(L'Equipe)

Carles Puyol (Espagne), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

14 mai - 14 juin : dans exactement 31 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Soixante-dixième épisode avec Carles Puyol.

Son histoire avec la Coupe du monde

Toujours à la recherche de sa première étoile, l’Espagne arrivait ambitieuse à la Coupe du monde 2002. Dans ses rangs, la Roja pouvait alors compter sur le jeune Carles Puyol (24 ans, 8 sélections), sélectionné par José Antonio Camacho. Pour sa première aventure mondialiste, le défenseur catalan était aligné titulaire au poste de latéral droit. Les Espagnols réalisaient un sans-faute dans un groupe composé de la Slovénie (3-1), l’Afrique du Sud (3-2) et du Paraguay (3-1), malgré un but contre son camp de Puyol face aux Sud-Américains. Mais il se rattrapait au tour suivant en délivrant une passe décisive pour Fernando Morientes, alors que l’Espagne éliminait l’Irlande aux tirs aux buts (1-1, 4 t.a.b. 3). Puyol et les siens échouaient finalement en quarts de finale contre la Corée du Sud (0-0, 3 t.a.b. 5). Le joueur du Barça arrivait beaucoup plus expérimenté en Allemagne, quatre ans plus tard. Sous les ordres de Luis Aragonés, il formait la charnière centrale avec Paulo Ibanez. L’Espagne faisait encore un carton plein dans le groupe H et Puyol était passeur décisif pour Fernando Torres lors du succès contre l’Ukraine (4-0). Le natif de La Pobla de Segur fêtait alors sa cinquantième cape avec un revers face à la France (1-3) en huitièmes de finale. 

Puis, le jour de gloire est arrivé en 2010. En Afrique du Sud, l’Espagne se montrait intraitable défensivement, notamment grâce à la paire catalane Puyol-Piqué en défense centrale. La Furia encaissait seulement deux buts durant la compétition et aucun après la phase de groupes. Malgré un premier match perdu en poules contre la Suisse (0-1), l’équipe de Vicente Del Bosque intégrait le dernier carré en disposant du Portugal (1-0) et du Paraguay (1-0). Le héros de la demi-finale contre l’Allemagne (1-0) se nommait alors Puyol, auteur du but victorieux de la tête (voir ci-dessous). En finale, le défenseur chevelu contenait parfaitement Robin Van Persie et assistait au pion d’Andrés Iniesta en prolongation (1-0, a.p.). L’Espagne décrochait enfin sa première étoile et Puyol remportait le trophée qui lui manquait, deux ans après avoir gagné l’Euro. Le colosse, qui fera partie de l’équipe type du tournoi, prendra sa retraite internationale en février 2013 après sa centième sélection.

L'Espagne décrochait enfin sa première étoile et Puyol remportait le trophée qui lui manquait, deux ans après avoir gagné l'Euro.

Le moment marquant

En 2010, l’Allemagne et l’Espagne se retrouvaient en demi-finale à Durba, deux ans après le succès de la Roja en finale de l’Euro 2008 (1-0). Dans une rencontre difficile et tendue, les Espagnols s’en remettaient à un coup de pied arrêté pour ouvrir le score. Carles Puyol quittait alors son poste défensif pour venir se faire une place dans la surface allemande. Sur le corner tiré par Xavi, le défenseur catalan sautait plus que tout le monde, prenait le dessus sur Sami Khedira et envoyait une tête surpuissante dans le but gardé par Manuel Neuer (1-0, 73e). L’Espagne se qualifiait pour sa première finale de Coupe du monde. «Aujourd’hui, c’était le jour de ‘Puyi’. Il a mis un but impressionnant et il le mérite, surtout pour son excellent boulot en défense», se réjouissait Xavi en zone mixte après la victoire. «S’il y en a bien un qui le mérite, c’est lui. Il est partout sur le terrain : en défense, en attaque…C’est l’un des meilleurs défenseurs du monde et c’est peut-être sa dernière Coupe du monde, alors il méritait ce soir de gloire», expliquait de son côté Sergio Busquet.

Le chiffre : 6

Soit le nombre de minutes que Carles Puyol a raté lors du Mondial 2010. Alors que l'Espagne est allée en finale, le défenseur du Barça a disputé l'intégralité de tous les matches, sauf celui face au Paraguay, lors duquel il a été remplacé par Carlos Marchena à la 84e minute. Le symbole de son rôle ô combien important au sein de la Roja championne du monde. 

L'archive de FF

Un peu plus de trois mois après la Coupe du monde remportée par l’Espagne, FF faisait le tour des vingt-trois joueurs pouvant prétendre au Ballon d’Or, le 26 octobre 2010. Déterminant dans l’épopée espagnole en Afrique du Sud, Carles Puyol en faisait partie : «C’est un peu, beaucoup, grâce à son accrocheur défenseur central trentenaire que l’Espagne s’est — logiquement — immiscée en finale de la dernière Coupe du monde. Son coup de tête victorieux, sur corner, face à l’Allemagne, en demi-finales, aura été le fait d’armes le plus important de sa carrière. Le moment le plus exaltant aussi d’une année qui l’a vu décrocher un nouveau titre de champion d’Espagne avec le Barça. Régulier, toujours sûr dans ses interventions, le Catalan avait jusqu’alors aidé la Roja à progresser dans le tournoi. Après les sacres européen et mondial, le Tarzan de La Pobla, sa ville natale, a décidé de poursuivre sa carrière internationale jusqu’en 2012. Indestructible et toujours motivé.»

Clément Gavard