(L'Equipe)
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CAN 2021 : le retour aux jardins d'hiver

Initialement programmée au Cameroun en juin-juillet 2021, la prochaine édition aura finalement lieu en janvier-février. Un retour à des dates "classiques" que la CAF met sur le compte de la flexibilité. Une seule CAN aura donc été jouée en été...

Jusqu'à la CAN 2019 en Egypte, la dernière disputée à ce jour, les éditions successives de la Coupe d'Afrique des Nations de 1996 à 2017 se sont déroulées au cœur du mois de janvier, et débordaient même un peu en février. En juillet 2017 à Skhirat puis à Rabat (Maroc), la nouvelle gouvernance de la CAF emmenée par son président, le Malgache Ahmad Ahmad, a pourtant entériné la CAN à 24 qualifiés (au lieu de 16 précédemment), conservant sa périodicité de deux ans. L'instance faîtière du football africain décidait également d'opter pour de nouvelles dates de phase finale (juin-juillet) de préférence à janvier-février. Du moins, c'est comme cela que les choses furent présentées.

Mercredi à Yaoundé, avant de ratifier l'accord cadre avec le gouvernement camerounais qui entérine l'organisation de la 33e CAN, la CAF a annoncé que de nouvelles dates avaient été retenues pour le tournoi 2021 : 9 janvier-6 février. Le nouveau glissement de dates se justifie, selon le président Ahmad, en raison de conditions climatiques peu favorables à cette période de l'année. Les dates seront définitivement validées par le ComEx de la CAF lors de sa prochaine réunion.
Attendu et d'une certaine façon sans surprise, ce changement intervient, et ce n'est pas un hasard du calendrier, après l'annonce de la création par la FIFA d'une super Coupe du monde des clubs (élargie à 24 participants) dont la première édition est programmée du 17 juin au 4 juillet 2021 ! Des dates qui auraient chevauché la CAN au Cameroun si l'on avait maintenu sa périodicité estivale... Avec ce revirement, qui soulage certainement en premier lieu la FIFA puisque sa nouvelle compétition ne sera pas en concurrence directe avec la CAN, on peut s'attendre de nouveau à une levée de boucliers des clubs européens. La mesure, impopulaire pendant deux décennies, devrait raviver les protestations.

Dans un passé relativement récent, ces derniers - et plus particulièrement ceux de la Premier League anglaise - rechignaient à libérer leurs joueurs africains pour qu'ils puissent disputer la CAN en hiver. Pis, certains n'hésitaient pas à les menacer de perdre leur statut en club, quand d'autres promettaient de ne plus recruter d'Africains... Quinze ou vingt ans plus tard, les joueurs du continent évoluent toujours en Europe, même si très peu d'entre eux sont sous contrat avec les meilleurs clubs, à l'exception de quelques-uns comme ceux de Liverpool (Mané, Salah, Matip, Naby Keita).

La réaction des joueurs est attendue...

On guettera les réactions des joueurs africains - anonymes ou vedettes - qu'on n'a pas encore entendus sur ce changement, eux qui n'ont pas eu à subir le courroux de leurs clubs respectifs l'été dernier puisqu'ils partaient à l'issue de la saison. Au fait, ce glissement de dates sur la phase finale 2021 n'est pas sans conséquences sur les éliminatoires elles-mêmes. Les journées 3 et 4, qui devaient se jouer fin aout et début septembre, sont avancées au 23 et 31 mars ! 
Frank Simon
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djad16 17 janv. à 15:05

Oui, on ne doit pas faire venir des joueurs qui evoluent toute l'année sous la pluie et les faire jouer à 45 degrés.

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