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Bruno Valencony, entraîneur freelance

Après deux ans de chômage, l'ancien gardien de Bastia et de Nice a retrouvé le sourire. Ses nouveaux défis : une mission auprès des jeunes de l'AS Monaco et la sélection mauritanienne.

Dans un hôtel de Banjul, capitale de la Gambie, en mars dernier. Le déjeuner va bientôt commencer. La sélection mauritanienne est réunie pour deux matches internationaux (déplacement en Gambie, puis réception du Niger). Les joueurs attendent la présentation du nouveau staff. Bruno Valencony est arrivé la veille en provenance de Paris, après une escale à Casablanca. Ce déjeuner est l’occasion pour l’ancien gardien du SC Bastia et de l’OGC Nice de découvrir les portiers qu’il va désormais entraîner à chaque rassemblement de la sélection. Pour marquer le coup, le quadragénaire a tout prévu. Deux paires de gants tout neufs à offrir à chacun. En attendant cette rencontre officielle, les gardiens mauritaniens avaient bien enquêté. «Ils ne me connaissaient pas, avoue Bruno Valencony. Mais ils s’étaient renseignés. Ils m’ont dit : “Viens, on doit te montrer quelque chose” et ils m’ont chambré avec les photos où j’avais les cheveux longs à vingt-deux ou vingt-trois ans. (Rire.)»

Entre l’ancien pro et ses comparses de la sélection, le courant passe immédiatement. Au plus grand bonheur du premier, qui a répondu à l’appel de Corentin Martins, le coach, pour l’épauler dans sa nouvelle expérience. Au sein de l’aventure, Bruno Valencony possède d’ailleurs un statut particulier, il n’est pas lié à la Fédération par un contrat mais devrait accompagner la sélection à chaque rassemblement. «Je suis un peu pigiste», explique l’intéressé.

Les incantations du marabout

Après une longue carrière en France, rien ne le prédestinait à travailler ponctuellement pour une sélection africaine. Quand il plonge dans ses souvenirs, il se rappelle pourtant l’hiver 1992 et un bref passage par le Sénégal. Deux ans après le début de sa carrière, le portier bastiais se casse les deux scaphoïdes (os du poignet). Le chirurgien lui annonce qu’il devra probablement arrêter sa carrière. «Mamadou Faye (son coéquipier à Bastia) me propose alors d’aller à Dakar pour voir un marabout», raconte Bruno Valencony. Incantations, prières et manipulations, depuis, ses poignets l’ont laissé tranquille. Et il s’en sert dès que possible. Car, en plus de ses piges auprès de la Mauritanie, l’ancien Bastiais entraîne les jeunes gardiens de l’AS Monaco. U11, U13, U15, U17, U19 et la PH, tout y passe. Deux séances par semaine et un match le dimanche constituent aujourd’hui le quotidien du natif de Bellerive-sur-Allier, en Auvergne.

Une confiance retrouvée

Le challenge monégasque est arrivé comme une bouffée d’oxygène l’été dernier, après deux ans de chômage. Une épreuve à laquelle il ne s’était pas préparé. «À la fin de ma carrière (à Nice, en 2005), je n’ai pas eu la question de la reconversion à me poser puisque je suis tout de suite devenu entraîneur (des gardiens)», explique-t-il. Mais cette période d’inactivité lui a permis d’y réfléchir. L’ancien gardien a même songé à quitter le monde du football pour mieux rebondir. «J’ai essayé de voir dans l’immobilier, les finances, les restaurants», précise l’ex-Niçois.

Rien pour le satisfaire si ce n’est, pourquoi pas, un jour, le «conseil pour les autres joueurs». Les propositions sont revenues et deux ans n’ont pas suffi pour qu’il franchisse le pas. Aujourd’hui, celui qui s’était occupé d’Hugo Lloris et de David Ospina à l’OGC Nice a retrouvé le sourire. Alors, certes, on peut lui opposer que ces deux aventures ne sont pas du standing qu’il attend, mais il savoure. «Oui, ce n’est que la section amateurs de l’ASM, oui, ce n’est que la Mauritanie, mais je suis content qu’on soit venu à moi, se défend Bruno Valencony. Le sourire de mes joueurs quand ils arrivent à l’entraînement, c’est ma fierté.» Et une confiance retrouvée. Ne dit-on pas qu’elle est la meilleure amie des gardiens de but ?

Florian Perrier (@PerrierFlorian)