pogba (paul) (P. Lahalle/L'Equipe)
CM 2018 - Bleus

Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse de Paul Pogba : «Ne pas faire la même erreur qu'en 2016»

A quelques jours de la finale de la Coupe du monde, Paul Pogba est passé en conférence de presse pour répondre aux questions des journalistes. Et évoquer Griezmann, Mbappé, la finale perdue de 2016 et son évolution avec les Bleus.

Sur la finale perdue en 2016...

«J'espère vraiment ne pas perdre cette finale parce que les vacances de 2016 n'étaient pas géniales. Je connais le goût de la défaite en finale et c'est vraiment très amer. On ne va pas l'aborder pareil qu'à l'Euro. On a vu des photos de la France, c'était extraordinaire et on veut revoir ça. Ce qui a changé ? A l'Euro, on pensait que c'était déjà fait. La mentalité n'était pas la même. On pensait que la finale, c'était l'Allemagne. Avec le parcours des Portugais, on s'est dit que c'était gagné d'avance. Aujourd'hui, ce n'est plus pareil, on ne veut pas faire la même erreur et aborder cette finale différemment.»

Lire aussi : Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse d'Umtiti

Sur l'évolution de Griezmann...

«Ça fait trois ans qu'il progresse. Le travail qu'il fait est extraordinaire, peu d'attaquants pourraient faire ça. Il fait beaucoup de sacrifices mais ça lui fait plaisir de défendre. Il est quand même décisif puisqu'il fait des passes décisives. Grizou c'est déjà un grand, c'est une personne que tous les Français aiment. Il est marrant, souriant, fou. On espère qu'il pourra marquer cette finale.»

Sur son attitude qui a changé...

«Avec l'âge tu prends en maturité. Quand tu joues une deuxième Coupe du monde, ce n'est pas pareil que la première. On joue contre des grandes équipes, des grands joueurs. On a trouvé cet équilibre, moi je l'ai trouvé avec N'Golo (Kanté) et Blaise (Matuidi). C'est venu automatiquement, on s'est tous bien trouvés. Courir ensemble, défendre ensemble, attaquer ensemble, c'est là où on est les meilleurs.»

Sur l'étiquette de favori de la France...

«On n'y pense pas. Les Croates ont vécu un match très difficile contre l'Angleterre. Ils sont très forts mentalement. Ils ont 90 minutes en plus mais ils seront aussi déterminés. On va tout faire pour y arriver. Les Croates n'ont pas d'étoile, ils ont fait un très beau parcours et ils veulent la victorie. Comme nous. Moi je n'ai pas d'étoile, elle est juste sur le maillot. On va jouer contre des grands joueurs. Ca va être un très gros match.»

Sur sa double culture...

«C'est ce qui fait la France. Dans cette salle, quand je vous regarde, il y a plein d'origines différentes. C'était comme ça en 98. Mais on est heureux de porter ce maillot. Je suis heureux d'avoir grandi en France, même si je suis parti très tôt à l'étranger.»

Sur son entente avec Kanté et sur sa position sur le terrain...

«Que je joue à droite ou à gauche, je suis toujours heureux d'être sur le terrain. Contre l'Argentine, il fallait bloquer Messi à gauche. A droite, c'est le côté de Kylian (Mbappé) donc c'est mieux pour partir en attaques rapides. N'Golo (Kanté) c'est quelqu'un de réservé, de timide. Mais on s'entend très bien, on parle, on se donne des conseils. C'est une relation assez spéciale. C'est un mec en or, très attachant.»

Sur comment on aborde une finale...

«Une finale, ça se ne joue pas, ça se gagne. Il ne faut rien lâcher. On veut ramener la Coupe du monde chez nous. Les Croates, il n'y a pas que Modric. Il y a Rakitic, Perisic... Il n'y aura pas un plan que pour Modric, il y aura un plan pour tout le monde. On fera en sorte de bloquer leurs meilleurs joueurs. Le plus important, c'est la niaque, c'est la gagne.»

Sur Kylian Mbappé...

