «L'évolution de la masse salariale en est une. On a vu qu'elle a explosé depuis l'arrivée des propriétaires américains (plus 11 M€ selon Joe DaGrosa sur les antennes de RMC en septembre 2019). C'est pour cela que dans ma lettre d'intérêt, j'ai demandé l'accès à tous les documents financiers. Par exemple, quid des commerciaux recrutés en masse depuis un peu plus d'un an ? Ils seraient en contrat à durée déterminée. Jusqu'à quand ? Et les prolongations des joueurs, leur durée, la nature de la revalorisation ? Autant de questions qui ne me permettent pas aujourd'hui de donner un prix précis de rachat. Cela peut varier de l'euro symbolique si King Street laisse la charge du déficit et de la dette à la charge du repreneur à environ 60 M€ si King Street les apure. Et, tout cela c'est sans parler des conséquences économiques liées au COVID-19, par exemple, sur les droits télé.»
 
Ce qui semble certain à Bruno Fievet , c'est qu'«actuellement, le club vit au-dessus de ses moyens». Une situation qui suscite de la crainte chez les supporters des Marine et Blanc. La crainte d'un dépôt de bilan comme ce fut le cas en 1990 conduisant à une relégation administrative en juillet 1991.

Laurent Crocis