mandi (aissa) (R. Martin/L'Equipe)

CAN 2017 : pourquoi l'Algérie a fait un fiasco

Éliminée dès la phase de poules, l'Algérie a beaucoup déçu, surtout ses propres supporters. Si Georges Leekens a pris la sélection algérienne juste avant la CAN, il n'est pas responsable de tout. Même s'il n'a pas été très inspiré...

Une liste qui interpelle

Depuis les retraites internationales de Madjid Bougherra ou Mehdi Lacen, l'Algérie manque cruellement de leaders. Bien conscient de cette situation, Georges Leekens décidait tout de même de se passer de son capitaine, Carl Medjani, lors de l'annonce de la liste le 31 décembre dernier... Irréprochable jusqu'à présent, le joueur de Trabzonspor était étrangement écarté pour cette CAN. Sur décision uniquement de Leeks ? Personne n'est dupe, cela vient de plus haut.

Le président de la Fédération algérienne de football, Mohamed Raouraoua, aurait modérément apprécié les déclarations du défenseur polyvalent après la défaite face au Nigeria le 12 novembre dernier (1-3) en éliminatoires du Mondial 2018. L'ancien Monégasque avait tout simplement constaté que l'Algérie n'était pas une grande équipe. Force est de constater qu'il n'a pas tort. Sofiane Feghouli aussi... Leader de son équipe, le milieu offensif de West Ham a payé la fronde contre Milovan Rajevac. Le Serbe, nommé en juin 2016, est passé en coup de vent (démission en octobre) à la tête de la sélection avec des décisions loufoques.

Pour justifier les absences de Medjani et Feghouli, on a parlé de manque de temps de jeu. Une explication qui aurait pu passer si le staff de Leekens n'avait pas pensé à convoquer un joueur comme le prometteur Ismaël Bennacer, apparu une seule fois en pro avec Arsenal. Quant à Guedioura, il n'est pas non plus titulaire dans son équipe (Watford, Premier League), mais il était bien dans les 23. Sans parler d'une préparation gaguesque avec deux matches amicaux face à la Mauritanie, sans aucun réel engouement. Dès la préparation de cette CAN, on sentait déjà que quelque chose ne tournait pas vraiment rond.

Quand les paroles de Medjani ne plaisent pas...

Un coaching qui laisse à désirer

Que cela soit face au Zimbabwe (2-2) ou contre la Tunisie (1-2), l'ancien sélectionneur de la Belgique a donné l'impression d'être spectateur. Des joueurs qui portent le ballon, qui s'épuisent, mais qui restent sur le terrain. Face au Zimbabwe, Ghezzal n'entre qu'à la 77e quand Hanni, plus qu'en forme, reste sur le banc. Et on ne parle pas du milieu de terrain, transparent, qui ne subit aucune modification en cours de rencontre. Mené 2-1 par la Tunisie, son changement poste pour poste à la... 90e+3 en faisant rentrer Abeid pour Guedioura est un summun du genre. Comme l'impression que Leekens a eu peur des statuts. Et lorsqu'il a décidé de bousculer les choses, en faisant confiance à Sofiane Hanni face aux Tunisiens, cela a marché... mais bien trop tard. D'où cette question, encore une fois : est-il le seul décideur ?

Une tactique qui manquait de punch

L'option du 4-2-3-1 n'était pas la plus farfelue. Mais lorsque votre animation défensive est si faible, si fragile et que la transition entre les lignes est mauvaise, ça tourne vite au drame. Georges Leekens n'a jamais jugé utile de corriger cela en cours de match en densifiant son milieu avec un joueur performant comme Mehdi Abeid, le Dijonnais. Pour donc passer en 4-3-3, en somme avec une sentinelle, le seul schéma dans lequel les Verts ont été les plus solides ces dernières années. Le seul, aussi, qui leur permet d'avoir de la densité au milieu pour répondre présent dans le défi physique. Autant d'éléments, sur et en dehors du terrain, qui ont provoqué la chute de l'Algérie. Même si on ne s'attendait peut-être pas à ce qu'elle soit aussi brutale.

Nabil Djellit