«Kylian, je le vois tous les jours, il va encore grandir. Il va louper des matches, mais ça ne sert à rien de le critiquer. Ne soyez pas trop dur avec lui, même si je sais que vous le serez. C'est un des joueurs les plus talentueux que la France ait eu. Il sait qu'il doit défendre et doit aider l'équipe. Quand il le fait, il le fait avec plaisir. Mais le vrai Kylian, c'est un apport offensif. Dribbler, accélérer, frapper... Il est jeune, mais sur le terrain, on ne se condisère pas comme un jeune. Même s'il dit que c'est le meilleur et qu'il le prouve sur le terrain, je ne vois pas ce qui a de mal. Ce n'est pas de la prétention. Il a le droit d'avoir des ambitions, je pense que c'est bien et qu'il a le talent pour. Il va grandir, il va gagner en expérience, il est déjà en avance pour son âge. Je lui parle, je lui donne des conseils, mais je pense qu'il est assez mature. Il comprend déjà des choses que je ne comprenais pas à son âge.»

Lire aussi : Umtiti : «Mbappé est en train de faire un truc de fou»

Sur le fait qu'il avait déclaré «ne pas être jugé comme tout le monde»...

«On ne parle plus de marquer des buts ou d'être décisif. Je fais mon rôle de milieu de terrain. Maintenant, on me juge sur cela, pas sur le nombre de buts ou de passes décisives. Même Griezmann a été critiqué sur ça, mais quand on le voit défendre, on ne le critique plus. (...) Je n'ai jamais écouté les critiques. Il faut faire des sacrifices pour gagner une Coupe du monde. Défendre, ce n'est pas mon point fort, je ne suis pas N'Golo (Kanté). Mais je le fais avec plaisir. Mais tous les joueurs m'aident. Même Antoine (Griezmann), qui me parle souvent de mon positionnement. Si je grandis, c'est grâce au groupe, au coach, aux critiques. Même si je ne les regarde pas, ça vient toujours à mes oreilles. Ca aussi, ça m'aide à avancer.»

Lire aussi : Paul Pogba : «Je ne suis pas jugé comme tout le monde»

Sur son rôle de patron...

«Je ne sais pas si je suis un patron. Je ne suis pas le seul à parler, beaucoup le font. On est tous des patrons. Parler avec le coach, ca se fait naturellement. Si je peux aider les plus jeunes, je le ferais. C'est pour le groupe.»

Sur Raphael Varane...

«C'est un patron, il a ça dans le sang. Il a toujours parlé dans le vestiaire. Il est très jeune mais on ne dirait pas. On dirait que ça fait 20 ans qu'il est dans le foot. Il a une étoile en lui. Avec le temps et l'expérience, ça grandit avec le groupe. On était plus jeune en 2014 donc on n'avait pas la même ampleur dans le vestiaire. Il est écouté et montre l'exemple.»

Sur l'état d'esprit des remplaçants...

«Le groupe qu'on a, c'est une famille. Quand vous voyez Coco (Tolisso) et Steven (Nzonzi) quand ils sont rentrés, ils ont apporté. Tous les joueurs ont apporté quelque chose. Sur le banc, ils sont toujours prêts à rentrer. Sur le terrain, tu te bats pour eux. Ils font vraiment partie de ce groupe et on a besoin de ça dans une compétition comme celle-ci. On est fiers d'eux.»

Sur l'évolution de Didier Deschamps...

«Le coach a une étoile. Il a un truc que peu de coach ont. Il a été un grand joueur, capitaine et leader. Il sait parler aux joueurs, même aux plus timides. Il arrive à donner le message qu'il veut. Il y a deux ans, on était un peu plus jeunes. Aujourd'hui, il nous voit grandir, il nous laisse un peu plus de liberté. Il a su quand le faire car il a vu qu'on avait plus de maturité.»
Réagissez à cet article
500 caractères max
RYO 12 juil. à 20:12

N'Gono Kanté un mec en Or qui mérite le Ballon d'Or. Si la France gagne la coupe du monde c'est grace à lui en grande partie.