(L'Equipe)
CM - Les 100 de FF

Carlos Alberto (Brésil), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

23 mars - 14 juin : dans exactement 83 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Dix-huitième épisode avec Carlos Alberto.

Son histoire avec la Coupe du monde

Carlos Alberto a beau n'avoir disputé qu'une seule Coupe du monde, son empreinte sur la plus prestigieuse des compétitions va rester indélébile. Son but face à l'Italie lors de la finale du Mondial 1970 au Mexique est évidemment dans toutes les mémoires (voir ci-dessous). Mais c'est aussi en tant que capitaine que le défenseur droit et taulier de la Seleçao va laisser une trace symbolique dans son pays. Sélectionné à cinquante-trois reprises avec le Brésil entre 1964 et 1977, Carlos Alberto fait déjà partie d'une pré-liste de quarante-quatre joueurs pour disputer la Coupe du monde 1966 en Angleterre, mais n'apparaît finalement pas dans les vingt-deux derniers. A la suite de l'échec des Auriverdes sur le sol britannique, le nouveau sélectionneur João Saldanha, séduit par le talent et le leadership dégagé par le Carioca, le désigne pour guider son équipe, mais aussi toute une nation, au sacre suprême. Après la victoire brésilienne au pays des Aztèques, il ne peut malheureusement pas participer quatre ans plus tard au Mondial allemand en raison d'une blessure persistante au genou. Malgré un physique diminué, le sélectionneur Claudio Coutinho fait de nouveau appel à lui pour les trois premiers matches qualificatifs à la Coupe du monde 1978. Arrière latéral (il pouvait aussi dépanner en défense centrale), Carlos Alberto et son prédécesseur Nilton Santos (double champion du monde 1958 et 1962) lanceront la tradition des grands latéraux brésiliens, considérés à la fois comme défenseurs et attaquants (Nelinho, Junior, Branco, Roberto Carlos, Cafu, Marcelo, Dani Alves, etc...).

Le moment marquant

Impossible de penser à Carlos Alberto sans se remémorer son but légendaire en finale face à l'Italie de Giacinto Facchetti, et surtout du chef-d'œuvre collectif avant la conclusion. Ce 21 juin 1970, la Squadra Azzura, fatiguée par sa demi-finale contre l'Allemagne (4-3 a.p.), est déjà menée trois buts à un lorsque Carlos Alberto apporte le coup de grâce aux Italiens. A la 86e minute, et à la suite d'une magnifique démonstration de maîtrise collective, ponctuée d'une récupération de balle et d'une remontée en passes, Pelé, à une trentaine de mètres du but d'Enrico Albertosi, décale par une passe aveugle son capitaine qui, arrivé lancé, décoche une frappe monumentale dans le petit filet (4-1). Encore aujourd'hui, ce but est considéré comme l'un des plus beaux jamais marqué dans l'histoire de la Coupe du monde.

Le chiffre : 3

Carlos Alberto devient le troisième capitaine-défenseur brésilien à soulever le trophée suprême. Il imite ainsi Bellini en 1958 et Mauro en 1962. Cafu sera le quatrième trente-deux ans plus tard en Corée et au
Japon, Dunga étant le seul capitaine champion du monde brésilien à ne pas évoluer dans ce secteur de jeu (milieu défensif). Carlos Alberto a aussi gagné 100% des matches qu'il a disputé lors d'un Mondial : ne participant qu'à la seule édition de 1970, il s'impose, avec ses coéquipiers, lors des six matches de la Seleçao dans le tournoi.

L'archive de FF

En 1994, juste avant le Mondial organisé aux Etats-Unis, FF écrivait sur les cent joueurs ayant marqué la Coupe du monde et laissait naturellement une place au latéral droit brésilien : «Être le capitaine de l'étincelant Brésil 1970, ça vous classe un homme ! Voilà ce que fut, avant tout, Carlos Alberto, arrière droit aux qualités très européennes, mais qui avait compris que ses compatriotes étaient des artistes qu'il fallait laisser s'exprimer, et qui fut toujours leur interprète et leur avocat auprès de l'entraîneur Mario Zagallo. Sa personnalité était un atout, mais Carlos Alberto en avait bien d'autres. Grand, athlétique, il défendait avec efficacité, mais contre-attaquait en force et en vitesse. Son plus beau cadeau, c'est Pelé qui le lui offrit : à trois minutes de la fin de la finale contre l'Italie au Stade Aztèque, le Roi se retrouve en possession du ballon à vingt-cinq mètres du but d'Albertosi ; il temporisa un instant, fixa les défenseurs, et glissa sur la droite, exactement dans la foulée de son capitaine, une balle idéale que celui-ci transforma en boulet et en un but souvent considéré comme le plus beau de l'histoire. Quelques instants plus tard, Carlos Alberto allait cueillir la coupe Jules-Rimet, qui devenait propriété définitive de la Confédération brésilienne. Il vivait le plus beau jour de sa vie».
Joffrey Pointlane

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